Le Comité ontarien d’examen des décès (CEMD) a publié deux nouvelles analyses des données sur l’AMM (euthanasie) en Ontario entre 2018 et 2023. Les deux rapports du CEMD portent sur les renonciations au consentement final et la gestion des problèmes complexes liés aux dispositions relatives à l’AMM le jour même et le jour suivant .

Les trois premiers rapports du MDRC ( Rapport 3 ) ( Rapport 2 ) ( Rapport 1 ) ont été publiés en octobre 2024. J’ai inclus trois articles sur ces rapports.
- Article 1 : Certains décès par euthanasie sont causés par le sans-abrisme, la peur et l’isolement ( Lien ).
- Article 2 : Rapport du coroner de l’Ontario sur l’euthanasie : les pauvres risquent la coercition ( Lien ).
- Article 3 : Ontario : Au moins 428 décès par euthanasie non conforme ( Lien ).
La Dre Ramona Coelho, membre du Comité MDRC, a écrit un article concernant les deux récents rapports publiés par l’Institut Macdonald-Laurier le 7 avril 2025. Coehlo écrit :
Le Canada a légalisé l’aide médicale à mourir (AMM) en 2016 , englobant à la fois l’euthanasie et le suicide assisté. Initialement limitée aux personnes proches de la mort naturelle, l’admissibilité a été élargie en 2021 aux personnes handicapées physiques, et en 2027 aux personnes atteintes de maladie mentale . Les recommandations parlementaires incluent l’AMM pour les enfants . Une récente consultation fédérale a exploré l’extension de l’AMM aux personnes inaptes au moyen de directives anticipées, une approche que le Québec a déjà adoptée , malgré son statut criminel en vertu de la loi fédérale.
Malgré son encadrement bienveillant, les journalistes d’investigation et les rapports gouvernementaux révèlent des tendances troublantes où une exploration inadéquate des souffrances réversibles – comme le manque d’accès aux traitements médicaux, la pauvreté, la solitude et le sentiment d’être un fardeau – a poussé les Canadiens à choisir la mort. Comme l’a décrit notre ancienne ministre de l’Inclusion des personnes handicapées, le système canadien facilite parfois l’accès à l’AMM plutôt que la prestation de soins de base comme un fauteuil roulant. Avec plus de 60 000 cas d’AMM d’ici la fin de 2023, les données probantes soulèvent de graves inquiétudes quant au régime canadien d’AMM.
Coelho écrit à propos de la portée des rapports du MDRC :
Je suis membre du Comité d’examen des décès liés à l’AMM de l’Ontario (CEDM). L’an dernier, le coroner en chef a publié ses rapports , et une nouvelle série de rapports vient d’être publiée. Le premier rapport, intitulé Renonciations au consentement final , examine comment les personnes en voie 1 (mort naturelle raisonnablement prévisible) peuvent signer des renonciations pour mettre fin à leurs jours même si elles perdent leur capacité de consentir à la date prévue de l’AMM. Le deuxième rapport, intitulé Navigating Complex Issues within Same Day and Next Day MAiD Provisions , porte sur les cas où l’AMM a été fournie le jour même ou le lendemain de la demande. Ces rapports soulèvent des questions quant à la cohérence des évaluations appropriées, de l’exploration approfondie de la souffrance et du consentement éclairé par les cliniciens de l’AMM. Bien que les membres du CEDM aient des points de vue divergents, voici mon point de vue.
Coelho écrit ensuite sur le sujet : Se précipiter vers la mort, ignorer les causes réversibles de la souffrance :
Dans le rapport d’AMM du jour même ou du lendemain, Mme B, octogénaire, à la suite de complications chirurgicales, a opté pour des soins palliatifs, ce qui a entraîné son retour à domicile. Elle a ensuite demandé une évaluation d’AMM, mais son évaluateur a noté qu’elle préférait les soins palliatifs en raison de ses valeurs personnelles et religieuses. Le lendemain, son conjoint, aux prises avec l’épuisement professionnel des aidants, l’a emmenée aux urgences, mais elle a obtenu son retour à domicile. Suite au refus de sa demande de soins palliatifs, son conjoint a contacté le service provincial de coordination de l’AMM pour une évaluation urgente. Un nouvel évaluateur l’a jugée admissible à l’AMM, malgré les inquiétudes du premier praticien, qui l’a interrogé sur l’urgence de la situation, le changement soudain de perspective du patient et l’influence de l’épuisement professionnel des aidants. Le premier évaluateur a demandé une réévaluation, mais celle-ci a été refusée, le deuxième évaluateur la jugeant urgente. Le soir même, un troisième praticien de l’AMM a été appelé en renfort, et Mme B a bénéficié de l’AMM le soir même.
L’accent aurait dû être mis sur la fourniture de soins palliatifs et d’un soutien adéquats à Mme B et à son conjoint. Les équipes de soins palliatifs auraient dû être réengagées d’urgence, compte tenu de la gravité de la situation. De plus, le prestataire d’AMM a accéléré le processus malgré les inquiétudes du premier évaluateur et de Mme B, sans tenir pleinement compte de l’impact de l’épuisement professionnel de son conjoint.
L’absence de soins palliatifs adéquats et la pression exercée par son conjoint ont conduit à l’euthanasie de Mme B. Bien que le premier évaluateur ait indiqué que Mme B souhaitait des soins palliatifs, ce qui reflétait ses valeurs personnelles, non seulement elle est décédée par euthanasie, mais son décès a été accéléré.
Coelho évalue d’autres facteurs.
Le rapport révèle également des tendances inquiétantes suggérant que les cultures médicales locales, plutôt que le choix du patient, pourraient influencer l’administration précipitée de l’AMM. La concentration géographique, notamment dans l’Ouest de l’Ontario, où les décès liés à l’AMM le jour même et le lendemain sont les plus fréquents, soulève des inquiétudes quant à la prédisposition de certains prestataires d’AMM à approuver rapidement les patients pour une mort rapide plutôt que de leur garantir l’accès à des soins adéquats ou d’explorer si leurs souffrances sont soulevables. Cela met en évidence une tendance inquiétante où la rapidité de l’administration de l’AMM est privilégiée au détriment des soins centrés sur le patient et des garanties éthiques.
Coelho souligne que les décès survenus le jour même ou le lendemain sont plus fréquents dans l’ouest de l’Ontario. Elle suggère également que la vitesse de la mort est prioritaire par rapport aux soins prodigués au patient.
Coelho examine ensuite la question du consentement. L’euthanasie a été présentée aux Canadiens comme étant réservée aux adultes capables qui choisissent et consentent librement à l’acte. Le rapport sur les renonciations au consentement final suscite des inquiétudes quant à savoir si…
Coehlo se concentre sur deux histoires pour exposer ses préoccupations concernant l’AMM sans choix libre et éclairé
Le consentement a été au cœur de l’acceptation par les Canadiens de la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Cependant, certains cas mentionnés dans ces rapports font état de préoccupations déjà soulevées par les cliniciens : l’absence d’évaluations approfondies de la capacité et la crainte que les personnes n’aient pas choisi librement l’AMM.
Dans le rapport de renonciation au consentement final, M. B, un homme atteint de la maladie d’Alzheimer, avait obtenu l’autorisation d’AMM avec cette renonciation. Cependant, à la date prévue, sa conjointe a signalé une confusion accrue. À son arrivée, le prestataire d’AMM a constaté que M. B ne les reconnaissait plus et a donc choisi de ne pas engager la discussion avec lui. Sans aucune interaction verbale pour connaître ses souhaits ou sa compréhension, M. B a été mis fin à ses jours.
Dans le rapport d’AMM du jour même ou du lendemain, M. C., diagnostiqué d’un cancer métastatique, avait initialement exprimé son intérêt pour l’AMM, mais avait ensuite présenté un déclin cognitif et un délire. Il avait été mis sous sédatif pour soulager la douleur. Bien que l’équipe soignante ait confirmé sa perte de capacité, un praticien d’AMM est arrivé et a suspendu la sédation, tentant de le réveiller. Il a été documenté que le patient avait répondu « oui » silencieusement, hoché la tête et cligné des yeux en réponse aux questions. Sur la base de cette interaction, le prestataire d’AMM a jugé que le patient était apte. Le praticien d’AMM a ensuite organisé une deuxième évaluation virtuelle, et l’AMM a été administrée.
Coehlo explique comment ces cas ne garantissent pas le libre choix et le consentement éclairé .
Ces personnes n’ont pas eu véritablement l’occasion de confirmer leur souhait de mourir. Au lieu de cela, leurs souhaits ou demandes de renseignements antérieurs ont été priorisés, ce qui a soulevé des inquiétudes quant à la garantie d’un consentement libre et éclairé à l’AMM. Dès 2020 , le coroner en chef de l’Ontario a recensé des cas où des patients ont reçu l’AMM sans évaluation de leur capacité bien documentée, même si leurs dossiers médicaux suggéraient qu’ils n’en avaient pas la capacité. De plus, lorsque la Dre Leonie Herx, ancienne présidente de la Société canadienne de médecine palliative, a témoigné devant le Parlement au sujet de l’AMM fréquemment administrée sans capacité, un député l’a écartée, conseillant au Parlement d’être prudent avant de prendre au sérieux des preuves, sous le couvert de l’immunité parlementaire, qui constituaient des allégations de faute professionnelle, lesquelles devraient être traitées par les organismes de réglementation compétents ou la police. Ces commentaires dédaigneux contrastent fortement avec la gravité de l’évaluation de la capacité financière, et pourtant, l’ampleur est plus grande lorsqu’il s’agit de mettre fin à la vie. À titre de comparaison, dans le cas de mon père, un expert en capacité agréé par l’Ontario a procédé à une évaluation rigoureuse avant de le déclarer incapable de gérer ses finances. Cela comprenait un long entretien, un historique des garanties et un examen des documents financiers. Pourtant, aucune évaluation rigoureuse des capacités n’est obligatoire pour l’AMM.
Coehlo termine son article en demandant : Qu’est-ce que la compassion ?
Alors que le gouvernement fédéral a terminé sa consultation sur les directives anticipées en matière d’AMM, les experts mettent en garde contre le fait de négliger la complexité d’un choix de mort fondé sur des souffrances hypothétiques et l’absence d’expérience vécue pour éclairer ces choix. Un mandataire spécial doit interpréter les volontés antérieures, ce qui entraîne des conjectures et des dilemmes éthiques. Ces cas illustrent comment des personnes vulnérables, ayant perdu leur capacité de consentir, peuvent être contraintes ou indûment influencées à mourir – que ce soit par l’exploitation financière, l’épuisement des aidants ou d’autres pressions –, nous rappelant que les enjeux sont importants – la vie ou la mort, rien de moins.
L’attente fondamentale des soins de santé devrait être de prendre soin du patient rapidement, en lui apportant un soutien par le biais d’un système qui l’accepte, et non de le précipiter vers une mort prématurée sans efforts pour atténuer les souffrances ou garantir un consentement libre et éclairé. Si nous accordons une réelle valeur à la dignité, nous devons investir dans des soins complets afin d’éviter que les patients ne soient soumis à une mort prématurée au moment le plus vulnérable, transformant ainsi leur pire journée en potentiellement la dernière.
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