- Le Rassemblement national d’extrême droite veut davantage de concessions budgétaires
- L’impasse pourrait dégénérer lundi au Parlement
- Barnier a besoin du soutien de l’extrême droite pour survivre au vote de défiance

PARIS, 1er décembre (Reuters) – Le Premier ministre français Michel Barnier doit faire de nouvelles concessions budgétaires pour éviter une motion de censure qui pourrait renverser son gouvernement, a déclaré dimanche la députée Rassemblement national Marine Le Pen.
Le Pen a donné à Barnier jusqu’à lundi pour céder aux exigences budgétaires du Rassemblement national (RN) ou faire face à la menace d’un soutien à une motion de censure contre son gouvernement, ce qui entraînerait sa chute.
« Un vote contre (le gouvernement) n’est pas inévitable. Il suffit à Barnier d’accepter de négocier », a déclaré Marine Le Pen dans un entretien au journal La Tribune.« Il y a eu des discussions au cours des deux dernières semaines, mais il est clair que les choses n’ont pas avancé comme nous l’aurions souhaité », a-t-elle ajouté.Barnier a déjà abandonné la semaine dernière un projet d’augmentation de la taxe sur l’électricité, mais le RN veut aussi qu’il augmente les retraites en fonction de l’inflation alors qu’il avait pour objectif d’en augmenter certaines moins que l’inflation pour faire des économies.
Le RN est également mécontent de la possible augmentation des taxes sur l’essence par le gouvernement et souhaite, entre autres revendications, une réduction de la contribution de la France au budget de l’Union européenne.
L’impasse pourrait atteindre son paroxysme dès lundi si Barnier doit utiliser des pouvoirs constitutionnels agressifs pour imposer l’adoption d’un projet de loi sur le financement de la sécurité sociale, ce qui déclencherait inévitablement une motion de censure de la gauche.
Pour survivre au vote dans une Chambre basse divisée, Barnier a besoin que le RN s’abstienne, sinon son gouvernement et le projet de loi de finances pourraient tomber, plongeant la France dans une profonde crise politique.
Le ministre des Finances, Antoine Armand, a prévenu dans le Journal du Dimanche qu’il faudrait adopter une loi spéciale d’urgence pour garantir qu’il y aura un budget en début d’année.
Mais il ne pourrait que reconduire les limites de dépenses et les dispositions fiscales de cette année, ce qui signifie que les retraites seraient réduites et les seuils d’imposition augmenteraient pour 17 millions de personnes, car aucun des deux ne pourrait être ajusté à l’inflation. L’incertitude croissante sur le budget français et l’avenir de son gouvernement a mis la dette et les actions françaises sous pression, poussant la prime de risque sur les obligations du gouvernement à un sommet de plus de 12 ans la semaine dernière.
Standard & Poor’s a offert un certain soulagement vendredi, laissant inchangée sa note AA- sur la dette française, tout en émettant des doutes sur la capacité de la France à respecter les objectifs de réduction du déficit du gouvernement.
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