Insultes et provocations à la manif contre la brutalité policière
Des insultes et des provocations ont mené à un triste spectacle lors de la manifestation annuelle contre la brutalité policière, qui s’est soldée par six arrestations samedi après-midi à Montréal.

Celle qui dit s’être présentée avec l’intention de marcher pacifiquement a requis l’anonymat pour éviter d’être « ciblée par la police. » La femme, qui affirme être une habituée de cette manifestation annuelle qui dégénère régulièrement, a ensuite déploré les « tactiques de dispersion très efficaces » du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
Violence et provocation
Rassemblés devant la station de métro Lionel-Groulx à Montréal, les quelque 300 militants ont scandé une poignée de slogans provocateurs, tels que « tout le monde déteste la police » ou encore « trouvez-vous un vrai travail. »
Certains critiquaient le « budget en croissance infinie » du SPVM, scandant qu’une partie de ces fonds contribuait au « définancement du filet social » et devrait plutôt servir à refinancer les services publics, ou encore à entretenir et bâtir des logements sociaux.
« Ça fait du bien de se défouler, » a raconté Daniel, un homme dans la soixantaine qui dit s’être joint à la marche pour lutter contre les « abus de pouvoirs » des policiers, selon lui.

Des agents de la paix n’étaient pas en reste, puisque Le Journal a constaté que certains d’entre eux ne se gênaient pas à lancer des insultes aux manifestants, allant jusqu’à arracher leurs pancartes pour ensuite les détruire.
D’autres agents lourdement armés ont violemment poussé des militants qui suivaient le trajet de la manifestation, a également constaté Le Journal.
« Tasse-toi de mon chemin, tu es dans ma bulle, » a lancé un policier à un manifestant qui lui faisait dos. Il l’a ensuite projeté plus loin.

Arrestations
Peu de temps après s’être mis en marche sur la rue Saint-Jacques en direction ouest, les manifestants, déjà escortés de près par les escouades antiémeutes, ont trouvé sur leur chemin une rangée de policier. La trajectoire a alors changé mais rapidement, l’anti-émeute a lancé des bombes lacrymogènes.
Les manifestants se sont dispersés, mettant fin à la manifestation qui aura duré un peu plus d’une heure.
Selon le porte-parole du SPVM Manuel Couture, les autorités ont réagi à des militants qui auraient lancé « des roches » sur des agents.
Au total, il y a eu six arrestations, dont pour voies de fait et entrave au travail des policiers.

« Ils n’ont pas l’habitude de collaborer avec la police, » a souligné M. Couture.
Plusieurs manifestants ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « techniques répressives utilisées par les forces policières ».
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