Les conservateurs allemands, qui devraient diriger le prochain gouvernement, ont soutenu mardi que le pays devrait rapidement réintroduire le service militaire obligatoire.

Friedrich Merz, chef du bloc CDU/CSU arrivé en tête des élections du mois dernier, a déclaré qu’à l’ère du président américain Donald Trump, l’Europe devra mieux gérer sa propre sécurité.
Le porte-parole de la politique de défense de son alliance de centre-droit, Florian Hahn, a déclaré au quotidien Bild que la « suspension de la conscription en Allemagne ne correspond plus à la situation de menace actuelle ».
« Les premiers conscrits devront franchir les portes des casernes en 2025 », a déclaré Hahn au quotidien. « Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et regarder le monde autour de nous devenir de plus en plus dangereux. »
Les craintes concernant la force future de l’OTAN ont augmenté en Europe, notamment après que Trump a récemment pris le parti de la Russie, longtemps isolée, contre l’Ukraine, bouleversant ainsi le consensus occidental de ces dernières années.
Merz s’est engagé à rompre avec de nombreuses politiques de l’ancienne chancelière de la CDU Angela Merkel, notamment sur la migration, mais aussi sur sa décision de 2011 de suspendre le service militaire obligatoire.
Cette semaine, Merz a réitéré qu’il serait favorable à la réintroduction d’une année obligatoire au cours de laquelle les jeunes pourraient effectuer soit un service militaire, soit un service communautaire.
« Nous avons besoin d’effectifs beaucoup plus importants dans les forces armées », a-t-il déclaré.
« Je ne m’engage sur aucun chiffre pour le moment, mais nous ne pouvons pas nous en sortir avec le nombre actuel et nous avons également besoin d’une réserve beaucoup plus importante. »
Bien que la conscription soit depuis longtemps très controversée en Allemagne, le soutien au rétablissement d’une certaine forme de service militaire s’est accru au-delà des clivages politiques.
Le ministre de la Défense Boris Pistorius, issu du Parti social-démocrate (SPD) du chancelier sortant Olaf Scholz, a avancé l’idée de renforcer les forces armées, mais sans conscription.
Il a promu un modèle qui repose sur le service volontaire mais qui permet également au pays de rendre la conscription obligatoire si nécessaire.
Dans un premier temps, le cabinet sortant de Scholz a approuvé en novembre un nouveau modèle selon lequel tous les jeunes de 18 ans recevraient un questionnaire sur leur intérêt pour l’armée et leur condition physique.
Tous les jeunes hommes seraient tenus de renvoyer le questionnaire, tandis que pour les femmes, ce serait facultatif.
Un contingent de jeunes hommes et femmes serait ensuite invité à un processus de sélection et certains seraient recrutés pour un service militaire initial de six mois, avec la possibilité de le prolonger.
Le président de l’Association des forces armées allemandes, André Wuestner, s’est également prononcé mardi en faveur d’un démarrage de la conscription sur la base du modèle suédois, et d’une amélioration des salaires et des conditions de travail.
« Nous devons commencer cette année, sinon nous risquons d’imploser en termes de personnel à partir de l’année prochaine », a-t-il déclaré à Welt TV.
« Nous avons d’énormes problèmes en termes de personnel. Il s’agit de régénérer environ 27 000 personnes par an qui quittent les forces armées et qui doivent être réengagées. »
Le bloc CDU/CSU est actuellement en pourparlers exploratoires avec le SPD en vue de former un gouvernement de coalition, Merz envisageant une date butoir à Pâques.
L’ancien ministre des Affaires étrangères des Verts, Joschka Fischer, a également plaidé pour que l’Allemagne réintroduise le service militaire obligatoire.
« J’étais favorable à son abolition », a-t-il déclaré à l’hebdomadaire Stern. « C’était une erreur que nous devons corriger. »
« Le service militaire obligatoire doit être rétabli, pour les deux sexes. Sans cette mesure, nous ne progresserons pas dans la protection de l’Europe. »
Cet article a été rédigé par l’AFP. Pour plus d’informations, rendez-vous sur AFP.com . © Agence France-Presse
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