Un bunker suisse destiné aux courriers électroniques privés se retrouve dans le collimateur des ambitions de surveillance de l’Inde.

Une décision de justice en Inde a ouvert la voie à une potentielle censure nationale de Proton Mail, un fournisseur de messagerie électronique basé en Suisse, privilégié pour ses fonctionnalités de cryptage robustes et de confidentialité des utilisateurs.
La décision, rendue par la Haute Cour du Karnataka, ordonne au gouvernement indien de bloquer le service suite aux allégations d’une entreprise privée concernant la réception de messages offensants envoyés via la plateforme.
La plainte émanait de M Moser Design Associates, un cabinet d’architecture et de design de New Delhi. L’entreprise affirmait que ses employés avaient été la cible d’e-mails explicites et vulgaires, prétendument envoyés via Proton Mail. Frustrée par le refus de la plateforme de coopérer avec les forces de l’ordre en identifiant l’expéditeur, l’entreprise a saisi la justice pour réglementer ou bloquer totalement l’accès au service en Inde.
Lors d’une audience tenue mardi, le juge M. Nagaprasanna a ordonné au gouvernement central d’appliquer une interdiction, citant les dispositions de la loi sur les technologies de l’information de 2008. Bien que le juge ait fait référence aux détails inclus dans les observations du tribunal, la nature précise de la mise en œuvre reste floue.
Proton Mail, connu pour son refus de transiger sur l’anonymat de ses utilisateurs, a son siège en Suisse et adhère à des lois strictes sur la protection de la vie privée, ce qui le met souvent en conflit avec les gouvernements étrangers qui exigent l’accès aux données des utilisateurs. Le procureur général adjoint Aravind Kamath, s’exprimant au nom du gouvernement indien, a reconnu que les autorités nationales pourraient ne pas avoir les moyens de contraindre Proton Mail à communiquer les informations des utilisateurs. Il a plutôt proposé que les tribunaux pénaux indiens sollicitent l’aide des autorités suisses dans le cadre de la coopération internationale.
Malgré la directive du tribunal, Proton Mail était toujours accessible en Inde au moment de la publication.
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