Les agriculteurs français crient à l’injustice face aux abattages forcés et à la répression policière qui exacerbent la colère rurale.

Les agriculteurs rebelles ne comprennent pas pourquoi des véhicules blindés leur sont envoyés et jamais aux émeutiers des banlieues.

3–5 minutes

Face à une épidémie de dermatite nodulaire contagieuse (DNC) qui touche les troupeaux de bovins dans plusieurs régions, les agriculteurs français expriment à nouveau leur mécontentement. Par mesure de précaution, certains sont contraints d’abattre leurs animaux en raison de la présence d’animaux infectés. Les autorités sanitaires rencontrent une forte résistance sur le terrain. Au-delà de la lutte contre l’épidémie elle-même, dont les méthodes font débat, une profonde colère monte dans les campagnes, les agriculteurs se sentant incompris, méprisés et maltraités par les pouvoirs publics.

Les premiers cas ont été identifiés durant l’été 2025 en Savoie. Puis, en décembre, des élevages bovins ont été touchés dans le sud-ouest, dans les départements de l’Ariège et de la Haute-Garonne. La maladie est complexe . Elle se transmet principalement par piqûres d’insectes. Sa longue période d’incubation la rend difficile à détecter. Sa morbidité est extrêmement variable : ce qui est vrai pour un troupeau ne l’est pas forcément pour le troupeau voisin.

La réponse des autorités face au risque d’épidémie consiste à abattre le troupeau dès qu’un cas est identifié et à étendre la vaccination aux zones infectées. Dans les exploitations agricoles, les éleveurs expriment leur frustration et leur colère face à une politique qu’ils jugent excessive. La stratégie recommandée demeure relativement modérée : pour l’instant, il n’est pas question de vaccination systématique du bétail, d’autant plus que la vaccination ne constitue pas une garantie absolue de la préservation du troupeau. Mais le malaise se situe ailleurs. Les éleveurs ne comprennent pas le déploiement massif des forces de l’ordre exigé par Paris pour lever les barrages. Le débat se politise et ne porte plus seulement sur le bien-fondé de la politique sanitaire face à l’épidémie. Des images de gendarmes prenant d’assaut une ferme en Ariège ont circulé , ralliant de nombreux opposants au gouvernement aux agriculteurs.

Depuis plusieurs jours, des blocages sont organisés sur les principaux axes routiers du sud-ouest de la France, avec des tracteurs et des campements. La Coordination rurale, jeune syndicat agricole en pleine expansion, soutient le mouvement, tout comme la Confédération paysanne : ensemble, elles représentent la moitié de la profession.

En France, l’opinion publique se mobilise en faveur des agriculteurs face à l’usage excessif de la force par la police contre un groupe social soutenu par la population. Pourquoi une telle fermeté alors que laxisme règne lors des émeutes en banlieue ? Les agriculteurs apparaissent comme des boucs émissaires idéaux, faciles à prendre pour cible sans crainte de conséquences sociales. Français de souche et blancs, à la tête de petites exploitations familiales, les agriculteurs visés par la répression sont devenus les symboles d’une France qui agonise sous le poids de décisions irréfléchies prises par des élites déracinées. Des images poignantes circulent sur les réseaux sociaux, montrant des agriculteurs en larmes retirant les clochettes du cou de leurs vaches, qu’ils devront envoyer à l’abattoir – des animaux qu’ils connaissent par leur nom, qu’ils ont sélectionnés, aidés à mettre au monde et entourés de soins et d’affection.

À droite, nombreux sont ceux qui apportent un soutien symbolique aux agriculteurs ainsi persécutés. Céline Imart, eurodéputée Les Républicains (LR) et elle-même agricultrice, l’explique ainsi dans une tribune publiée par Le Figaro : 

Des troupeaux massacrés, des véhicules blindés déployés, des gaz lacrymogènes utilisés contre des agriculteurs déjà au bord de la ruine. La gestion de crise a été si humainement inadéquate et le soutien aux agriculteurs touchés si désastreux qu’il donne l’impression que l’État ne sait plus répondre à la détresse qu’il n’entend plus qu’en recourant à la force. Lorsqu’un pays prétend aimer son agriculture mais n’envoie que la police, le problème n’est plus tant la maladie que l’État lui-même.

L’eurodéputée Marion Maréchal a fermement dénoncé sur son compte X le double standard imposé aux agriculteurs : « Ceux dont le travail est de protéger le peuple français n’ont pas à s’immiscer dans les affaires de ceux dont le travail est de le nourrir. »

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, se rendra dans le sud-ouest du pays le lundi 15 décembre pour tenter de contenir la colère et la mobilisation rurale qui se propagent et s’intensifient.

La crise de la dermatose nodulaire exacerbe les tensions déjà présentes autour de l’accord commercial du Mercosur, auquel les agriculteurs français s’opposent fermement. Bien qu’Emmanuel Macron ait donné l’impression d’ être opposé à cet accord et d’écouter les agriculteurs, cherchant même à en retarder la mise en œuvre, il apparaît de plus en plus évident qu’il ne dispose pas réellement des moyens de s’opposer à un accord voté au niveau européen et qui mettra en péril les agriculteurs français en les soumettant à une concurrence féroce d’une agriculture aux normes fortement dégradées.

Voir l’article original cliquez ci-dessous :

Voir l’article


Les agriculteurs français de retour dans la rue alors que les négociations avec le Mercosur attisent le mécontentement

Les agriculteurs manifesteront lundi dans toute la France alors que la perspective d’un accord commercial entre les pays européens et ceux du Mercosur accentue le mécontentement face à la concurrence étrangère qui a alimenté une crise agricole en début d’année.

La volonté de l’Union européenne et du bloc sud-américain Mercosur de conclure d’ici la fin de l’année des négociations commerciales de longue date a ravivé la colère en France. Une frustration similaire a été exprimée par les agriculteurs de toute l’Europe l’hiver dernier après une augmentation des importations en provenance d’Ukraine suite à l’invasion russe.

Mais l’ambiance en France s’est encore dégradée, après que les pluies ont affecté les récoltes , que le bétail a été frappé par des épidémies et que des élections parlementaires ont retardé les mesures promises pour désamorcer les manifestations précédentes, qui ont vu les agriculteurs bloquer les autoroutes pendant des semaines. »On a les mêmes revendications qu’en janvier, rien n’a changé », explique Armelle Fraiture, dans sa ferme laitière au nord de Paris. « Il faut faire comprendre au gouvernement que ça suffit ».

Alors que les agriculteurs sont confrontés à des importations moins chères, à des réglementations contraignantes et à de maigres revenus, un accord avec le Mercosur représenterait une « cerise sur le gâteau » amère, a déclaré dimanche à BFM TV Arnaud Rousseau, président du principal syndicat agricole français, la FNSEA.

Des dizaines de milliers d’exploitations agricoles en France, premier producteur agricole de l’UE, sont en difficulté financière, a-t-il déclaré. Les agriculteurs français craignent qu’un accord avec le Mercosur n’entraîne une augmentation de la production de bœuf, de poulet, de sucre et de maïs en provenance du Brésil et d’Argentine, des pays qui, selon eux, utilisent des pesticides sur les cultures et des antibiotiques pour la croissance du bétail, interdits en Europe. Les agriculteurs organiseront des rassemblements lundi et mardi, principalement devant les bâtiments gouvernementaux, dans le cadre des 

manifestations prévues jusqu’à la mi-décembre, a déclaré Rousseau. En amont de cette action nationale, un petit groupe d’agriculteurs équipés de tracteurs a bloqué dimanche soir un côté d’une autoroute près de Paris, affichant des slogans tels que « N’importons pas l’agriculture dont nous ne voulons pas ».Le président Emmanuel Macron a réitéré dimanche son 

opposition à un accord avec le Mercosur tel que proposé. Mais la France n’ayant pas d’alliés européens dans les négociations du Mercosur et les griefs ruraux étant profonds, les autorités pourraient avoir du mal à apaiser les agriculteurs.« Nous savons que nous allons sortir (pour protester), mais nous ne savons pas quand nous reviendrons », a déclaré Fraiture.

Voir l’article source cliquez ci-dessous :

Voir l’article

Aller à l’accueil