Les eaux usées belges révèlent une augmentation de la consommation illicite de kétamine, avec des niveaux désormais jusqu’à 11 fois plus élevés qu’il y a dix ans, selon un nouveau rapport.

L’étude intitulée « Utilisation de la kétamine en Belgique : épidémiologie et surveillance basées sur les eaux usées », publiée le 24 février, dresse un tableau inquiétant.
L’analyse menée entre 2020 et 2023 dans 26 localités suggère que la consommation en Belgique de cette drogue psychoactive médicalement utilisée comme traitement de la dépression et de la gestion de la douleur était sept à onze fois plus élevée qu’en 2012.
Des chercheurs du Centre de toxicologie de l’Université d’Anvers ont constaté que la consommation de kétamine s’était étendue au-delà des grandes villes.
« C’est un mythe de penser que la kétamine est un problème propre aux grandes villes. Nos données montrent qu’elle est répandue en Flandre et à Bruxelles », a déclaré Natan Van Wichelen, l’un des principaux chercheurs de l’étude.
La kétamine, autrefois principalement associée au monde des clubs, est désormais utilisée tout au long de la semaine, et pas seulement le week-end, selon les résultats de l’étude.
« Bien que la kétamine soit toujours une drogue de fête, elle est devenue davantage intégrée à la vie quotidienne », a déclaré Van Wichelen.
« Nous constatons des pics de consommation de certaines drogues pendant les vacances ou les festivals, mais la kétamine est utilisée de manière constante, à la fois dans les fêtes et en dehors. »
L’augmentation de la consommation de kétamine au cours des dernières années positionne la Belgique comme le premier consommateur de cette drogue dans l’Union européenne.
Sa popularité croissante l’a placé aux côtés des drogues traditionnelles telles que la cocaïne, la MDMA/ecstasy et le cannabis.
Selon une étude de Sciensano de 2023, la kétamine était la quatrième drogue illégale la plus couramment utilisée dans le pays.
L’ enquête a révélé que près de 30 % des personnes ayant consommé des substances illégales cette année-là avaient également consommé de la kétamine.
Les autorités doivent désormais faire face aux conséquences de cette tendance alarmante.
Le 14 février, les médias belges ont rapporté que la police bruxelloise avait saisi 27 kilos de kétamine lors d’un raid dans les quartiers nord de Schaerbeek, Evere et Saint-Josse-ten-Noode à Bruxelles.
La ville est également le théâtre d’une guerre contre la drogue depuis le début de cette année, avec de multiples fusillades dans la capitale.
« Une guerre de la drogue fait rage entre bandes criminelles à Bruxelles », explique le procureur de la République de Bruxelles Julien Moinil.
Lorsqu’elle est mal utilisée, la kétamine peut provoquer des hallucinations intenses, une dissociation, avec de graves risques pour la santé tels que le manque d’oxygène, la perte de connaissance et même un arrêt cardiaque, en particulier lorsqu’elle est associée à de l’alcool ou à d’autres drogues.
La drogue est généralement sniffée, mais elle peut également être injectée ou mélangée à d’autres substances illégales.

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