Le président Emmanuel Macron a condamné les menaces proférées contre les juges

Marine Le Pen pourrait encore se présenter à l’élection présidentielle française de 2027 malgré une interdiction de cinq ans d’exercer une fonction publique.
La cour d’appel de Paris a annoncé qu’elle allait accélérer le traitement de son dossier, avec une décision attendue d’ici l’été 2026.
Ce calendrier accéléré donnerait à la dirigeante du Rassemblement national d’extrême droite suffisamment de temps pour entrer dans la course si elle était blanchie de tout acte répréhensible.
Le tribunal l’a reconnue coupable d’avoir mis en place un système de faux contrats de travail pour détourner des fonds européens destinés aux assistants parlementaires afin de payer les travailleurs du parti en France.
Au total, 24 personnes étaient impliquées dans l’affaire, outre le parti lui-même. Les juges ont ordonné que l’interdiction prenne effet immédiatement, sans attendre l’issue d’un procès en appel.
Mme Le Pen a qualifié cela de « condamnation à mort politique » et de menace pour la démocratie, tout en exprimant sa satisfaction quant à la décision du tribunal d’accélérer son appel.
Elle a déclaré aux journalistes à Paris : « C’est une très bonne nouvelle. J’y vois le malaise que le verdict du tribunal a provoqué… Il semble qu’ils m’aient écoutée. »
Son avocat, Rodolphe Bosselut, a qualifié le délai d’appel de preuve que la justice avait « désavoué » la décision « indéfendable » de lundi d’interdire Marine Le Pen, favorite des sondages pour l’élection de 2027.
La juge présidente de l’affaire, Bénédicte de Perthuis, a été placée sous protection policière suite à des menaces de mort. Son adresse a été diffusée en ligne après le prononcé de sa décision lundi.
L’ancien comptable de 62 ans, qui a passé une décennie au sein du cabinet de conseil EY avant de se tourner vers le droit, a été confronté à des insultes virulentes sur des sites et des réseaux sociaux d’extrême droite.
La police parisienne a confirmé qu’une enquête était en cours sur ces menaces.
Le président Macron a déclaré que le pouvoir judiciaire français était indépendant et devait être protégé.
S’exprimant mercredi, le président français a déclaré aux ministres que « les juges doivent être protégés » et que « tous les justiciables ont le droit de faire appel ».
« Les menaces proférées contre les juges sont absolument insupportables et intolérables », a déclaré Macron, selon la porte-parole du gouvernement Sophie Primas.
Il a rappelé aux ministres que les décisions judiciaires doivent être respectées en tant que pilier de la démocratie et que Le Pen a abandonné sa campagne de 15 ans visant à détoxifier son parti et mène désormais une offensive tous azimuts contre « le système ».

Au Parlement, elle s’est comparée à Alexeï Navalny, l’ancien opposant au président russe Poutine, et à Ekrem Imamoglu, le maire emprisonné d’Istanbul.
Jordan Bardella, son lieutenant de 29 ans qui préside le parti, organise des manifestations de masse. Un rassemblement public est prévu dimanche devant le complexe militaire des Invalides, près du Parlement.
Pour que Le Pen puisse se présenter en 2027, elle devra être acquittée ou recevoir une peine qui n’inclut pas l’inéligibilité immédiate.
Sans la suspension de la clause d’« effet immédiat », elle devrait envisager de céder sa place à un autre. En attendant, Le Pen peut conserver son siège de députée, mais il lui est interdit de se présenter aux élections avant mi-2026.
Cela inclut les élections municipales du printemps prochain ou d’éventuelles élections législatives en 2025.
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