Le département d’État américain a annoncé vendredi des récompenses pouvant atteindre 10 millions de dollars pour toute information permettant de démanteler les réseaux financiers de plusieurs organisations Antifa européennes, marquant ainsi un tournant dans la politique de sécurité occidentale.

Pour la première fois, le gouvernement américain cible directement, officiellement et résolument les groupes d’extrême gauche violents opérant en Europe, les considérant comme une menace terroriste internationale et non plus comme un simple mouvement de protestation radical. Cette décision témoigne d’un changement de cap dans la politique de sécurité américaine sous la nouvelle administration, conformément à sa Stratégie de sécurité nationale qui identifie les mouvements idéologiques violents comme une menace transnationale croissante.
Un communiqué publié dans le cadre du programme « Récompenses pour la justice » identifie quatre organisations désormais désignées comme organisations terroristes étrangères , déclenchant les mesures juridiques et financières les plus sévères.
Antifa Ost, basé en Allemagne , est décrit comme un groupe militant responsable d’attaques contre des individus qualifiés de « fascistes » ou associés à la droite allemande entre 2018 et 2023, notamment des actes de violence en Hongrie. La Fédération anarchiste informelle/Front révolutionnaire international, originaire d’Italie mais disposant de réseaux en Europe, en Amérique latine et en Asie, revendique depuis 2003 la responsabilité de menaces, d’attentats à la bombe et de colis piégés visant des institutions politiques et économiques. En Grèce, Justice prolétarienne armée a perpétré des attentats à la bombe contre des bâtiments gouvernementaux, tandis que l’Autodéfense de classe révolutionnaire a ciblé des bâtiments du ministère du Travail et des bureaux des chemins de fer, affirmant que sa violence est une réponse au capitalisme, à l’État et un acte de solidarité avec la Palestine.
La désignation comme organisation terroriste étrangère (FTO) entraîne le gel de tous les avoirs sous juridiction américaine, une interdiction totale des transactions avec ces groupes et l’interdiction de toute forme de soutien matériel.
Les autorités américaines affirment que les problèmes de sécurité en Europe ne sont pas uniquement dus à des menaces extérieures, mais aussi à des mouvements idéologiques organisés qui opèrent au sein des sociétés occidentales. Selon Washington , l’extrémisme violent d’extrême gauche s’inscrit dans cette tendance, contribuant à l’instabilité politique et aux divisions sociales. Il est perçu comme structuré, bien financé et connecté à l’échelle internationale, et non comme un phénomène marginal ou spontané.
En offrant des récompenses pour perturber le financement de ces groupes, Washington signale qu’il ne tolérera pas que des organisations violentes opèrent librement dans les pays alliés et qu’il est prêt à agir contre les menaces transnationales qu’il considère comme sapant les démocraties occidentales.
L’impact de cette mesure dépendra de la capacité des autorités américaines à identifier le financement de ces groupes et du niveau de coopération des gouvernements européens. Sur le plan politique, le message est clair : Washington considère désormais l’extrémisme violent d’extrême gauche comme une grave menace pour la sécurité et est prêt à employer les moyens les plus efficaces pour le contrer.
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