Égorgements «laborieux», animaux découpés vivants : un abattoir halal de Meaux visé par une plainte pour maltraitance animale

Après que l’association de défense animale annonce a porté plainte jeudi pour «sévices graves, actes de cruauté et mauvais traitements», l’organisme certificateur halal AVS a annoncé «suspendre» ses activités dans l’abattoir mis en cause.

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Des moutons piétinés, des bovins frappés à coups d’aiguillon, des animaux suspendus encore vivants : les images dévoilées ce jeudi 22 mai par l’association de défense des animaux L214 sont insoutenables. Tournées en caméra cachée entre le 10 mars et le 1er avril 2025, elles révèlent les pratiques de l’abattoir Aminecov de Meaux (Seine-et-Marne), spécialisé dans la viande halal. L214 dénonce dans son communiqué des «sévices graves, actes de cruauté et mauvais traitements» répétés et systématiques, et annonce avoir déposé plainte auprès du tribunal judiciaire de Melun, vidéos à l’appui.

Déjà pointé du doigt en 2016, l’abattoir avait alors réalisé quelques ajustements, comme l’installation d’un rideau entre les zones de mise à mort. Mais neuf ans plus tard, les mêmes problèmes persistent. «Les infractions graves et systémiques rendent impossible le respect de la réglementation encadrant l’abattage des animaux. Dans ces conditions, l’établissement ne peut en aucun cas être autorisé à fonctionner lors de l’Aïd-el-Kébir du 6 juin prochain», affirme L214 dans un communiqué.



«Saignés laborieusement»

En effet, le recours à l’abattage rituel ne dispense pas du respect des règles de protection animale. Pourtant, à l’abattoir Aminecov, les violations sont constantes, selon L214 : «Les moutons sont systématiquement tirés par les pattes, les oreilles ou la laine ou poussés par une sorte de manche à balai pour être placés dans le piège d’immobilisation avant d’être égorgés». Ceux qui arrivent cependant à s’en dégager «sont rattrapés sans ménagement et saignés laborieusement en dehors du piège d’immobilisation», décrit l’association. Sur les images, on peut notamment voir des moutons et bovins être violemment égorgés puis suspendus dans le vide par une seule patte, alors qu’ils sont encore conscients. Certains «commencent à être découpés alors qu’ils sont encore vivants», assure L214.

Autre grief : les animaux assistent ainsi à la mise à mort de leurs congénères, en violation directe du règlement européen, souligne l’association, qui déplore aussi qu’«test de conscience» ne soit effectué après la saignée, alors même que «la réglementation l’impose»«On ne parle pas d’actes isolés qui pourraient passer inaperçus. Il s’agit d’infrastructures ou de pratiques systématiques comme lorsque les salariés sont obligés d’utiliser des aiguillons électriques pour faire avancer les bovins qui s’arrêtent, à chaque fois, devant un portillon mal foutu», explique au Parisien Sébastien Arsac, cofondateur de l’association de défense animale.

Ce vendredi, l’organisme certificateur halal AVS a annoncé «suspendre» ses activités dans l’abattoir mis en cause. «Les images présentées sont choquantes et les faits révélés doivent être fermement condamnés», a écrit AVS dans un communiqué publié vendredi sur son site internet. «Nous prenons la décision de suspendre immédiatement nos interventions dans cet abattoir», a poursuivi cet acteur majeur du halal en France, soulignant que ses équipes ne travaillent que deux jours par semaine dans cet établissement.

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