Le Pen à Madrid : « La puissance de l’Europe réside dans la puissance de ses nations »

Se réjouir de la victoire de Trump ne signifie pas s’aligner sur les Etats-Unis, a souligné le candidat français à la présidentielle.

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La présidente du RN Marine Le Pen s’exprime lors du sommet des Patriotes pour l’Europe à Madrid, le 8 février 2025.

Dans son discours lors d’un grand rassemblement à Madrid , organisé par le groupe Patriotes pour l’Europe (PfE), Marine Le Pen, ancienne présidente du Rassemblement national (RN) et candidate à l’élection présidentielle française de 2027, a célébré le « basculement mondial » en cours avec l’élection de Donald Trump et a appelé la France à se « non-aligner » sur la puissance américaine.

Le rassemblement du samedi 8 février a réuni les principaux représentants du PfE à l’initiative du parti VOX, sous le slogan « Make Europe Great Again » – inspiré du slogan de campagne du président américain Donald Trump. Parmi les participants figuraient le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini et le leader du parti espagnol VOX Santiago Abascal.

Marine Le Pen était présente au nom du RN, aux côtés de l’actuel président du parti et président du groupe PfE au Parlement européen, Jordan Bardella. Le groupe est la troisième force du Parlement européen depuis les élections européennes de juin 2024, avec 86 députés sur un total de 720. Parmi eux, 30 sont issus du RN, ce qui en fait l’une des plus grandes délégations.

Comme tous les intervenants, Marine Le Pen a salué à la tribune la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. Elle a décrit cette victoire comme un « point de bascule global » – pas un simple spasme d’un pays en déclin ou un basculement trivial permis par le système démocratique. Selon elle, son bouleversement a des répercussions profondes en Europe. « Tout le monde comprend que quelque chose a changé », a-t-elle expliqué.

Elle s’est prononcée en faveur d’un renforcement des relations bilatérales entre les nations européennes et les Etats-Unis de Trump. « Je crois que la puissance de l’Europe réside dans la puissance de ses nations », a-t-elle expliqué. « Dans ce nouveau contexte, nous, les citoyens européens, sommes les seuls à pouvoir parler à la nouvelle administration Trump », a-t-elle ajouté, soulignant l’état de « stupeur » dans lequel l’Union européenne est plongée depuis l’annonce de la victoire du candidat républicain, prouvant selon elle son incapacité à être un interlocuteur crédible sur la scène internationale.

Dans une longue interview au journal espagnol El Debate , Marine Le Pen a détaillé son discours. Selon elle, l’élection de Donald Trump est révélatrice des erreurs commises par l’Union européenne. « Alors que les États-Unis vont réindustrialiser massivement et faire baisser les prix de l’énergie, l’UE met en œuvre le Green Deal et déclare la guerre au nucléaire », a-t-elle critiqué. S’exprimant au nom du PfE, elle a ajouté : « Nous sommes aujourd’hui les mieux placés pour pouvoir parler à son administration, car nous comprenons ce qui le motive et ce qu’il représente. »

Pour Marine Le Pen, il était aussi important de réaffirmer une certaine forme de spécificité française . « La France ne peut pas être la fille des États-Unis, car elle en est déjà la mère », a-t-elle rappelé, en référence au rôle décisif joué par la France dans la guerre d’indépendance américaine, peu avant la Révolution française. 

Marine Le Pen a estimé que la victoire de Trump ne devait pas être « interprétée comme un appel à l’alignement », mais « une invitation à suivre ce mouvement de renaissance qui se dessine dans de nombreuses régions de l’Occident ». « Donald Trump est très américain, mais je suis française », a tenu à rappeler Marine Le Pen.

Selon Le Figaro , l’entourage du candidat a également fustigé le slogan du meeting, « Make Europe Great Again », qu’il a qualifié de « grotesque ». « Aimer le patriotisme de Donald Trump ne signifie pas être un vassal des Etats-Unis », a rappelé le président du RN, Jordan Bardella, qui entend garder une distance raisonnable avec le président américain.

Certains observateurs de la presse française ont néanmoins noté que le discours de Madrid marquait un certain basculement dans le discours officiel du RN, sur la voie d’une « conversion atlantiste, conservatrice et libérale [au sens français du terme] », même si elle n’est pas encore pleinement assumée – selon les mots de l’ancien chroniqueur du Figaro Ivan Rioufol, qui parle d’un « déblocage mental » en cours .

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