De nouveaux sondages en France montrent que le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, gagne du terrain, surpassant même son mentor politique et chef de facto du parti, Marine Le Pen.

Si les résultats sont globalement positifs pour le RN à deux ans des élections présidentielles françaises, la popularité croissante de Bardella pourrait attiser les tensions au sein du parti, d’autant plus que Le Pen, longtemps positionnée comme sa favorite, s’est vu interdire de se présenter par une décision de justice.
Le Pen et Bardella ont tous deux obtenu des intentions de vote au premier tour entre 32 et 35 % dans de nombreux scénarios.
Bardella, âgé de seulement 29 ans, apparaît comme un redoutable candidat au second tour, selon le nouveau sondage IFOP publié le 5 mai.
D’autres sondages suggèrent même qu’il pourrait gagner avec une marge significative face à des personnalités centristes comme l’ancien Premier ministre et fondateur du parti Horizons, Édouard Philippe, ou son collègue, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal du parti Renaissance.
Dans les confrontations directes, Bardella était pressenti pour battre Attal (52 pour cent contre 48 pour cent) et le ministre de l’Intérieur du parti Les Républicains Bruno Retailleau (53 pour cent contre 47 pour cent), tout en étant à égalité avec Philippe.
En revanche, Le Pen, testée seulement face à Philippe, perdrait, 48% contre 52%.
Cette évolution était potentiellement explosive politiquement. Marine Le Pen a passé des décennies à remodeler le RN, allant même jusqu’à évincer son propre père du parti pour y parvenir, tout en se positionnant comme une candidate légitime à la présidentielle.
Ses perspectives pour 2027 ont été compromises en raison de sa condamnation pour détournement de fonds de l’Union européenne le 31 mars, ce qui lui a valu une interdiction de cinq ans d’exercer une fonction publique dans l’attente d’un appel à l’été 2026.
Bien que les responsables du parti aient publiquement affirmé qu’elle restait leur candidate préférée et exprimé leur confiance dans son attrait, les chiffres de sondage de Bardella pourraient amener certains à reconsidérer leur décision.
Au centre-droit, Retailleau a été le candidat le plus performant des Républicains, mais aurait du mal à dépasser les 10 % si Philippe entrait dans la course.
La gauche est restée fragmentée. Deux personnalités – le chef de file de facto de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, et l’eurodéputé et membre du parti Place Publique, Raphaël Glucksmann, ou le député de gauche François Ruffin – semblaient capables d’avoir un impact.
Selon le sondage IFOP, dans un scénario Mélenchon contre Glucksmann, Glucksmann mène légèrement (15 % contre 13 %). Dans le scénario Mélenchon contre Ruffin, il a une faible avance (12 % contre 10 %).
La volatilité reste néanmoins élevée : environ 28 % des personnes interrogées ont déclaré ne pas avoir l’intention de voter au second tour de l’élection présidentielle. La robustesse de l’enquête IFOP est soulignée par la taille importante de son échantillon, environ 10 000 participants.
L’attrait de Bardella réside dans sa jeunesse, sa maîtrise des médias et sa capacité à toucher les jeunes électeurs. Sensation TikTok avec des millions d’abonnés, il a contribué à moderniser l’image du RN. Son origine ouvrière de la banlieue parisienne a renforcé son statut d’outsider dans un paysage politique souvent dominé par les élites.
Ses critiques ont cependant averti que son manque d’expérience – il n’a jamais occupé de poste important – pourrait s’avérer un handicap dans une campagne présidentielle.
Alors que Le Pen a passé des décennies à construire un capital politique, l’ascension rapide de Bardella peut être considérée comme prématurée.
Néanmoins, le RN était désormais plus proche que jamais de l’Élysée, poussé par les préoccupations publiques concernant l’immigration, la sécurité et l’économie.
Mais le second tour reste le principal obstacle pour le parti, le traditionnel « front républicain » français, une large alliance anti-RN, étant toujours capable de bloquer une présidence de droite.
Certains observateurs français ont émis l’hypothèse que le sondage avait été réalisé intentionnellement avec cette discorde à l’esprit, puisqu’il avait été commandé par le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin.
Selon le Journal du Dimanche du 3 mai, les tensions au sein du RN étaient déjà à leur comble avant le sondage.
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