Le Pen demande à Barnier de négocier ou d’être renversé

  • Le Rassemblement national d’extrême droite veut davantage de concessions budgétaires
  • L’impasse pourrait dégénérer lundi au Parlement
  • Barnier a besoin du soutien de l’extrême droite pour survivre au vote de défiance

Marine Le Pen, Paris, 1er octobre 2024. REUTERS/Sarah Meyssonnier

PARIS, 1er décembre (Reuters) – Le Premier ministre français Michel Barnier doit faire de nouvelles concessions budgétaires pour éviter une motion de censure qui pourrait renverser son gouvernement, a déclaré dimanche la députée Rassemblement national Marine Le Pen.

Le Pen a donné à Barnier jusqu’à lundi pour céder aux exigences budgétaires du Rassemblement national (RN) ou faire face à la menace d’un soutien à une motion de censure contre son gouvernement, ce qui entraînerait sa chute.

« Un vote contre (le gouvernement) n’est pas inévitable. Il suffit à Barnier d’accepter de négocier », a déclaré Marine Le Pen dans un entretien au journal La Tribune.« Il y a eu des discussions au cours des deux dernières semaines, mais il est clair que les choses n’ont pas avancé comme nous l’aurions souhaité », a-t-elle ajouté.Barnier a déjà abandonné la semaine dernière un projet d’augmentation de la taxe sur l’électricité, mais le RN veut aussi qu’il augmente les retraites en fonction de l’inflation alors qu’il avait pour objectif d’en augmenter certaines moins que l’inflation pour faire des économies.

Le RN est également mécontent de la possible augmentation des taxes sur l’essence par le gouvernement et souhaite, entre autres revendications, une réduction de la contribution de la France au budget de l’Union européenne.

L’impasse pourrait atteindre son paroxysme dès lundi si Barnier doit utiliser des pouvoirs constitutionnels agressifs pour imposer l’adoption d’un projet de loi sur le financement de la sécurité sociale, ce qui déclencherait inévitablement une motion de censure de la gauche.

Pour survivre au vote dans une Chambre basse divisée, Barnier a besoin que le RN s’abstienne, sinon son gouvernement et le projet de loi de finances pourraient tomber, plongeant la France dans une profonde crise politique.

Le ministre des Finances, Antoine Armand, a prévenu dans le Journal du Dimanche qu’il faudrait adopter une loi spéciale d’urgence pour garantir qu’il y aura un budget en début d’année.

Mais il ne pourrait que reconduire les limites de dépenses et les dispositions fiscales de cette année, ce qui signifie que les retraites seraient réduites et les seuils d’imposition augmenteraient pour 17 millions de personnes, car aucun des deux ne pourrait être ajusté à l’inflation. L’incertitude croissante sur le budget français et l’avenir de son gouvernement a mis la dette et les actions françaises sous pression, poussant la prime de risque sur les obligations du gouvernement à un sommet de plus de 12 ans la semaine dernière.

Standard & Poor’s a offert un certain soulagement vendredi, laissant inchangée sa note AA- sur la dette française, tout en émettant des doutes sur la capacité de la France à respecter les objectifs de réduction du déficit du gouvernement.

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La majorité des Français souhaite la chute du gouvernement Barnier, ce qui compromettrait les négociations budgétaires

Trois mois après sa nomination, le Premier ministre français Michel Barnier fait face à une opposition croissante.

Une majorité de citoyens français souhaite la chute de son gouvernement, ce qui le fragilise alors qu’il entame une série de consultations pour tenter de trouver des compromis sur le budget.

Un sondage Ipsos pour La Tribune Dimanche publié le 25 novembre révèle que 53 % des Français sont favorables à une motion de censure exprimant une forte désapprobation du gouvernement, soutenue par 88 % de La France insoumise (LFI), tandis que les macronistes s’y opposent.

Il convient de noter que 67 % des électeurs du Rassemblement national (RN) souhaitent renverser le gouvernement, ce qui pourrait pousser la cheffe de facto du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, à agir, alors qu’elle est sous pression juridique concernant un détournement présumé de fonds de l’Union européenne.

Alors qu’une majorité de Français souhaite la chute du gouvernement, la popularité de Barnier a chuté de quatre points en novembre.

Environ 45% des sondés se disaient satisfaits de lui lors de sa prise de fonction en septembre, contre 40% en octobre et 36% aujourd’hui, selon le sondage Ifop pour le Journal du Dimanche.

Parmi les groupes les plus mécontents figurent les ouvriers, mais aussi les fonctionnaires, les chômeurs, les partisans de La France Insoumise et du Rassemblement national.

Les partis d’opposition menacent de renverser le gouvernement alors qu’il cherche à approuver le budget du pays.

Le RN avait précédemment prévenu qu’il était prêt à prendre des mesures qui pourraient conduire à la chute de l’administration si nécessaire.

Après une réunion avec Barnier le 25 novembre, le parti de Le Pen pourrait agir si le budget reste inchangé.

Elle a déclaré aux journalistes : « J’ai répété au Premier ministre pour la énième fois les lignes rouges qui sont les nôtres. Les mesures pour le pouvoir d’achat des Français ne sont pas admissibles pour nous, alors que les économies nécessaires, notamment sur l’immigration, ne sont pas faites »

Le LFI est allé plus loin en demandant au président français Emmanuel Macron de démissionner si les députés votaient pour la chute de Barnier.

Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, s’est dite confiante le 24 novembre quant à la chute du gouvernement et a soutenu que Macron n’aurait pas d’autre choix que de démissionner.

« Quand le gouvernement Barnier tombera — car il tombera —, Emmanuel Macron n’aura que deux options : nommer Lucie Castets, candidate de l’alliance de gauche à la tête du gouvernement, ou présenter sa démission au peuple français », a-t-elle déclaré.

RN avait déjà déposé une demande de destitution contre le président.

Si Macron devait démissionner, une élection présidentielle anticipée serait convoquée dans les 35 jours et Gérard Larcher, président du Sénat, deviendrait président par intérim.

Un tel scénario est peut-être encore loin. En juin dernier, Macron avait catégoriquement exclu toute possibilité de démission.

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