Par John Mac Ghlionn
La consommation de cannabis chez les jeunes aux États-Unis est en hausse. Des données récentes montrent que 52 millions de personnes âgées de 12 ans et plus ont déclaré consommer cette drogue. Depuis le début du XXIe siècle , la consommation de cannabis chez les adolescents a augmenté de 245 % .

Cette tendance est particulièrement préoccupante à la lumière d’ une nouvelle étude publiée dans la revue Psychological Medicine , qui révèle que les adolescents qui consomment du cannabis présentent un risque onze fois plus élevé de développer un trouble psychotique que ceux qui n’en consomment pas. Ce résultat met en évidence les risques potentiels pour la santé mentale associés à la consommation de cannabis chez les adolescents, suggérant que le lien pourrait être considérablement plus fort qu’on ne le pensait auparavant.
Cette étude intervient alors que la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine a récemment annoncé qu’elle reclasserait le cannabis comme drogue moins dangereuse . Si l’administration Biden met en œuvre cette mesure comme prévu en novembre, ce changement de classification soulignerait les applications médicales du cannabis et établirait comme politique que le cannabis présente un potentiel d’abus inférieur à celui de certaines des drogues les plus dangereuses du pays.
Le cannabis contient de nombreux composés chimiques appelés cannabinoïdes, dont le tétrahydrocannabinol (THC), principalement connu pour ses effets psychoactifs. Le THC, qui interagit avec le système endocannabinoïde du cerveau, est la principale substance responsable de l’effet euphorisant ressenti par les consommateurs. Le THC affecte l’humeur, la perception et diverses fonctions cognitives. Un autre cannabinoïde majeur est le cannabidiol (CBD), non psychoactif et souvent vanté pour ses bienfaits thérapeutiques potentiels. Cependant, des recherches récentes suggèrent que le CBD est, au mieux, inutile et potentiellement nocif.
Ces dernières décennies, la puissance du cannabis a considérablement augmenté, notamment en termes de teneur en THC. Il y a trente ans, la teneur moyenne en THC du cannabis était d’environ 1 %. En revanche, les variétés modernes peuvent contenir jusqu’à 20 % de THC, et certains extraits peuvent même dépasser 90 %. Cela est dû à des techniques de culture avancées et à des processus de sélection. Le risque d’effets indésirables plus graves et plus répandus sur la santé, en particulier chez les jeunes consommateurs dont le cerveau est encore en développement, a suscité des inquiétudes parmi les professionnels de santé en raison de cette augmentation spectaculaire de la puissance.
Les chercheurs de l’ étude Psychological Medicine ont examiné les dossiers médicaux de plus de 11 000 jeunes en Ontario, au Canada. Ces dossiers comprenaient notamment des renseignements sur les visites aux urgences, les hospitalisations et les consultations externes. Les données sur les services de santé proviennent de l’ICES, tandis que les données d’enquête proviennent des cycles de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) de 2009 à 2012.
L’échantillon était composé de résidents de l’Ontario âgés de 12 à 24 ans non institutionnalisés. Afin de garantir la précision de leurs résultats, les chercheurs ont exclu les répondants ayant eu recours aux services de santé pour des troubles psychotiques au cours des six années précédant leur entrevue d’enquête. Cette exclusion visait à atténuer le risque de causalité inverse, où les personnes auraient commencé à consommer du cannabis en automédication pour des symptômes psychotiques préexistants. On a demandé aux répondants s’ils avaient déjà consommé du cannabis et, le cas échéant, s’ils en avaient consommé au cours de la dernière année. Le moment de la première consultation externe, du premier passage aux urgences ou de la première hospitalisation associée à un trouble psychotique était le principal critère d’évaluation. Afin d’isoler l’impact de la consommation de cannabis sur le développement des troubles psychotiques, les chercheurs ont également pris en compte divers facteurs de confusion sociodémographiques et liés à la consommation de substances.
Les résultats ont été frappants.
Comparativement aux non-consommateurs, les adolescents ayant déclaré avoir consommé du cannabis au cours de l’année précédente présentaient un risque plus de onze fois plus élevé de recevoir un diagnostic de trouble psychotique. Ce risque accru n’a pas été observé chez les jeunes adultes de 20 à 24 ans, ce qui suggère que l’adolescence est une période particulièrement vulnérable aux effets du cannabis sur la santé mentale.
Les données indiquent également qu’une majorité d’adolescents diagnostiqués avec un trouble psychotique avaient également des antécédents de consommation de cannabis. Plus précisément, 80 % des adolescents hospitalisés ou consultés aux urgences pour un trouble psychotique avaient déjà déclaré avoir consommé du cannabis. Cette étude éclairante accrédite la théorie neurodéveloppementale selon laquelle le cerveau des adolescents est particulièrement sensible aux effets du cannabis, qui peut perturber son développement normal et augmenter le risque de complications mentales graves. En clair, les troubles psychotiques sont des affections mentales qui entraînent une perte de contact avec la réalité. La schizophrénie, par exemple, est l’un des troubles psychotiques les plus fréquents chez les jeunes. Ce trouble rend difficile la distinction entre le réel et l’illusoire. Ils peuvent entendre des voix ou voir des choses qui n’existent pas, croire des choses qui ne sont pas vraies et avoir des difficultés à penser clairement ou à gérer leurs émotions.
Le trouble lié à la consommation de cannabis – la poursuite de la consommation malgré des effets négatifs majeurs sur la vie – est terriblement fréquent . L’administration Biden semble ignorer que le cannabis est aujourd’hui radicalement plus puissant qu’il ne l’était autrefois. La teneur accrue en THC, fréquente dans le cannabis actuel, peut considérablement affecter le fonctionnement normal du cerveau. De plus, le lien entre taux élevés de THC et psychose est particulièrement fort chez les jeunes.
Compte tenu de la crise de santé mentale déjà importante à laquelle le pays est confronté, des variétés plus fortes de cannabis risquent d’exacerber des problèmes comme la psychose et la schizophrénie, en particulier chez les jeunes. L’administration Biden doit en être consciente. Le cannabis actuel ne se contente pas d’altérer temporairement les esprits ; il les perturbe d’une manière que nous commençons à peine à comprendre.
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