Le Danemark, qui accède à la tête de la présidence de l’UE, veut encore durcir la politique migratoire européenne

Le Danemark, qui prendra le 1er juillet la présidence du Conseil de l’Union européenne (UE) pour une durée de six mois, entend profiter de l’occasion pour pousser ses pions et durcir encore le traitement des demandeurs d’asile et les recours en justice. Mais Copenhague a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

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La politique migratoire « est liée à la sécurité (…) nous devons avoir une Europe plus sûre, stable et robuste, et cela n’est pas vraiment le cas si nous ne contrôlons pas les flux vers l’Europe », a déclaré la ministre danoise des Affaires européennes Marie Bjerre, lors de la présentation des priorités de la future présidence du Danemark.

À partir du 1er juillet, Copenhague prendra pour six mois la présidence de l’Union européenne (UE) et veut utiliser son mandat pour renforcer encore sa ligne dure sur les questions migratoires.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a annoncé la couleur lors d’un récent déplacement à Berlin et entend s’activer sur deux fronts : l’externalisation des demandes d’asile et la restriction de la portée des arrêts de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

« Nous avons besoin de nouvelles solutions pour réduire l’afflux en Europe et pour renvoyer efficacement ceux qui n’ont pas le droit de rester dans nos pays », a-t-elle dit face au chancelier Friedrich Merz qui vantait le « modèle » danois.

« Zéro » réfugié

Le Danemark, où la part de personnes d’origine étrangère est passée de 3,3% à 16,3% entre 1985 et 2025, justifie sa volonté de limiter l’accueil des migrants par le maintien d’un État providence généreux. En parallèle, son besoin de main-d’œuvre étrangère a bondi, le nombre de permis de travail accordés doublant en moins de dix ans, mais ceux-ci peuvent être rapidement révoqués.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, à Berlin, le 11 juin 2025. Crédit : Reuters

Chantre de l’accueil de « zéro » réfugié, le Danemark a accepté 860 demandes en 2024, soit près de 13 fois moins qu’en 2015, et Mette Frederiksen défend l’externalisation des demandes d’asile et de leurs demandeurs.



Il y a deux ans, son gouvernement avait suspendu son projet de transférer ses demandeurs d’asile hors d’Europe, possiblement au Rwanda. Bien que les essais d’externalisation par des États européens aient tous échoué, « il [devrait] y avoir une tentative européenne de faire quelque chose sur le sujet » pendant la présidence danoise, souligne à l’AFP Michala Bendixen, présidente de l’organisation « Refugees Welcome ».

Sur un autre front, le Danemark s’est associé à l’Italie et sept autres pays pour demander une réinterprétation de la Convention européenne des droits de l’Homme sur les migrations, arguant qu’elle protégeait parfois « les mauvaises personnes ».

Une marge de manœuvre limitée

Mais le Danemark a-t-il les moyens de ses ambitions européennes ? Rien n’est moins sûr, selon les spécialistes.

Déjà parce que le pays qui assure la présidence n’a pas vraiment de « pouvoir » exécutif. « La présidence a pour rôle de donner une impulsion aux travaux législatifs du Conseil tout en maintenant la continuité du programme de l’UE », rappelle le site du Conseil de l’UE. Il veille aussi à « la bonne coopération entre les États membres [en jouant] le rôle d’un intermédiaire intègre et neutre ».

En ce qui concerne la Cour européenne des droits de l’Homme, « la présidence n’aura aucune influence sur le sujet car la CEDH dépend du Conseil de l’Europe et non des instances de l’UE », rappelle Tania Racho, chercheure en droit européen et consultante chez Désinfox-Migrations, contactée par InfoMigrants.

Le Danemark opère depuis plusieurs années un virage vers une politique migratoire stricte | Crédit : picture alliance

« La position danoise est extrêmement dangereuse », continue-t-elle. « On est face à un gouvernement qui demande à un juge [de la Cour européenne des droits de l’Homme] de rendre des décisions allant dans son sens, ce qui interroge sur le concept d’État de droit et d’indépendance de la justice ».

Le point de crispation porte notamment sur des arrêts rendus par la CEDH sur les expulsions pratiquées par certains États membres. Plusieurs d’entre eux ont été condamnés ces dernières années pour avoir expulsé un étranger vers un pays où il risque un « traitement inhumain et dégradant ».

Certains pays européens sont par ailleurs en attente d’un jugement de la Cour européenne des droits de l’Homme. C’est le cas de la Pologne, de la Lettonie et de la Lituanie qui ont comparu en mars pour refoulements illégaux de migrants à leurs frontières. La décision n’a pas encore été rendue dans ces affaires.

‘Principe de non refoulement »

En ce qui concerne l’externalisation des demandeurs d’asile primo-arrivants, là aussi le Danemark risque de se heurter au droit. « Cela me parait compliqué à mettre en œuvre, c’est juridiquement contraire aux principes de non refoulement », affirme Rania Racho.

En mars, la Commission européenne avait ouvert la voie à des « hubs de retour », sous pression de plusieurs États membres. En clair, l’UE veut construire des centres dans des pays tiers – sur le même modèle que l’accord entre l’Italie et l’Albanie – pour y envoyer des personnes dont la demande d’asile aurait été rejetée et faisant face à une Obligation de quitter le territoire. « Cela pose des questions sur la durée de rétention de ces personnes, qui est encadrée au sein de l’Union », insiste encore la chercheuse.

Depuis son élection à la tête de la sociale-démocratie danoise il y a dix ans, Mette Frederiksen, a changé le cours de son parti en matière d’immigration, dans la lignée des gouvernements précédents de droite, soutenus par l’extrême-droite.

Elle a qualifié à plusieurs reprises l’immigration non-occidentale de « plus grand défi » pour le Danemark. En 2024, elle avait soutenu un député, Frederik Vad, qui avait affirmé que certains immigrés bien intégrés « sapaient » parfois la société danoise de l’intérieur.

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La Grèce prévoit de durcir encore son arsenal législatif sur l’immigration

Le ministre grec de la migration a annoncé cette semaine plusieurs projets de lois visant à restreindre les possibilités de vivre légalement en Grèce pour les personnes arrivées de manière irrégulière dans le pays. Cela comprend des peines de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans pour les personnes entrées et résidant dans le pays de manière irrégulière.

La législation grecque sur l’immigration est déjà sévère mais elle devrait se durcir de nouveau prochainement. Jeudi 29 mai, le ministre de la Migration a annoncé que le pays prévoyait de supprimer une disposition permettant aux migrants en situation irrégulière de demander la résidence après sept ans de séjour dans le pays. Selon lui, elle ferait l’objet de nombreux abus.

L’année dernière, la police a arrêté 74 000 migrants en situation irrégulière, mais n’a pu en expulser que 2 500, a déclaré Makis Voridis à la chaîne de télévision Skai, ajoutant que les détenus déclaraient souvent un faux pays d’origine pour éviter l’expulsion, ce qui ralentissait le processus pendant des mois.

« À partir de maintenant, quiconque se trouve en Grèce illégalement ne sera jamais régularisé, n’obtiendra jamais de permis de séjour », a-t-il déclaré, soulignant que quelque 55 à 65 000 personnes entraient illégalement en Grèce chaque année, la moitié d’entre elles se voyant accorder l’asile.

« Il doit y avoir des sanctions pour ceux qui persistent à rester même s’ils ne sont pas légalement ici », a-t-il ajouté, précisant que plus le séjour irrégulier serait long, plus la sanction devrait être importante.

Infraction pénale

Le nouveau projet de loi, approuvé par le cabinet mercredi, érige ainsi en infraction pénale le séjour irrégulier des ressortissants de pays tiers. Le texte prévoit une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans pour l’entrée et le séjour irrégulier en Grèce, ainsi que des amendes pouvant atteindre 10 000 euros pour les migrants arrêtés sans papiers légaux, selon le média grec Ekathimerini.



Par ailleurs, la détention administrative avant l’expulsion sera étendue à un maximum de deux ans, contre un maximum de 18 mois actuellement, a déclaré le ministre.

Les migrants en situation irrégulière pourront opter pour un rapatriement volontaire afin d’éviter toute sanction. Mais les procédures pour ces retours vont néanmoins être renforcées. Les délais de départ seront ainsi réduits « de 25 à 14 jours, et les prolongations pour circonstances exceptionnelles de 120 à 60 jours », souligne Ekathimerini qui précise que « des dispositifs de surveillance électronique, notamment des bracelets électroniques, permettront de suivre les migrants pendant cette période ».

L’adoption du projet par le Parlement, prévue pour le mois de juin, est pratiquement assurée, le gouvernement bénéficiant d’une majorité.

Makis Voridis a, en outre, déclaré que de nouvelles réglementations visant à encourager l’immigration légale seraient présentées d’ici le mois de juillet. « Il est absolument crucial d’organiser correctement l’immigration légale afin de répondre aux besoins de l’économie », a-t-il déclaré.

Selon le gouverneur de la Banque de Grèce, Yiannis Stournaras, le pays manque d’environ 200 000 travailleurs.

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La Grande-Bretagne va durcir la législation sur l’achat de couteaux après les meurtres de Southport

LONDRES, 26 janvier (Reuters) – La Grande-Bretagne a annoncé dimanche qu’elle obligerait les détaillants à mettre en place des contrôles plus stricts de vérification de l’âge pour empêcher les enfants d’acheter des couteaux, dans le cadre d’un durcissement de cette politique quelques jours après qu’un adolescent a admis avoir tué trois jeunes filles lors d’un événement de danse sur le thème de Taylor Swift.

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L’attaque au couteau d’Axel Rudakubana en juillet a été décrite la semaine dernière comme l’un des moments 
les plus déchirants de l’histoire britannique par le Premier ministre Keir Starmer et a déclenché une enquête publique sur les manquements qui ont permis qu’elle se produise.

Alors que cette enquête devrait se concentrer sur les raisons pour lesquelles les institutions de l’État n’ont pas réagi aux avertissements concernant le tueur avant son attaque, l’attention s’est également portée sur la réglementation concernant l’achat de couteaux.

Les lois britanniques actuelles exigent que les détaillants disposent d’un système de vérification de l’âge pour empêcher les personnes de moins de 18 ans d’acheter des couteaux, mais les éléments de ces systèmes ne sont pas clairement définis.

La ministre de l’Intérieur, Yvette Cooper, a déclaré au Parlement la semaine dernière que c’était une honte que Rudakubana, qui avait 17 ans au moment de l’attaque, ait pu acheter un couteau en ligne.

Dimanche, le gouvernement a annoncé qu’il obligerait désormais les détaillants à vérifier l’identité avec photo au point de vente et de livraison, et que les livraisons ne pourraient être acceptées que par la personne qui a passé la commande.

« C’est une honte totale de voir à quel point il est encore facile pour les enfants d’obtenir des armes dangereuses en ligne », a déclaré Cooper dans un communiqué dimanche.

« Il est trop facile d’entrer de fausses dates de naissance, les colis sont trop souvent déposés à une porte d’entrée sans qu’aucune question ne soit posée. »

Ces mesures seront incluses dans un projet de loi dont le processus législatif devrait débuter au Parlement dans les prochains mois.

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