Nouveaux témoignages contre Cantat : «La violence a été extrême»

Dans le documentaire Netflix «De rockstar à tueur: le cas Cantat», plusieurs proches de Marie Trintignant reviennent sur le meurtre de cette dernière.

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Bertrand Cantat escorté par la police de Vilnius le 31 juillet après avoir frappé extrêmement violemment Marie Trintignant. Elle est décédée le lendemain.

Près de 22 ans après le drame, l’affaire Bertrand Cantat et Marie Trintignant continue de hanter les esprits. Ce jeudi 27 mars, Netflix a dévoilé «De rockstar à tueur: le cas Cantat», une mini-série documentaire en trois épisodes qui remonte le fil d’une relation devenue symbole de violence conjugale. Dans le premier volet, la série revient sur la rencontre du couple, leur quotidien à Vilnius en Lituanie sur le tournage du film «Colette, une femme libre», et les circonstances glaçantes de la nuit où tout a basculé.

Le comportement de Bertrand Cantat sur le tournage interpelle. Il y était arrivé en mai, Marie Trintignant est morte en août. Qu’un compagnon reste aussi longtemps sur un tournage n’est pas courant, comme l’expliquent ceux qui témoignent dans le documentaire. Présent en continu aux côtés de Marie Trintignant, il suscite l’inquiétude de l’équipe. «Il monopolisait une partie de son temps chaque jour», confie Nadine Trintignant, mère de l’actrice et réalisatrice du film. Absorbé par une jalousie maladive, Cantat la harcèle de messages et d’appels. «Elle mettait son téléphone dans sa bottine, sur vibreur, pour ne pas louper ses appels», raconte Lio, amie proche de Marie. La chanteuse le décrit comme «jaloux, possessif et exclusif».

Ce n’est pas tout. Sur les images dévoilées dans le premier épisode de la mini-série, on voit par exemple Lambert Wilson – qui tourne dans le film – dire à Marie de lâcher un peu son téléphone. Même sentiment pour Richard Kolinka, père du fils de Marie, qui se souvient l’entendre dire: «Il veut savoir où je suis et ce que je fais.»

Un visage très gonflé et de toutes les couleurs

Tout bascule le soir du 26 juillet 2003. Une dispute éclate dans l’hôtel du couple à Vilnius, après la découverte d’un SMS de Samuel Benchetrit, l’ex-époux de Marie, qui disait à cette dernière: «Appelle-moi quand tu peux, juste pour le film je t’embrasse ma petite Janis». «Il y avait une phrase que je qualifierais de tendre», reconnaît alors Cantat lors des auditions. Le chanteur se dit blessé, humilié. Il affirme que Marie lui a crié: «Va voir ta femme!», l’aurait giflé et poussé. Pris d’une «colère noire», il riposte avec des gifles, tente de la faire tomber sur le canapé, mais «loupe son coup». Marie s’effondre. Elle ne se relèvera jamais.

Cantat parle d’un «accident». Mais l’autopsie révélera une autre vérité, bien plus brutale. À l’hôpital de Vilnius, Richard Kolinka découvre la mère de son fils dans un état qui le laisse sans voix. Deux décennies plus tard, l’émotion reste intacte. «Elle est dans un sale état. On se dit ça n’arrive qu’aux autres, mais cette fois c’était nous. Et je suis là, en train d’essayer de comprendre, de voir les faits, ce qu’il s’est passé… Je suis en plein cauchemar.»

Le choc est partagé par Agnès Tassel, maquilleuse et amie proche de Marie Trintignant. Elle se souvient d’un visage méconnaissable: «Très gonflé, de toutes les couleurs, violet, bleu…» Des images qu’elle avoue ne jamais avoir réussi à effacer.

Bernard Marc, chargé de l’examen post-mortem, décrit un corps marqué par une violence inouïe. Il évoque des lésions au cuir chevelu, sur le visage, et une fracture ouverte du nez. «Derrière le larynx, on retrouve des ecchymoses, possiblement causées par quelqu’un qui chevauche, peut-être même avec une jambe au niveau du cou.» Puis il ajoute, avec gravité: «À l’ouverture du crâne, on voit que la violence a été extrême. Les lésions sont trop nombreuses pour évoquer une simple chute… C’est au moins une quinzaine, voire une vingtaine de coups, portés avec insistance, de droite et de gauche.»

Le documentaire, très complet et riche en images d’audition et témoignages inédits, revient également sur les circonstances troublantes de la mort de la femme de Bertrand Cantat, Krisztina Rády, retrouvée pendue en janvier 2010. La jeune femme avait laissé un message glaçant, peu avant, à ses parents où elle disait craindre Cantat.

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