PARIS, 28 mars (Reuters) – Le Conseil constitutionnel français a statué vendredi que les élus locaux peuvent être immédiatement exclus de leurs fonctions s’ils sont reconnus coupables d’un crime, laissant la porte ouverte à une éventuelle exclusion de la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen de la course à la présidentielle de 2027.

Le conseil a rendu sa décision dans une affaire qui n’impliquait pas Le Pen, mais sa décision signifie qu’elle risque de ne pas pouvoir se présenter à la présidence en 2027 si elle est reconnue coupable dans un procès pour détournement de fonds qui se termine lundi.
Les procureurs du procès pour détournement de fonds ont requis l’interdiction d’exercer des fonctions publiques pour cinq ans contre la dirigeante du Rassemblement national (RN). Cette interdiction, dite « d’exécution provisoire », serait effective immédiatement, même si elle faisait appel.
Marine Le Pen, en tête des sondages pour l’élection de 2027, a nié tout acte répréhensible et accuse les procureurs de chercher à la « mettre à mort politiquement ».
Robin Binsard, avocat représentant un homme politique radié du barreau, a déclaré que la décision du Conseil constitutionnel de vendredi était négative pour Le Pen car « les juges conservent la possibilité d’ordonner l’inéligibilité avec exécution provisoire ».
Dans l’affaire de vendredi, le conseil a rejeté la contestation d’un conseiller municipal radié de l’ordre de l’archipel de Mayotte qui contestait la légalité d’une interdiction d’exécution provisoire qui lui avait été imposée.
Dans sa décision, le conseil a déclaré que l’exécution provisoire d’une peine d’inéligibilité ne portait pas atteinte aux droits à la liberté d’expression et était donc légale.
Anticor, une association française de lutte contre la corruption, a déclaré que de telles interdictions étaient « l’un des moyens les plus efficaces pour écarter de la vie publique les élus qui ont gravement porté atteinte à la démocratie ». »Cette décision bienvenue intervient dans un contexte de défiance croissante de certains dirigeants politiques envers l’autorité judiciaire, ce qui pourrait porter atteinte à l’Etat de droit », a-t-il ajouté.
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