Un policier de 52 ans s’est donné la mort ce mercredi matin près de Nice (Alpes-Maritimes), avec son arme de service. Il s’agit du neuvième suicide recensé dans les rangs de la police nationale depuis le début de l’année.
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Un policier de 52 ans, Yvan T., affecté au commissariat de Nice (Alpes-Maritimes), s’est suicidé ce mercredi matin alors qu’il se rendait sur son lieu de travail. « Il a stationné sa voiture sur le bas-côté et a mis fin à ses jours avec son arme de service », confie une source policière.
Très apprécié, Yvan était marié et père de famille. Il était également chef de centre des sapeurs-pompiers de Peille. Une enquête a été ouverte afin d’éclaircir les circonstances du drame.
«Un homme solide, humble et très professionnel»
« On gardera en mémoire un homme engagé, solide, et toujours avec le sourire », a réagi Julien Hausknecht, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale des Alpes-Maritimes, dans un message sur Facebook. « Ce sourire qui masquait sans doute un mal être, que nous n’avons pas pu déceler. À mon frère d’armes, à mon pote de promotion, nous étions affectés a Juvis-sur-Orge, toi à la CDI, moi à la BAC. Puis nous nous sommes retrouvés à Nice en même temps. Je garderai en mémoire un homme solide, humble et très professionnel ! ».
Une cagnotte a été ouverte sur la plateforme Leetchi pour soutenir la famille et les proches d’Yvan. Plus de 430 personnes y ont déjà participé. Vous pouvez y accéder ici.
Il s’agit du neuvième suicide dans les rangs des policiers nationaux, depuis le début de l’année, selon le suivi réalisé par Actu17. Mi-avril, un policier de 49 ans affecté à la CRS 39 a lui aussi mis fin à ses jours.
Si vous ou l’un de vos proches êtes confronté à des pensées suicidaires, vous pouvez contacter le 3114, le numéro national de prévention du suicide, où des professionnels sont disponibles 24h/24 et 7j/7 pour vous écouter et vous soutenir.
Le drame aurait eu lieu lors d’une dispute entre les deux frères, en région parisienne. La victime a été frappée à la gorge par une arme blanche.
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Le drame a eu lieu mardi en début d’après-midi, vers 13h30. Le tout jeune homme s’est écroulé dans une rue, près de barres d’immeubles, «une plaie béante à la gorge», rapporte «Le Parisien». Il est décédé peu après, malgré l’intervention des secours.
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’ado a été tué par son frère jumeau, d’un coup porté avec une arme blanche. Ce serait l’issue tragique d’une dispute entre les deux frères, dont on ne connaît pas le motif pour l’instant.
Le tueur présumé a été arrêté peu après. Il était avec son père. Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête pour homicide volontaire.
Ce quartier est dépeint comme calme et les deux frères décrits comme tranquilles, sans problème. C’est évidemment la stupéfaction parmi les riverains. «Déjà, on a du mal à imaginer un crime, mais entre jumeaux, cela semble encore plus aberrant», lâche dans le quotidien français une habitante choquée.
Cet article a été publié à l’origine dans Le Parisien .
Un ressortissant algérien a été condamné à huit mois de prison ferme pour avoir insulté et volé le sac d’une septuagénaire qui a osé lui demander de retirer ses pieds d’un siège dans un tramway de la ville de Montpellier.
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Un homme était jugé pour un vol doublé d’insultes racistes. Ce jeune Algérien a fait face à la justice de Montpellier pour avoir agressé et volé le sac à main d’une septuagénaire qui lui avait simplement demandé de retirer ses pieds du siège en face d’elle dans le tramway. L’individu a été condamné à huit mois de prison ferme avec mandat de dépôt, indique Midi Libre. Une interdiction de paraître dans l’Hérault pendant trois ans et une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans ont également été décidées par le tribunal de Montpellier ce mercredi 7 mai.
L’agression remonte au 3 août 2024 au niveau de l’arrêt des Hauts-de-Massane, au nord de Montpellier. Comme l’indique Midi Libre, la femme de 71 ans se trouvait dans le tramway lorsqu’elle a osé demander à un jeune, venu s’installer en face d’elle, de retirer ses pieds du siège. L’individu l’a alors invectivé : « Sale p… de blanche. Je t’enc… toi et ta mère. » Si l’homme est ensuite parti s’asseoir ailleurs avant de voler le sac de la victime en quittant le transport au niveau de l’arrêt des Hauts-de-Massane.
Dans sa fuite, il a toutefois fait tomber un couteau. Son ADN sera retrouvé sur l’arme et mènera à son interpellation. « Je ne sais pas comment il a pu arriver dans le tram. Dans mon travail de mécanicien-technicien, on est amenés à avoir des couteaux », s’est défendu le mis en cause à l’audience, assurant ne jamais avoir vu la victime.
Le profil du mis en cause
Arrivé à l’âge de 15 ans en France, dans la région de Saint-Étienne où vit toujours sa famille, cet Algérien a suivi une formation professionnelle pour adultes d’électro-mécanicien à l’Afpa et effectuait des livraisons Uber le soir. Il est toutefois déjà connu de la justice pour de multiples condamnations pour dégradation de bien public, vol, détention d’arme et outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, rapporte Midi Libre.
À l’audience, la procureure a dénoncé une agression d’une « extrême gravité ». Elle a rappelé que la septuagénaire « a juste voulu dire non à ce que nous vivons tous les jours : les petites incivilités ». « Elle a le courage de dire stop, alors que souvent, nous baissons les yeux car on prend le risque de se faire agresser », a pointé la magistrate.
Il y aura également des règles plus strictes pour les étudiants internationaux qui ne parviennent pas à trouver un emploi de diplômé.
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Le Parti travailliste s’apprête à annoncer un ensemble de règles d’immigration plus strictesGetty/PA
Les migrants arrivant en Grande-Bretagne devront parler « couramment l’anglais » ou faire face à une attente de dix ans pour obtenir la résidence permanente en vertu de nouvelles règles d’immigration strictes qui seront annoncées la semaine prochaine.
Cette mesure, qui fait partie du livre blanc sur l’immigration de Sir Keir Starmer, augmentera considérablement les normes linguistiques requises pour ceux qui cherchent à rester au Royaume-Uni.
Actuellement, les migrants doivent seulement démontrer une compréhension de base de l’anglais, mais les ministres estiment désormais que cela est insuffisant pour une bonne intégration dans la société britannique.
Selon les nouvelles propositions, l’exigence en matière de langue anglaise sera portée du niveau actuel du GCSE à l’équivalent d’un niveau A en anglais comme langue étrangère.
Cette norme plus élevée exige que les migrants « s’expriment couramment et spontanément » et parlent anglais « de manière flexible et efficace à des fins sociales, académiques et professionnelles », selon le ministère de l’Intérieur.
Le niveau actuel est jugé trop bas pour permettre une intégration réussie dans la société britannique. On dira aux migrants : « Si vous voulez venir ici, vous devez contribuer et vous intégrer », a déclaré une source gouvernementale au Times.
Les ministres envisagent d’allonger de cinq à dix ans le délai d’attente des demandeurs avant de pouvoir rendre leur résidence permanente, à moins qu’ils ne remplissent certaines conditions.
La période d’attente prolongée s’appliquerait aux migrants dont la situation financière est incertaine ou qui ont passé trop de temps hors du Royaume-Uni depuis leur arrivée.
À l’heure actuelle, la plupart des personnes qui viennent au Royaume-Uni avec des visas à durée limitée peuvent demander un permis de séjour illimité après cinq ans, ce qui ouvre l’accès aux prestations et à la citoyenneté.
Ces mesures font partie d’un ensemble de changements visant à respecter l’engagement du manifeste du Parti travailliste de réduire la migration nette de son niveau actuel de 728 000.
Les ministres cherchent à contrer la montée en puissance du parti Reform UK de Nigel Farage, qui a porté la semaine dernière des coups électoraux aux travaillistes et aux conservateurs lors des élections locales anglaises.
La migration nette, qui a dépassé les 900 000 sous les conservateurs, le recours aux hôtels d’asile et les niveaux records de traversées illégales de la Manche par des migrants ont renforcé la popularité du parti populiste de droite.
L’Office for Budget Responsibility prévoit toujours que la migration nette se stabilisera à environ 340 000 à moyen terme.
Le livre blanc comprendra également des mesures visant à rendre plus difficile l’accès à l’emploi pour les étudiants internationaux s’ils restent au Royaume-Uni après l’obtention de leur diplôme.
Yvette Cooper, la ministre de l’Intérieur, devrait exiger que les étudiants étrangers ne soient autorisés à rester que s’ils obtiennent un emploi de niveau universitaire.
Il y aura une répression des abus liés aux visas de soins et des liens plus étroits entre l’accès des employeurs aux visas et les mesures qu’ils prennent pour former les travailleurs britanniques.
Les industries confrontées à une pénurie de main-d’œuvre seront sommées d’augmenter leurs effectifs d’apprentissage, sous peine de perdre l’accès à la main-d’œuvre étrangère. Les conservateurs ont proposé des mesures similaires, notamment le doublement de la durée de résidence requise, de cinq à dix ans, pour les migrants souhaitant rester indéfiniment.
Cependant, le ministre fantôme de l’Intérieur, Chris Philp, a qualifié l’approche du Parti travailliste de « bricolage cosmétique » qui n’empêchera pas l’immigration de grimper en flèche.
« S’ils voulaient vraiment réduire l’immigration, ils soutiendraient les propositions des conservateurs », a déclaré Philp.
Le plan alternatif des conservateurs comprend un vote annuel contraignant au Parlement pour fixer un plafond de migration et l’abrogation de la loi sur les droits de l’homme en matière d’immigration.
La Commission européenne poursuit la Tchéquie, l’Espagne, Chypre, la Pologne et le Portugal devant la plus haute juridiction de l’UE pour ne pas avoir mis en œuvre des éléments clés de la loi technologique controversée du bloc.
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La Commission européenne a annoncé mercredi qu’elle renvoyait cinq États membres devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour ne pas avoir correctement mis en œuvre la loi sur les services numériques (DSA), la législation phare de Bruxelles visant à réguler les plateformes en ligne.
Les pays visés par des poursuites judiciaires sont la Tchéquie, l’Espagne, Chypre, la Pologne et le Portugal. Selon la Commission, ces États membres n’ont pas désigné de coordinateur national pour les services numériques (CSN) ou n’ont pas doté ces organismes des pouvoirs nécessaires pour faire appliquer la DSA.
En outre, aucun des cinq pays n’a établi de sanctions en cas de violation du règlement, comme l’exige Bruxelles.
« La DSA exige des États membres qu’ils désignent une ou plusieurs autorités compétentes pour la supervision et l’application de la DSA, et qu’ils désignent l’une d’entre elles comme leur DSC national d’ici le 17 février 2024 », a déclaré la Commission dans son communiqué de presse . « Les États membres sont également tenus de donner à leurs DSC les moyens de s’acquitter de leurs missions au titre de la DSA. »
La Pologne est pointée du doigt pour ne pas avoir nommé ou autorisé de coordinateur national, tandis que la Tchéquie, l’Espagne, Chypre et le Portugal ont nommé de tels organismes mais ne leur ont pas accordé les pouvoirs légaux nécessaires pour s’acquitter de leurs responsabilités.
La Commission européenne insiste sur le fait que la DSA, entrée en vigueur en 2022, vise à créer un environnement en ligne plus sûr et plus transparent en obligeant les grandes plateformes et les moteurs de recherche à lutter contre les contenus illégaux, à protéger la vie privée des utilisateurs et à répondre aux risques pour la sécurité publique.
Les critiques, cependant, affirment que cette mesure risque d’aller trop loin en incitant les plateformes à supprimer trop de contenu, ce qui pourrait étouffer la liberté d’expression ; elle impose des charges disproportionnées aux petites plateformes, renforçant la domination des Big Tech ; et elle compromet la confidentialité des utilisateurs en obligeant les régulateurs à accéder aux données.
La désapprobation de cette réglementation a été accueillie aussi bien par les politiciens libertariens en Europe que par les républicains à Washington.
En février, le président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis, Jim Jordan, a envoyé une lettre à la commissaire européenne à la technologie, Henna Virkkunen, exprimant ses « sérieuses inquiétudes quant à la manière dont les dispositions de censure de la DSA affectent la liberté d’expression aux États-Unis ».
Il a fait valoir qu’une réglementation excessive de Bruxelles créerait effectivement une « norme de censure mondiale de facto », car les plateformes de médias sociaux utilisent généralement un ensemble unique de politiques de modération de contenu pour une mise en œuvre cohérente dans le monde entier.
Le propriétaire de X, Elon Musk, a également pesé sur la nature bureaucratique du DSA et son approche trop zélée en matière de modération du contenu, tandis que le président américain Donald Trump lui-même a également qualifié les amendes imposées aux entreprises technologiques américaines par Bruxelles pour non-respect du DSA de « forme de taxation ».
En Europe, le député d’Alternative pour l’Allemagne (AfD) Maximilian Krah a soutenu que la DSA est conçue pour supprimer les points de vue dissidents, affirmant que la législation « vise à empêcher le partage d’idées non orthodoxes et créatives sur Internet », tandis que l’eurodéputée des Démocrates de Suède Jessica Stegrud a affirmé qu’une focalisation excessive sur la lutte contre la désinformation et les « contenus préjudiciables » pourrait porter atteinte à la liberté d’expression.
La Commission a lancé une première procédure d’infraction contre les cinq pays en 2024. Des lettres de mise en demeure ont été envoyées à la Tchéquie, à Chypre, à la Pologne et au Portugal en avril, ainsi qu’à l’Espagne en juillet. Face au manquement des États membres à leurs obligations, la Commission a porté l’affaire devant la plus haute juridiction de l’UE.
Si la Cour de justice statue contre eux, les pays pourraient être confrontés à des sanctions financières et être tenus d’agir rapidement pour respecter leurs obligations légales.
Les autorités françaises ont été accusées de présenter d’anciennes mesures comme étant « nouvelles », donnant ainsi l’impression qu’elles visent à lutter contre l’immigration de masse.
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Bruno Retailleau Thibaud MORITZ / AFP
Peu importe la lassitude des électeurs : les politiciens européens doivent aussi en avoir assez de faire les mêmes promesses creuses en matière d’immigration. Pourtant, ils continuent de le faire.
Plus récemment, le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a prononcé un discours lundi promettant de « durcir » les critères d’acquisition de la nationalité, soulignant notamment l’importance de « l’assimilation ».
Cette circulaire entraîne une rupture et durcit les critères, pour l’acquisition de la nationalité française. J’assume qu’il s’agit d’une circulaire d’assimilation. pic.twitter.com/t4wHmR2XiX
Mais les critiques affirment que certaines des « nouvelles » mesures proposées par Retailleau sont en fait anciennes, rendant son discours pratiquement inutile.
Soulignant notamment l’insistance du ministre selon laquelle « ceux qui souhaitent devenir Français doivent démontrer leur maîtrise de la langue française », Emma Pearson, rédactrice en chef de The Local France, a souligné que les étrangers souhaitant obtenir la nationalité doivent d’ores et déjà prouver qu’ils savent parler, lire et écrire en français. Le durcissement de ce critère devrait d’ailleurs entrer en vigueur au début de l’année prochaine.
Il en va de même pour les mesures testant les connaissances des candidats sur l’histoire et la culture françaises, ainsi que celles mesurant l’intégration économique.
Pearson a suggéré que l’« annonce » de la migration n’était guère plus qu’un « jeu politique », soulignant les ambitions présidentielles potentielles pour 2027.
La journaliste Françoise Degois a convenu que les propos du ministre n’étaient « que du spectacle ».
La conseillère régionale du Rassemblement national, Audrey Lopez, s’est peut-être montrée plus généreuse dans son évaluation selon laquelle Retailleau avait exprimé une « bonne intention », même si elle a ajouté :
Il est regrettable qu’un casier judiciaire vierge ne figure pas parmi les conditions requises à l’avenir pour obtenir la nationalité française.
Retailleau a envoyé sa circulaire de cinq pages aux préfectures régionales, mais elle n’a pas été rendue publique dans son intégralité.
Dès sa prise de fonction, le nouveau gouvernement allemand a décidé de durcir sa politique migratoire en annonçant mercredi que la plupart des demandeurs d’asile vont être refoulés aux frontières. Avant son intronisation, le chancelier Merz avait annoncé qu’il ferait de l’immigration l’un des dossiers prioritaire de son gouvernement, notamment pour regagner la confiance des électeurs partis à l’extrême droite, arrivé deuxième aux législatives.
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Le nouveau chancelier allemand Friedrich Merz avec ses ministres, le 6 mai 2025. Crédit : Reuters
Quelques heures après son entrée en fonction, le nouveau gouvernement allemand opère d’emblée un tour de vis migratoire. Le ministre conservateur de l’Intérieur, Alexander Dobrindt a ordonné mercredi 7 mai à la police de refouler tous les demandeurs d’asile sans papiers, « sauf les groupes vulnérables, comme les enfants et les femmes enceintes », à toutes ses frontières.
Le responsable politique annule ainsi une directive d’un de ses prédécesseurs, datant de 2015 sous l’ère Merkel et émise en pleine crise migratoire européenne. A cette époque, l’Allemagne avait accueilli plus d’un million de réfugiés en provenance de Syrie et d’Afghanistan principalement. L’ancien ministre de l’Intérieur, le conservateur Thomas de Maizière, avait alors demandé à la police fédérale « d’autoriser l’entrée de ressortissants de pays tiers sans documents légitimant leur séjour et sans présentation d’une demande d’asile ».
Avec l’annulation de cette directive de 2015, le nouveau gouvernement du conservateur Friedrich Merz tourne définitivement la page de la politique d’accueil longtemps généreuse du pays, initiée en son temps par Angela Merkel.
« L’Allemagne doit pouvoir prendre des décisions pour réduire les chiffres de l’immigration illégale et des demandes d’asile », a martelé Alexander Dobrindt, lors d’une conférence de presse mercredi à Berlin. La politique migratoire devrait donc retrouver « clarté, cohérence et contrôle », a-t-il ajouté.
Critiques des pays voisins
« Nous ne le ferons pas sous la forme d’une surcharge de nos voisins. Nous ne procéderons pas non plus à la fermeture des frontières mais il s’agit de renforcer le contrôle des frontières et, grâce à ce renforcement, d’augmenter le nombre de refoulements », a encore déclaré le ministre.
En Allemagne, le syndicat de la police DPolG se dit prêt pour cette nouvelle politique. « La police fédérale continuera d’effectuer des contrôles mobiles, stationnaires et secrets. […] Cependant, cette tâche ne peut pas être accomplie à long terme sans personnel supplémentaire. C’est pourquoi nous avons besoin d’environ 3 000 employés supplémentaires », a déclaré Heiko Teggatz, vice-président fédéral du DPolG, dans un communiqué.
Alexander Dobrindt a tenté de rassurer les voisins de l’Allemagne, dont certains, comme la Pologne, sont déjà très critiques des contrôles qui ralentissent considérablement la circulation des travailleurs frontaliers.
Des contrôles opérés par la police allemande à la frontière autrichienne, le 7 mai 2025. Crédit : Reuters
L’annonce de ces mesures a toutefois immédiatement fait réagir le chef du gouvernement polonais Donald Tusk. Ce dernier a prié le chancelier Friedrich Merz « de se concentrer sur les frontières extérieures de l’UE » et préserver la zone Schengen, lors d’une conférence de presse commune à Varsovie. « Il est de l’intérêt » de l’Allemagne et de la Pologne que leur frontière commune permette le « libre passage » des citoyens des deux pays, a insisté le Premier ministre polonais.
En Pologne, à l’approche de l’élection présidentielle prévue le 18 mai, un sentiment anti-allemand se développe. La désinformation anti-migrants prospère depuis des années dans le pays, terre d’accueil de très nombreux réfugiés ukrainiens et en proie à une pression migratoire. Mais « la nouveauté est qu’elle est conjuguée désormais avec le narratif anti-allemand, qui se nourrit de phobies anti-allemandes et anti-européennes », explique à l’AFP Anna Mierzynska, spécialiste indépendante des réseaux sociaux.
La Suisse, de son côté, a aussi « regretté » cette décision de Berlin. « Du point de vue de la Suisse, les refoulements systématiques à la frontière constituent une violation du droit en vigueur. La Suisse regrette que l’Allemagne ait pris ces mesures sans consultation », a écrit sur le réseau social X, le ministère fédéral de la Justice et de la police.
Le ministre fédéral suisse « est convaincu que les États Schengen ne peuvent surmonter les défis de la migration qu’ensemble » et « il souligne également qu’il s’agit toujours de personnes, notamment de personnes vulnérables, de femmes et d’enfants ».
Mais le ministre allemand maintient sa position ferme : « Nous savons que les contrôles aux frontières intérieures ne peuvent être qu’une transition. Mais ils sont tout simplement nécessaires tant que nous avons une migration irrégulière aussi élevée dans l’Union européenne », a affirmé, soulignant que l’Allemagne, pays situé au centre de l’Europe, était l’un des plus touchés par ce phénomène.
Baisse des demandes d’asile
Selon des chiffres du ministère allemand l’Intérieur, le nombre de demandes d’asile a augmenté de 2020 à 2023, puis diminué en 2024.
Au total, 250 945 personnes ont demandé l’asile en Allemagne en 2024, soit une baisse 28,7% par rapport à l’année précédente.
D’après des chiffres officiels publiés début mai, plus de 53 000 personnes ont été refoulées aux frontières allemandes depuis octobre 2023, date des premiers rétablissements des contrôles.
Selon des chiffres officiels publiés début mai, plus de 53 000 personnes ont été refoulées aux frontières allemandes depuis octobre 2023. Crédit : Reuters
Ce tour de vis sur l’immigration, sujet qui a dominé la campagne électorale des législatives allemandes après une série d’attaques commises par des étrangers, était attendu. Le contrat de coalition signé par les conservateurs et les sociaux-démocrates – feuille de route du nouveau gouvernement Merz – prévoit un durcissement de la politique migratoire mais promet que l’Allemagne restera un pays « ouvert », respectant le droit d’asile et accueillant les travailleurs qualifiés.
Déjà quelques semaines avant d’entrer en fonction, le chancelier Merz avait annoncé qu’il en ferait l’un des dossiers prioritaire de son gouvernement, notamment pour regagner la confiance des électeurs partis à l’extrême droite.
Dans certains sondages récents, le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), arrivé deuxième aux législatives, s’est hissé en tête, dépassant les conservateurs. La popularité de cette formation anti-migrants, classé la semaine dernière « extrémiste de droite » par les services du Renseignement intérieur, inquiète le nouveau gouvernement de Friedrich Merz.
Selon un rapport du Renseignement, publié mercredi dans la presse, le mouvement pratique une « agitation continue » contre les migrants, les réfugiés et les musulmans, les présentant comme un « collectif menaçant ».
Alexander Dobrindt, le nouveau ministre conservateur de l’Intérieur allemand, a ordonné l’arrêt immédiat des procédures d’asile aux frontières étrangères de l’Allemagne – réalisant potentiellement une promesse électorale clé de l’actuel chancelier de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), Friedrich Merz, avant les élections générales de février 2025.
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Alexander Dobrindt, le nouveau ministre conservateur de l’Intérieur allemand, a ordonné l’arrêt immédiat des procédures d’asile aux frontières étrangères de l’Allemagne – réalisant potentiellement une promesse électorale clé de l’actuel chancelier de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), Friedrich Merz, avant les élections générales de février 2025.
Comme l’ a rapporté le journal allemand Bild le 7 mai, le député Dobrindt (Union chrétienne-sociale de Bavière) a donné instruction verbale à la police fédérale allemande de renforcer les contrôles aux frontières et d’augmenter les refoulements en cas d’entrée illégale. Les 11 000 agents actuellement en poste aux frontières seront renforcés par 2 000 à 3 000 agents supplémentaires.
Dobrindt aurait également révoqué une instruction verbale de 2015, émise à l’origine par Thomas de Maizière, ministre de l’Intérieur de la CDU sous la chancelière de l’époque Angela Merkel.
L’instruction stipulait : « Les ressortissants de pays tiers sans documents leur permettant de séjourner en Allemagne et ayant déposé une demande d’asile doivent être autorisés à entrer. »
Cette déclaration a été publiée au plus fort de la crise des réfugiés de 2015, lorsque Merkel a décidé d’ouvrir les frontières allemandes à tous, entraînant un afflux de centaines de milliers de demandeurs d’asile.
Selon Bild , la directive Merkel est restée inchangée pendant près de 10 ans, depuis 2015.
Cette annonce fait suite à une série d’attentats terroristes mortels, présumés perpétrés par des demandeurs d’asile et d’autres migrants, qui ont choqué l’Allemagne. Parmi ces attaques, on compte des attaques à la voiture bélier à Magdebourg et à Munich, ainsi que l’agression mortelle d’un enfant de deux ans à Aschaffenburg, apparemment perpétrée par un migrant afghan en situation irrégulière.
Merz avait initialement prévu que son gouvernement entre en fonction le 6 mai. Ce n’est pas arrivé après sa défaite inattendue au premier tour du scrutin au Bundestag. Le 7 mai marquait le premier jour de mandat du chancelier Merz et des ministres de sa coalition avec les sociaux-démocrates (SPD).
Le décret exécutif met un terme pour le moment aux spéculations sur la capacité de Merz à tenir sa promesse électorale après avoir formé une coalition avec le SPD, un parti notoirement pro-immigration.
Sur X le 7 mai, Marcus Pretzell, ancien député européen de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), a qualifié l’ordre de Dobrindt de « point pour Merz ».
Selon la police fédérale, au 30 avril, un total de 10 302 personnes ont été refoulées ou renvoyées aux frontières allemandes « en lien avec des franchissements illégaux de frontières » depuis le début de cette année.
La nouvelle proposition a reçu 14 objections et de nombreux messages de soutien
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Le bâtiment était sur le marché depuis quatre ans avant que l’association caritative ne l’achète. Google
Une ville du Kent est devenue le centre d’un débat houleux après que des plans ont été soumis pour transformer un bar local en mosquée.
Le Peacock a fermé ses portes pour la dernière fois le 1er janvier 2024, après avoir été racheté par l’association caritative Al-Haqq Academy.
Le bâtiment était sur le marché depuis quatre ans avant que l’association caritative ne l’achète.
L’Académie Al-Haqq demande maintenant l’autorisation de transformer le pub en mosquée avec des services communautaires et religieux.
Ces projets ont suscité une vive inquiétude parmi les résidents locaux, dont beaucoup s’opposent à la perte d’un autre pub dans la région.
Un résident a déclaré : « Les pubs de l’arrondissement ont besoin d’une meilleure protection contre le réaménagement.
« Trop de pubs ont été détruits par des incendies, des démolitions ou des transformations inadaptées. »
D’autres ont remis en question la nécessité d’une autre mosquée, l’un d’eux déclarant : « Ce quartier est trop fréquenté et nous n’avons pas besoin d’une mosquée ou d’un centre islamique. Ils ont déjà deux mosquées, pourquoi en voudraient-ils une troisième ? »
D’autres préoccupations concernaient la circulation, le stationnement et le bruit.
Il s’agit de la deuxième demande de l’Académie Al-Haqq après que le conseil municipal de Gravesham a refusé sa proposition initiale il y a six mois.
Le conseil avait invoqué des « preuves insuffisantes » pour justifier la perte du pub, malgré la réception de plus de 100 commentaires de soutien.
Dans sa nouvelle demande, l’association caritative soutient qu’il existe « une exigence justifiée en termes d’emplacement et de fonctionnalité » pour qu’une mosquée serve la communauté musulmane locale.
ls affirment que le bâtiment resterait un actif « d’infrastructure sociale », répondant simplement à un besoin communautaire différent.
Les plans détaillent les horaires de prière qui varient selon la saison, les prières matinales commençant à 4h30 du matin en été.
L’association affirme que ce changement n’entraînerait pas de sous-offre de pubs, car neuf alternatives existent à moins de 10 minutes à pied.
Selon le recensement de 2021, 3 326 musulmans vivent dans l’arrondissement.
La demande indique que les deux mosquées existantes à Gravesend « fonctionnent au-delà de leur capacité », ce qui entraîne une surpopulation et des problèmes de circulation.
Mardi, la nouvelle proposition avait reçu 14 objections et 10 messages de soutien.
Une décision sur la demande est attendue d’ici le 23 juin 2025.
Cette décision intervient malgré le fait que le Pakistanais ait déclaré un jour : « Quand j’aurai un passeport allemand, je vous éliminerai tous. »
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Née au Pakistan, Ayesha Khan, connue pour son militantisme d’extrême gauche et ses déclarations ouvertement hostiles à l’Allemagne et à son peuple, a été naturalisée allemande lors d’une cérémonie officielle organisée à l’église Saint-Paul de Francfort. Âgée de 27 ans, elle a obtenu la nationalité allemande aux côtés d’environ 800 autres personnes, à l’issue d’un processus qui a suscité un vif débat public.
Arrivée en Allemagne en 2016, Khan utilise la plateforme sociale X sous le pseudonyme Migrantifa , où elle diffuse des messages provocateurs et co-anime le podcast « [un]deutsch » avec Dîlan Karacadag. L’émission aborde des questions sociales et politiques du point de vue des migrants, remettant souvent en question les fondements de l’identité allemande traditionnelle.
Khan a attiré l’attention avec une série de publications considérées comme ouvertement anti-allemandes. Parmi elles, on trouve des messages tels que : « Vous connaissez ces gens qui disent : « Si Dieu existe, pourquoi la guerre ? » Je leur demande : si Dieu existe, pourquoi les Allemands existent-ils ? », « Heureusement, Francfort sera bientôt complètement dégermanisée » et « Les Almans [expression argotique turque désignant les Allemands] sont des ordures. »
Elle s’en est également prise à la population blanche, exprimant des déclarations telles que : « Être blanc EST un défaut », ce à quoi elle a répondu par l’affirmative : « OUI ». La militante ne s’est pas limitée aux insultes, mais a également proféré des menaces explicites. En 2020, elle écrivait : « Quand j’aurai un passeport allemand, je vous achèverai tous » et « Quand j’aurai le passeport allemand, c’est fini pour vous », à peine quatre ans après son arrivée en Allemagne.
Une analyse de son compte X montre que le mot « Pass » (passeport) apparaît plus de 30 fois, reflétant son obsession pour l’obtention de la nationalité allemande malgré ses expressions répétées de dédain. Parmi ses publications figurent des phrases telles que : « J’avais un passeport allemand en main et j’ai pensé le garder et m’enfuir » et « Mon souhait pour l’Allemagne : donnez-moi de l’argent et un passeport allemand. »
Contexte politique
Outre son activité sur les réseaux sociaux, Khan est affiliée au parti ÖkoLinX (Die Ökologische Linke), fondé par les anciens membres du Parti vert Jutta Ditfurth et Manfred Zieran. La militante a activement participé aux manifestations d’extrême gauche et s’est présentée en 2021 au conseil municipal de Francfort, bien que sa candidature ait été rejetée car elle n’avait pas la nationalité allemande à l’époque.
Khan a d’abord prétendu posséder la nationalité britannique, ce qui aurait facilité sa naturalisation, mais on a découvert plus tard qu’elle possédait également un passeport pakistanais, ce qui a compliqué la procédure. Finalement, après près de dix ans, elle a obtenu la nationalité allemande, une étape importante célébrée par Ditfurth sur X.
Le cas de Khan s’ajoute à d’autres controverses récentes autour de la politique d’immigration allemande. En 2023, l’écrivain germano-iranien Behzad Karim Khani a publié un article dans le Berliner Zeitung dans lequel il affirmait que les migrants non seulement resteraient en Allemagne, mais finiraient par « hériter » du pays, faisant référence au vieillissement de la population locale. Dans cet article, Khani écrivait : « Nous ne sommes pas ici uniquement pour vos retraites, mais pour veiller à ce que le cauchemar aryen ne redevienne plus jamais réalité dans ce pays. »
Beaucoup plus rares que les traversées de la Manche par canots, les tentatives illégales de passage en Angleterre par camion n’ont pas disparu. En 2024, des milliers de migrants ont été stoppés dans les zones portuaires de la Manche et aux abords de l’Eurotunnel. Idem en Angleterre où ils sont repérés, cachés dans des camions, qui viennent d’arriver outre-Manche
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Un camion passe à côté d’un groupe de migrants à Dunkerque, en mai 2024. Crédit : InfoMigrants
Selon le média britannique BBC, l’année dernière, plus de 5 000 migrants ont tenté de se cacher dans des véhicules pour rejoindre illégalement le Royaume-Uni. Ils ont tous été stoppés dans les ports de la Manche. Dans le détail, la BBC évoque 5 874 détections, notamment dans les zones portuaires de Calais, Dunkerque et au niveau du tunnel sous la Manche à Coquelles. Un chiffre en hausse par rapport à 2023 (4 794).
La France sécurise depuis des années les ports de la Manche pour tenter d’enrayer les départs illégaux de migrants vers l’Angleterre – en se cachant dans des camions qui empruntent l’Eurotunnel, en embarquant discrètement sur des ferries ou en se cachant dans des camionnettes affrétées par des passeurs. Détecteurs de mouvements, caméras thermiques, agents de sécurité supplémentaires, constructions de barbelés… Les ports sont aujourd’hui ultra-sécurisés.
En septembre 2024, la maire de Calais et le préfet du Pas-de-Calais avaient même annoncé la construction d’une barrière de 11 kilomètres autour des sites de Transmarck et de la Turquerie, à Calais – une zone logistique immense où de nombreux poids-lourds stationnent avant d’entrer dans la zone portuaire. Selon France Bleu, ce chantier de sécurisation s’étend sur deux ans et coûte quelque 4,5 millions d’euros, une somme payée entièrement par le Royaume-Uni.
Dans la zone de la Turquerie, des Soudanais attendent de pouvoir monter discrètement dans un camion en partance pour l’Angleterre. Crédit : InfoMigrants
Depuis des années le Royaume-Uni et la France multiplient les rencontres pour trouver des solutions aux traversées clandestines de la Manche. Dernier rendez-vous en date : février 2025. Réunis au Touquet, dans le Pas-de-Calais, le ministre de l’Intérieur français Bruno Retailleau et son homologue britannique, Yvette Cooper, y ont détaillé un nouveau renforcement du dispositif de contrôle de la frontière avec notamment l’annonce de patrouilles supplémentaires d’ici l’été.
Aujourd’hui, donc, impossible ou presque d’entrer dans une zone portuaire du nord de la France sans se faire repérer. Les passages irréguliers par camions se sont donc raréfiés, jusqu’à devenir anecdotiques en comparaison avec les traversées par « small boats », ces petites embarcations utilisées massivement depuis 2018 pour traverser la Manche. Plus de 35 000 migrants sont arrivés par canots en Angleterre en 2024.
Les arrivées illégales en Angleterre en 2024. Crédit : Home office
Pourtant, dans le rapport de mars 2025 cité par la BBC, David Bolt avait aussi souligné que « la menace d’une entrée clandestine dans les ports […] rest[ait] élevée et implacable ».
« Les ressources et les capacités de la Border Force sont mises à rude épreuve, et ses opérations, ainsi que celles de ses prestataires de sécurité, sont étroitement surveillées par les migrants et les réseaux de passeurs afin d’identifier et d’exploiter toute faiblesse », cite encore la BBC. « Il est donc vital que les forces frontalières continuent d’investir dans le personnel, les équipements de détection et les systèmes informatiques dans les ports juxtaposés ». Et de proposer par exemple « l’installation d’un système intégré de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ANPR) » entre la France et l’Angleterre.
Les Soudanais sont nombreux à essayer de grimper dans des camions
Les passages par camions sont utilisés par certains réseaux de passeurs. Mais beaucoup sont aussi des migrants désargentés qui ne peuvent pas – ou plus – se payer un passeur pour obtenir une place sur un pneumatique. Généralement, les candidats sont soudanais. Ils patientent à des endroits stratégiques au bord de l’A16, sur des aires de parkings, ou marchent le long des voies en tentant leur chance à l’improviste.
Amjad, 17 ans, vit à Calais, dans un campement de fortune. Il a confié en novembre 2024 à InfoMigrants avoir tenté plus de 20 fois le passage par camion. Pour lui, ce sont pas les contrôles policiers mais les altercations violentes avec certains chauffeurs routiers qui posent problème. « Un jour, un conducteur a essayé de me rouler dessus », affirme-t-il. « Une autre fois, on m’a sorti d’un véhicule avec violence, on m’a balancé par terre ». Amjad rentre souvent dans son campement vers 3h du matin, épuisé par ses tentatives avortées. « Tous les jours, j’essaie. Evidemment qu’on sait que c’est risqué, mais c’est quoi l’autre option ? Les canot dans l’eau ? Vous avez de l’argent pour moi ? »
*Les autorités britanniques divisent les entrées illégales, hors « small boats » et « avions », en deux autres catégories : les « détections enregistrées au Royaume-Uni » et les « détections enregistrées dans les ports du Royaume-Uni ».
Le premier inclut les détections « desservis par des contrôles juxtaposés » [c’est-à-dire des contrôles de la Border force effectués sur le sol français, notamment dans les zones portuaires] ou encore dans le port de Douvres. Le second inclut les personnes détectées dans les ports « à bord de camions et de conteneurs » au Royaume-Uni seulement, les chiffres n’incluent pas les migrants détectés par les « contrôles juxtaposés ».
L’eurodéputé Grzegorz Braun, de la Confédération de la Couronne polonaise, fait à nouveau la une des journaux, cette fois pour avoir brûlé un drapeau de l’UE. Son geste fait suite à la levée de son immunité par l’Union européenne, ouvrant la voie à des poursuites pour discours de haine, notamment pour insulte à caractère religieux, en décembre 2023, lorsqu’il a utilisé un extincteur pour éteindre les bougies de Hanoukka à la Diète.
Le catholique nationaliste, connu pour ses opinions traditionalistes et monarchistes, ainsi que pour son antisémitisme virulent, a pénétré dans le bâtiment du ministère de l’Industrie à Katowice dans le cadre d’une intervention concernant la « liquidation des mines polonaises », rapporte Salon24 . Il a ensuite arraché le drapeau de l’UE et a commencé à quitter le bâtiment, avant de le jeter par terre et de s’essuyer les pieds dessus.
Lorsqu’un employé l’a réprimandé pour son comportement, Braun a répondu : « Ayez pitié de vous-même et si vous n’avez pas honte, craignez Dieu. »
« Nous sommes en Pologne, pas à Bruxelles. Nous n’afficherons pas les symboles d’organisations qui nous sont hostiles et qui, Dieu merci, n’ont pas de statut d’État ; c’est pourquoi ces emblèmes ne bénéficient d’aucune protection juridique », a poursuivi Braun.
Il a sorti le drapeau de l’UE, l’a jeté à nouveau par terre et y a mis le feu.
Braun a également posté le drapeau entier en train de partir en fumée sur son propre compte X, avec la légende : « À bas l’eurocommunisme ! Ici, c’est la Pologne. »
Le député européen est sur une lancée depuis qu’il a été évincé de la coalition Confédération Liberté et Indépendance pour s’être présenté comme candidat à la prochaine élection présidentielle, étant écarté au profit de Sławomir Mentzen (Nouvel Espoir).
Après sa récente débâcle lors d’un débat présidentiel, il a été inculpé de discours de haine, notamment pour avoir dénoncé la « judaïsation » de la Pologne. Auparavant, il avait pris en otage une médecin dans son cabinet pendant près d’une heure après qu’elle eut pratiqué ce qu’il qualifie d’avortement illégal.
Un incendie a visé le domicile d’un couple de surveillants pénitentiaires à Liancourt (Oise), dans la nuit de lundi à mardi. Aucune victime n’est à déplorer mais une enquête criminelle a été ouverte par le parquet de Beauvais.
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Un incendie a endommagé la façade d’une maison occupée par deux surveillants pénitentiaires à Liancourt (Oise), dans la nuit de lundi à mardi.
Les faits se sont produits aux alentours d’1 heure du matin. Le feu s’est déclaré depuis l’extérieur de l’habitation. Les militaires de la gendarmerie sont rapidement intervenus. « Les militaires de la gendarmerie sont intervenus cette nuit à Liancourt après avoir été informés qu’un départ de feu avait été constaté sur la façade d’une maison, dans laquelle deux locataires sont surveillants pénitentiaires. Une forte odeur d’essence a été sentie sur cette façade », selon Frédéric Trinh, procureur de la République de Beauvais, confirmant une information du Courrier Picard.
«Des bidons d’essence ont été retrouvés à proximité»
Aucun blessé n’est à déplorer, mais les dégâts matériels sont visibles. « La thèse criminelle ne fait aucun doute, des bidons d’essence ont été retrouvés à proximité du domicile », affirme Jérémy Jeanniot, secrétaire régional FO-Justice, à nos confrères. Le parquet de Beauvais a ouvert une enquête pour « dégradation d’un bien par un moyen dangereux pour les personnes, commise en raison de la qualité de personnes dépositaires de l’autorité publique ». Elle a été confiée à la brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Clermont.
🔥 Incendie criminel à Liancourt : soutien à nos collègues 🔥
Cette nuit, la maison d’un couple de surveillants pénitentiaires à Liancourt a été la cible d’un incendie volontaire. La piste criminelle ne fait aucun doute : des bidons d’essence ont été découverts à proximité du… pic.twitter.com/6BDcdwlYTr
Cet acte intervient dans un contexte de violences visant les personnels de l’administration pénitentiaire. Dans la nuit du 21 au 22 avril, la voiture d’un autre surveillant du centre pénitentiaire de Liancourt avait été dégradée par des tags portant l’inscription « DDPF » pour « Défense des droits des prisonniers français ». Une signature déjà observée à plusieurs reprises ces dernières semaines, dans des affaires similaires, notamment au nord d’Amiens (Somme), où une agente avait constaté un pneu crevé et les lettres « DD » taguées sur sa boîte aux lettres. Une autre enquête est en cours dans ce dossier.
En revanche, aucune inscription de ce type n’a été relevée à proximité de la maison incendiée à Liancourt la nuit dernière. « Il n’y a pas de tag qui permette de faire un lien évident avec les autres attaques même si ça fait peu de doute », précise Jérémy Jeanniot. Pour marquer leur solidarité, les agents du centre pénitentiaire de Liancourt ont retardé leur prise de service dans la matinée du mardi 6 mai.
Le gouvernement de coalition gauche-libéral de Roumanie semble au bord de l’effondrement après la large victoire du populiste George Simion au premier tour de l’élection présidentielle remaniée dimanche.
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Le Premier ministre social-démocrate roumain Marcel Ciolacu a annoncé lundi son intention de démissionner et a appelé son parti de gauche, les sociaux-démocrates (PSD), à se retirer du gouvernement de coalition récemment formé avec le Parti national libéral (PNL) mondialiste et l’Alliance démocratique des Hongrois (UDMR), socialement conservatrice, rapporte Digi24 .
Suite à l’annulation de la précédente élection présidentielle de novembre, qui avait vu le populiste Călin Georgescu banni après avoir remporté une victoire surprise au premier tour en raison d’une prétendue ingérence russe, une nouvelle élection a été déclenchée. George Simion, allié de Georgescu et autoproclamé « candidat MAGA », a dominé le premier tour dimanche, remportant 40,96 % des voix. Le maire de Bucarest, Nicusor Dan, est arrivé en deuxième position avec 20,99 %.
La coalition au pouvoir avait placé tous ses espoirs dans le président par intérim Crin Antonescu, du Parti national-libéral, tandis que les sociaux-démocrates avaient décidé de ne même pas présenter de candidat. Pourtant, Antonescu est arrivé troisième avec 20,07 % des voix, l’éliminant du second tour prévu le 18 mai.
Romania: According to final results, Simion (AUR–ECR) secured a sweeping victory, winning in nearly every county. Antonescu (PSD/PNL/UDMR – S&D|EPP) performed well in areas with a high proportion of ethnic Hungarians. While Dan (*–RE) won in just two key urban centres: Cluj and… pic.twitter.com/Lzudqacrju
S’exprimant avant d’entrer en réunion d’urgence du PSD à Bucarest, le Premier ministre Marcel Ciolacu a déclaré : « Compte tenu du vote des Roumains, je proposerai à mes collègues que le PSD quitte cette coalition. Si mes collègues votent pour la sortie de la coalition, je démissionnerai naturellement, en tant que Premier ministre de la coalition. »
Ciolacu a ajouté : « Aujourd’hui, après avoir vu le vote des Roumains et le fait que cette coalition n’a pas rempli ses objectifs, n’ayant donc aucune crédibilité après le vote des Roumains, je proposerai à mes collègues que le PSD quitte cette coalition. »
Selon Digi24, un Premier ministre par intérim sera probablement installé à partir du cabinet actuel, et après l’élection présidentielle, le prochain président sera chargé de négocier entre les partis parlementaires pour former un nouveau gouvernement.
L’effondrement du gouvernement dès le premier tour d’une élection présidentielle, un cas rare dans la politique parlementaire européenne, refléterait l’ampleur du soulèvement populiste dans le pays. La victoire de Simion a en effet été si large qu’il a presque doublé le score de son compatriote populiste Călin Georgescu lors des élections annulées de novembre.
Pourtant, le vote mondialiste pro-Bruxelles étant divisé entre le président Antonescu et le maire Dan, il est possible pour la faction néolibérale de remporter une victoire plus tard ce mois-ci si les gauchistes et les centristes se rallient autour de Dan, une tactique souvent déployée dans d’autres pays européens comme la France pour empêcher les populistes de prendre le pouvoir.
Cependant, Simion semble surfer sur une vague de colère à propos de la décision d’interdire à Georgescu de se présenter à la course, qui, selon les critiques, est le résultat de la pression des eurocrates à Bruxelles concernant son opposition à l’expansion de l’OTAN et à la guerre en Ukraine.
La candidate populiste française à la présidentielle, Marine Le Pen, qui risque elle aussi d’être bannie, a déclaré que « la Roumanie vient d’offrir à Mme von der Leyen [la présidente de la Commission européenne] un très joli boomerang », en soutenant Simion après l’interdiction de Georgescu.
Comme Georgescu, Simion s’est également opposé à ce que l’Occident continue de financer et d’armer Kiev, et a soutenu les efforts du président Donald Trump pour parvenir à un accord de paix afin de mettre fin au conflit dans l’Ukraine voisine.
Alors que Simion a été un critique virulent de Vladimir Poutine, qualifiant le dirigeant russe de « criminel de guerre » à cause de l’invasion de 2022, le populiste roumain s’est vu interdire l’entrée en Ukraine l’année dernière en raison de son opposition à l’envoi d’armes et de sa conviction que certaines parties de la Moldavie et du sud de l’Ukraine devraient être ramenées sous le contrôle de Bucarest, comme ce fut le cas pendant le Royaume de Roumanie dans l’entre-deux-guerres entre la Première et la Seconde Guerre mondiale.
Si Simion remportait les élections ce mois-ci, il rejoindrait le nombre croissant d’alliés du président Donald Trump au sein de l’Union européenne. Le mois dernier, l’homme politique roumain a déclaré à Breitbart News que si lui et le candidat polonais Karol Nawrocki remportaient leurs élections respectives ce mois-ci, ils seraient « des présidents pro-Trump, pro-liberté et opposés à la bureaucratie bruxelloise ».
Le gouvernement de gauche de la région n’a pas perdu de temps pour proposer l’interdiction, malgré l’absence de preuves juridiques pour la soutenir.
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Brême a franchi une ligne politique sans précédent en Allemagne. La cité-État, gouvernée par une coalition composée de sociaux-démocrates, de Verts et de la Gauche, est devenue la première région à plaider officiellement pour l’interdiction du parti populiste Alternative für Deutschland (AfD). Cette décision intervient malgré la deuxième place du parti aux élections fédérales de février et sa progression continue dans les sondages depuis.
La coalition dirigée par Andreas Bovenschulte, des sociaux-démocrates, veut cependant porter l’affaire devant la Cour constitutionnelle, avec le soutien du gouvernement fédéral et une offensive coordonnée au Bundesrat, la chambre haute du parlement allemand.
Tout cela est basé sur la récente classification de l’AfD comme groupe « d’extrême droite » par le service de renseignement allemand, le BfV. Une décision que l’AfD elle-même a déjà contestée devant les tribunaux , la dénonçant comme un cas de « persécution politique » déguisée en termes juridiques.
« Nous voulons éviter d’être accusés un jour d’avoir agi trop tard », a déclaré Mustafa Güngör, président du groupe parlementaire social-démocrate, lors de la présentation du projet de loi. Il a affirmé que l’AfD représentait une réelle menace pour l’ordre démocratique. L’enthousiasme à Brême est tel que tous les partis de la coalition ont signé la motion d’urgence sans hésitation, soulignant leur détermination à « maintenir la pression » pour interdire le parti politique qui connaît la plus forte croissance en Allemagne.
Cependant, d’autres dirigeants régionaux doutent de la pertinence de cette idée. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le président régional Hendrik Wüst, de la CDU (centre-droit), a insisté sur le fait qu’une interdiction n’est légitime que s’il existe des preuves juridiques irréfutables que le parti souhaite renverser l’ordre démocratique. En Bavière, Markus Söder, du parti conservateur CSU, a été catégorique : « Plutôt que d’interdire l’AfD, nous devons la vaincre politiquement. »
L’histoire allemande est riche d’enseignements sur les dangers d’ une réaction institutionnelle excessive . Les tentatives avortées d’interdire des partis, comme celle du Parti national-démocrate d’Allemagne (NPD), un parti authentiquement néonazi, ont montré à quel point la barre juridique est haute dans ces cas. Les déclarations politiques ou les classifications administratives ne suffisent pas ; il faut des preuves tangibles que le parti en question œuvre activement à la subversion de la démocratie. Pour l’AfD, la réalité semble tout autre : ceux qui tentent de subvertir la démocratie sont, en réalité, ceux qui cherchent à interdire des partis qui n’ont commis aucun autre crime que de s’opposer à l’establishment.
L’affaire de Hesse donne une idée du climat qui règne. Deux députés de l’AfD y ont été exclus à la dernière minute d’une mission officielle en Serbie et en Croatie. Le motif invoqué était que, le parti étant classé comme extrémiste , il était « inacceptable » qu’ils représentent l’État allemand à l’étranger. Les députés concernés ont parlé d’« hypocrisie » et dénoncé un nouvel épisode de marginalisation politique.
En politique, la tentation de recourir à la justice pour éliminer un adversaire peut paraître séduisante à court terme, mais elle a souvent des effets secondaires difficiles à contrôler. Interdire un parti, surtout si l’interdiction repose sur des preuves peu convaincantes, risque de renforcer encore davantage le soutien à ce parti.
Alors que la dirigeante du nouveau parti Identité Libertés continue d’affirmer sa loyauté envers Marine Le Pen, elle se forge soigneusement une identité politique propre.
Marion Maréchal, députée européenne et présidente du parti Identité Libertés (IdL), a choisi un lieu hautement symbolique pour son rassemblement de printemps : le village de Domrémy-la-Pucelle, ville natale de Jeanne d’Arc. Elle a ainsi souhaité se réapproprier un héritage conservateur que le Rassemblement national, son ancienne famille politique, a négligé.
Maréchal a rassemblé ses partisans le 1er mai. La date n’était pas un hasard : depuis 1988 , le Front national, ancêtre du Rassemblement national, organisait son défilé annuel ce jour-là pour célébrer la fête de Jeanne d’Arc, deuxième patronne de la France et figure emblématique de la droite nationale française. Tombé en désuétude sous Marine Le Pen et Jordan Bardella, le défilé est aujourd’hui relancé par la petite-fille du fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen.
Maréchal s’est rendue pour la première fois à Domrémy, le petit village lorrain où Jeanne d’Arc est née, lors de la campagne pour les élections européennes, alors qu’elle était encore tête de liste du parti d’Éric Zemmour, Reconquête, qu’elle a depuis quitté. Elle avait alors promis d’y revenir chaque année, et c’est chose faite, avec l’intention d’en faire un événement phare pour son jeune parti politique, Identité Libertés. « L’histoire de Jeanne d’Arc est comme une sublime comète dans le ciel de l’histoire de France. Elle est un symbole de lutte et d’espoir, des choses dont, je crois, les Français ont besoin aujourd’hui », a-t-elle déclaré en déposant une gerbe de lys au pied de la statue de la sainte et héroïne nationale.
Pour le RN, la petite Jeanne de Lorraine n’a plus le vent en poupe. « Nous avons changé de repère historique. C’est désormais moins Jeanne d’Arc que Richelieu ou de Gaulle », reconnaissait Philippe Olivier, conseiller spécial de Le Pen et oncle de Maréchal, le 1er mai 2023. Mais pour Maréchal, la symbolique de Jeanne est plus que jamais d’actualité, notamment ses qualités extraordinaires et féministes : « une femme, une guerrière, une commandeuse d’hommes », tenait à souligner Maréchal dans un sourire provocateur.
L’hommage à Jeanne n’est pas anodin et s’inscrit dans une guerre de symboles plus large qui oppose Identité Libertés au RN. Le RN de Marine Le Pen est accusé par une frange de l’électorat conservateur de tourner le dos à ses racines et à ses valeurs pour devenir un parti populiste sans âme – tandis que certains au RN accusent Maréchal de se complaire dans des clins d’œil au milieu « catholique intégriste », selon l’hebdomadaire de centre-droit Le Point .
Dans le contexte tendu de la condamnation de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens, cette guerre d’image prend une signification particulière, car si la dirigeante historique se retirait de la course à la présidentielle, une concurrence pourrait naître entre Bardella et Maréchal, tous deux issus de la même génération politique.
Bardella affiche quant à lui son intention d’envoyer des messages rassurants au cœur de l’électorat de Maréchal, comme en témoigne une vidéo qu’il a postée en hommage à Jeanne d’Arc : « L’exemple de Jeanne d’Arc nous montre que le mot « fatalisme » ne fait pas et ne doit jamais faire partie de notre vocabulaire », a-t-il expliqué en s’apprêtant à rassembler ses partisans à Narbonne , dans le sud, pour un grand meeting le 1er mai dans une ambiance bien différente de celle de Domrémy.
Pour l’instant, Maréchal reste cependant absolument fidèle à la candidature de Marine Le Pen dans son combat pour la justice – et ce jusqu’à nouvel ordre. « Je soutiens la candidature de Marine Le Pen. Il ne s’agit pas de remettre en cause sa succession aujourd’hui, mais de savoir comment elle pourra se présenter en 2027 et ainsi renverser cette décision injuste des juges, qui prive des millions de Français d’une représentation équitable », a déclaré Maréchal aux journalistes venus l’écouter à Domrémy. C’est la priorité aujourd’hui . Demain sera un autre jour.
Maîtrise de la langue française à l’écrit et à l’oral, examen civique, « exemplarité du parcours » du demandeur, « insertion professionnelle » sur cinq ans… Le ministre français de l’Intérieur a envoyé aux préfets une nouvelle circulaire qui vise à restreindre l’accès à la nationalité française pour les étrangers. « J’assume de durcir les critères (…) et j’assume de dire que c’est une circulaire d’assimilation », a déclaré Bruno Retailleau.
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« La jurisprudence établit la naturalisation non comme un droit, mais comme une décision souveraine du gouvernement », estime le ministre français de l’Intérieur. C’est en partant de ce principe que Bruno Retailleau a publié une nouvelle circulaire afin de restreindre l’accès à la nationalité française pour les étrangers.
« J’assume de durcir les critères (…) et j’assume de dire que c’est une circulaire d’assimilation », a déclaré Bruno Retailleau lors d’une conférence de presse, lundi 5 mai à Créteil, au sein de la préfecture du Val-de-Marne. « Devenir Français, ça doit se mériter et on doit être très très exigeant », a-t-il ajouté. « Nous faisons reposer la nationalité française et la citoyenneté française, non pas seulement sur l’ascendance, mais d’abord sur un sentiment d’appartenance ».
Le texte de cinq pages a été diffusé à l’ensemble des préfets par le ministre, tenant d’une ligne dure sur l’immigration et par ailleurs candidat à la présidence du parti de droite Les Républicains (LR). Une première sélection pour l’obtention de la nationalité est opérée par les préfectures : si le dossier de naturalisation est jugé favorable par ces services, il est ensuite transmis au ministère de l’Intérieur qui prend la décision finale. Un dossier jugé défavorable, lui, n’est pas envoyé place Beauvau.
« Exemplarité du parcours du demandeur »
La nouvelle circulaire, qui sera effective le 1er janvier 2026, insiste davantage sur les dispositions susceptibles de restreindre l’accès à la nationalité française mais sans bouleversement sur le fond.
Dans le détail, Bruno Retailleau s’appuie sur une disposition de la loi Darmanin de 2024 en demandant aux préfets de s’assurer du renforcement du niveau de maîtrise requis en langue française pour obtenir la naturalisation (examen de niveau B2 à l’oral et à l’écrit).
Idem pour l’adhésion aux valeurs de la République. « À compter du 1er janvier 2026 pour les premières demandes de carte de séjour pluriannuelle et de carte de résident, les demandeurs passeront un examen civique pour leur demande de naturalisation », précise la circulaire, révélée dimanche par Le Figaro.
En annexe du document est renseignée la charte des droits et des devoirs du citoyen français.
Le ministre liste également les éléments d’appréciation démontrant « l’exemplarité du parcours du demandeur ». Ainsi, Bruno Retailleau demande que les préfets privilégient « une décision de rejet » à toute personne condamnée à une peine égale ou supérieure à six mois de prison.
Manifestation contre la circulaire Retailleau portant sur les titres de séjour, à Paris, le 31 janvier 2025. Crédit : InfoMigrants
Les personnes sans papiers sont aussi visées dans la circulaire : « Vous sanctionnerez par une décision d’irrecevabilité les demandes des étrangers en situation irrégulière, ou qui ont fait l’objet d’un arrêté d’expulsion non expressément rapporté ou abrogé, ou d’une interdiction du territoire français non entièrement exécutée », réclame le ministre de l’Intérieur. En clair, le ministre demande que toutes les demandes des étrangers qui auraient été en situation irrégulière par le passé soit rejetées.
Enfin, l’autonomie du demandeur est en outre soulignée. Celle-ci doit se traduire par une « insertion professionnelle » sur cinq ans – un seuil rehaussé. L’administration pourra exiger un contrat de travail CDD de 24 mois ou CDI « de préférence », a indiqué le ministre lors de la conférence de presse. Le demandeur devra justifier de « ressources suffisantes et stables », hors prestations sociales (sauf pour les personnes malades ou en situation de handicap), insiste le document.
Les préfets sont tenus de faire un bilan dans trois mois au ministre de l’application de la circulaire.
En 2024, les acquisitions de la nationalité française par décret et par déclaration (mariage, ascendants et fratries) se sont élevées à 66 745, soit une hausse de 8,3 % par rapport à 2023, une augmentation qui s’explique par un rattrapage après une année 2023 marquée par des difficultés techniques, selon la direction générale des étrangers en France (DGEF) qui dépend du ministère de l’Intérieur.
Fin janvier, le ministre de l’Intérieur avait déjà durci les règles concernant l’obtention des cartes de séjour à titre exceptionnel des étrangers en situation irrégulière. Aussi appelée « admission exceptionnelle au séjour » (AES), de nombreux travailleurs sans-papiers comptent sur ce dispositif en France pour être régularisés.
Dans une circulaire envoyée aux préfets, Bruno Retailleau avait aussi insisté sur des « critères d’intégration » pour tous les demandeurs d’une AES. Désormais, les personnes ont l’obligation de signer un « contrat d’engagement du respect des principes républicains » et fournir une preuve avancée de maîtrise du français (un diplôme français ou bien une certification linguistique), ils ne doivent pas être sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Dans l’optique de délivrer des titres de séjour « au compte-gouttes », cette circulaire porte à « au moins sept ans » la durée de présence requise en France pour un étranger qui demande une régularisation via l’AES, contre cinq ou trois ans auparavant.
Les associations et des collectifs de travailleurs sans-papiers s’étaient alors insurgés contre ce texte qui va, selon eux, les maintenir dans la précarité.
Les dernières statistiques révèlent une augmentation alarmante des viols, atteignant 5 206 incidents en 2024, soit près du triple du chiffre signalé il y a six ans.
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L’Espagne a connu une augmentation alarmante des violences sexuelles ces dernières années, culminant avec un nombre record de viols, qui a atteint 5 206 incidents en 2024, selon de nouvelles statistiques officielles du ministère de l’Intérieur.
Avec une moyenne de 14 viols par jour dans tout le pays, ce chiffre est presque le triple des 1 878 cas signalés en 2019, où cinq incidents quotidiens étaient signalés. La tendance à la hausse est restée constante d’une année sur l’autre depuis 2018, à l’exception d’une brève baisse en 2020 due aux restrictions liées à la Covid-19.
Les analyses régionales montrent que des communes comme la Catalogne, Madrid et l’Andalousie enregistrent les chiffres les plus élevés, bien que des hausses aient été constatées dans toutes les régions d’Espagne. Les cas impliquant des mineurs, les agressions nocturnes et les agressions perpétrées par des groupes de délinquants sont également en hausse. La triste réalité que ces chiffres révèlent se traduit par le fait qu’une femme est violée toutes les heures et 45 minutes en Espagne.
En novembre dernier, Remix News a rapporté un rapport de La Rázon qui révélait que 91 pour cent des personnes condamnées pour viol en Catalogne étaient des étrangers, les immigrés ne représentant que 17 pour cent de la population totale de la région.
En ce qui concerne les agressions sexuelles et les viols combinés, 64,2 % des détenus sont des ressortissants étrangers.
Comme le rapporte El Español , l’augmentation rapide des violences sexuelles a submergé les unités de police spécialisées, telles que les Unités d’aide à la famille et aux femmes (UFAM) de la Police nationale et les Équipes femmes-mineurs (EMUME) de la Garde civile, qui font état d’un manque de personnel et de ressources. Les agents de ces unités indiquent travailler au-delà de leurs capacités, assumant souvent une charge de travail nettement supérieure à celle d’il y a dix ans, sans soutien, formation ni rémunération adéquats.
Les responsables gouvernementaux attribuent en partie cette augmentation au nombre croissant de femmes qui se manifestent et passent sous silence l’augmentation spectaculaire de l’immigration massive en Espagne au cours de la dernière décennie. Cependant, cette hausse continue soulève des questions difficiles quant à l’efficacité d’initiatives telles que la loi « Only Yes Means Yes », conçue spécifiquement pour lutter contre les violences sexuelles.
Elena Ramallo, une militante espagnole luttant contre la violence à l’égard des femmes, s’est rendue sur les réseaux sociaux pour critiquer le rapport d’El Español, qui n’aborde pas un facteur évident.
« Pas une seule référence dans tout l’article à l’identité des agresseurs », a-t-elle écrit.
Ni una sola referencia en todo el artículo a la identidad de los agresores.https://t.co/RX3tkFZ4Uc
Les syndicats de police ont toutefois cité de multiples facteurs contribuant à cette tendance, notamment ce qu’ils décrivent comme « l’influence de cultures qui dévalorisent les femmes », la dégradation des valeurs sociétales et la montée de la violence des gangs de jeunes. Ils ont appelé à des mesures préventives, telles que l’éducation au consentement et le renforcement des ressources policières pour faire face à l’épidémie.
Face à la pression publique et politique croissante, les appels se multiplient pour que le gouvernement espagnol renforce les réponses institutionnelles, non seulement par des campagnes symboliques, mais aussi en investissant massivement dans le personnel, la formation spécialisée et l’amélioration des initiatives de soutien aux victimes.