Réseau de blanchiment d’argent à Aubervilliers : 800 000 euros en liquide saisis

Deux suspects ont été mis en examen, jeudi à Paris dans cette affaire de blanchiment en bande organisée dans le milieu asiatique.

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Nouvelle affaire de blanchiment à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Un frère et une sœur ont été mis en examen, jeudi à Paris, pour « blanchiment en bande organisée » dans le cadre d’une vaste enquête menée par la juridiction interrégionale spécialisée (JRIS). Ils ont été placés sous contrôle judiciaire après leur passage devant le juge d’instruction. Ils sont soupçonnés d’avoir, depuis l’été 2023, participé à un important réseau de fraude parmi les grossistes en textile chinois d’Aubervilliers.

L’affaire s’est ouverte à l’été 2023 quand les enquêteurs du deuxième district de police judiciaire ont recueilli des informations sur un réseau de collecteurs qui recueillaient des espèces auprès des commerçants asiatiques de ce secteur. Les fonctionnaires placent leurs suspects sous surveillance, ce qui confirme leurs soupçons. « Il est question de très importantes sommes en espèces générées de manière occulte au travers de diverses fraudes liées à l’activité commerciale des clients, qui seraient ensuite collectées et évacuées vers l’étranger via ce réseau », précise une source proche de l’affaire. Classiquement, les espèces provenant de fraude, en général des importations de marchandises sans s’acquitter de la TVA, sont confiées à des entrepreneurs qui ont besoin de billets pour payer des salariés au noir. L’argent est ensuite envoyé en Chine, via un système de compensation bancaire et de fausses factures par voie électronique.



Deux suspects placés sous contrôle judiciaire

En janvier 2024, trois collecteurs sont interpellés en région parisienne. Lors des perquisitions, plus de 700 000 euros en cash sont saisis à leurs domiciles. Le trio avait alors été remis en liberté dans l’attente de nouvelles investigations. Le 10 juin 2025, deux nouveaux suspects, un frère et une sœur, sont interpellés. Lors de cette opération, 130 000 euros en espèces et des objets de valeur estimés à 440 000 euros sont confisqués.

Ils sont passés aux aveux. Ces commerçants expliquent qu’ils étaient pris dans un système qui leur garantissait des revenus et une clientèle. Ils ont tous deux été remis en liberté sous contrôle judiciaire à l’issue de leur défèrement devant le juge d’instruction. Contacté, l’avocat de l’un des suspects, Me Reda Ghilaci, n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire couverte par le secret de l’instruction.

Depuis près de dix dans les affaires se multiplient dans ce secteur de la région parisienne. Il s’agit d’un hub majeur pour les grossistes en textile en France. C’est également un lieu connu pour des activités de blanchiment d’argent, où les réseaux chinois jouent un rôle prépondérant. Les affaires Virus et Rétrovirus ont mis en lumière des liens entre ces groupes et les trafiquants de drogue. En septembre 2024 ont été jugés, dix-neuf hommes pour leur participation à des systèmes de blanchiment organisés entre des grossistes chinois d’Aubervilliers, l’Europe et la Chine. Les sommes en jeu se chiffrent en dizaines de millions d’euros.

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Le ministre français de la Justice propose d’interdire l’argent liquide

La guerre contre la drogue menée par un pays se double d’un référendum sur le droit à la vie privée.

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Alors que les autorités françaises intensifient leurs efforts pour lutter contre le trafic de drogue, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a suscité une nouvelle controverse en proposant une interdiction nationale des espèces.

Présenté comme une lutte contre le marché noir, ce plan a été annoncé lors d’une audition au Sénat le 22 mai, où Darmanin a déclaré : « Comment stopper la drogue dans nos quartiers ? La mesure est assez simple : la fin du cash empêchera l’installation de points de vente. »

Si l’objectif affiché est de perturber les économies criminelles, une telle proposition a des conséquences plus vastes, notamment sur la liberté individuelle et la confidentialité financière. L’argent liquide, par sa nature même, permet aux individus d’effectuer des achats, d’offrir des cadeaux et de faire des dons aux personnes dans le besoin sans laisser d’empreinte numérique.

L’élimination de cette option ouvrirait la voie à une ère où chaque action économique pourrait être suivie, enregistrée et potentiellement analysée par les institutions étatiques et les sociétés privées.



Malgré la popularité croissante des paiements électroniques, une part importante de la population française utilise encore régulièrement des espèces. Un rapport de 2024 de la Banque centrale européenne indique que 43 % des transactions en France impliquent des espèces physiques.

Il ne s’agit pas simplement d’une question d’habitude ou de nostalgie. Pour beaucoup, utiliser de l’argent liquide est un choix conscient, qui protège leur autonomie dans une société où la surveillance s’est déjà infiltrée dans une grande partie de la vie quotidienne.

Les partisans d’un avenir sans espèces le présentent souvent comme une étape logique vers l’efficacité et la sécurité, mais ce discours néglige ce qui est en jeu : le droit d’effectuer des transactions de base sans être surveillé.

Lorsque chaque achat de café, chaque visite en librairie ou chaque don caritatif doit passer par un système numérique, cela crée un registre détaillé de la vie d’une personne. Entre de mauvaises mains, ces données deviennent un outil non seulement de marketing ou de profilage financier, mais aussi de contrôle social renforcé.

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