L’Inde à X : « N’appelez pas cela de la censure »

L’affrontement judiciaire de X survient alors que le gouvernement de Modi reconfigure Internet sous la bannière de la sécurité nationale.

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Le conflit en cours entre l’Inde et la plateforme de médias sociaux X d’Elon Musk s’est intensifié, le gouvernement critiquant l’entreprise pour avoir décrit son système de notification de contenu en ligne comme un « portail de censure », selon des documents judiciaires examinés par Reuters.

Ce litige, actuellement en cours devant la Haute Cour du Karnataka, porte sur le dernier outil de conformité numérique indien : un site web gouvernemental conçu pour alerter les entreprises technologiques sur les contenus jugés « préjudiciables ». Les autorités insistent sur le fait que ce portail facilite simplement la communication sur les exigences de diligence raisonnable et n’émet pas de directives de blocage de contenu. Mais X n’y croit pas.

Dans une plainte déposée le 5 mars, X a cherché à faire annuler l’initiative du gouvernement, arguant que la plateforme élargit de fait les pouvoirs de l’État en matière de répression de la liberté d’expression, permettant à « d’innombrables » bureaucrates d’exiger la suppression de contenus en ligne avec un minimum de contrôle. La contestation de X souligne les inquiétudes croissantes quant à la capacité des gouvernements à étendre leur autorité sous couvert de modération de contenu.



Le ministère indien de l’Électronique et des Technologies de l’information, dans un document du 27 mars non encore rendu public mais relayé par Reuters, a fustigé X pour son langage qualifié de « regrettable et condamnable ». Le ministère a rejeté les allégations de l’entreprise, les qualifiant de « craintes de censure infondées », malgré le nombre croissant de demandes légales formulées par le gouvernement auprès des plateformes pour restreindre les publications.

Alors que l’administration du Premier ministre Narendra Modi maintient que le site web ne fait qu’accélérer les notifications pour garantir le respect de la législation numérique indienne, ses détracteurs affirment qu’il s’agit d’un mécanisme détourné visant à renforcer le contrôle de l’État sur les échanges en ligne. Cette confrontation juridique coïncide également avec les ambitions d’Elon Musk de déployer ses autres entreprises – Tesla et Starlink – sur le marché indien, ce qui accroît encore les enjeux.

Bien que le ministère n’ait pas encore publié de réponse officielle aux demandes des médias, cette affaire met en évidence la tension croissante entre les plateformes mondiales de la Silicon Valley et les gouvernements désireux de contrôler les espaces numériques.

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L’Inde et la France prévoient de construire de petits réacteurs nucléaires modulaires

L’Inde et la France prévoient de travailler ensemble au développement de petits réacteurs nucléaires modulaires, a déclaré le ministère indien des Affaires étrangères après la visite du Premier ministre Narendra Modi dans le pays.

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L’Inde et la France signent une lettre d’intention pour développer des réacteurs nucléaires modulaires

Modi et le président français Emmanuel Macron ont souligné l’importance de l’énergie nucléaire pour « renforcer la sécurité énergétique » et assurer la transition vers une « économie à faible émission de carbone ».

Cette décision intervient quelques jours après que Delhi a annoncé son intention de modifier sa loi sur la responsabilité nucléaire stricte, qui tient les exploitants responsables des accidents ou des incidents et a été accusée d’être à l’origine des retards des projets nucléaires précédents.

Modi devrait également discuter des investissements potentiels des entreprises américaines dans le nucléaire lors de sa visite à Washington jeudi.

Le ministère indien des Affaires étrangères a déclaré que Delhi et Paris développeraient de petits réacteurs modulaires et des réacteurs modulaires avancés à usage civil.

De tels réacteurs peuvent être construits dans des usines et transportés vers des lieux où ils peuvent être assemblés et installés.

Ils ne nécessitent pas de grandes étendues de terrain ni d’infrastructures importantes et sont nettement plus petits que les réacteurs nucléaires traditionnels.

Le ministre indien des Affaires étrangères, Vikram Misri, a déclaré que l’objectif était d’initier une « coopération », car la technologie des réacteurs modulaires en était « encore à ses débuts ».

« Nous avons l’intention de pouvoir coopérer dans la co-conception des réacteurs, leur co-développement et leur co-production. Nous pensons que cela nous permettra de faire face aux complications rencontrées dans d’autres projets conventionnels », a-t-il déclaré.

Le partenariat proposé signale un changement dans la politique indienne en matière d’énergie nucléaire.

Le gouvernement de Modi, connu jusqu’à présent pour sa réglementation stricte de l’énergie nucléaire, semble s’ouvrir à une plus grande coopération internationale et à la participation du secteur privé.

La ministre des Finances, Nirmala Sitharaman, a dévoilé des objectifs ambitieux en matière d’énergie nucléaire au début du mois, fixant l’objectif de produire 100 GW d’énergie nucléaire d’ici 2047.

Le gouvernement a promis plus de 2 milliards de dollars (1,6 milliard de livres sterling) pour la recherche et le développement nucléaires, dont la majeure partie sera utilisée dans le but de développer cinq réacteurs indigènes d’ici 2033.

L’accent mis sur les petits réacteurs modulaires représente également un changement dans la collaboration de l’Inde avec la France sur l’énergie nucléaire.

Les deux pays avaient auparavant prévu de construire la plus grande centrale nucléaire du monde dans l’État du Maharashtra, à l’ouest de l’Inde.

Le projet est cependant retardé depuis plus d’une décennie, principalement en raison de clauses introduites dans la loi indienne sur la responsabilité nucléaire, suite aux accusations selon lesquelles l’Inde avait auparavant laissé les entreprises occidentales s’en tirer à bon compte dans le cadre de la fuite de gaz dévastatrice de 1984 provenant d’une usine de pesticides dans la ville de Bhopal, ainsi qu’en raison des inquiétudes concernant la sécurité nucléaire à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon.

Modi est actuellement aux États-Unis pour une visite de deux jours où il rencontrera le président Donald Trump et des chefs d’entreprise.

Plus tôt dans la semaine, le ministre fédéral indien du pétrole, Hardeep Puri, a laissé entendre que l’énergie nucléaire serait à l’ordre du jour des deux dirigeants.

Mardi, le vice-président américain JD Vance a rencontré Modi en marge du sommet sur l’IA à Paris et a discuté des moyens par lesquels Washington pourrait aider Delhi à diversifier ses sources d’énergie en investissant dans la technologie nucléaire américaine, ont rapporté les agences de presse citant un communiqué de la Maison Blanche.

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