L’effondrement du gouvernement français suite à une motion de censure soutenue par l’extrême gauche et l’extrême droite a plongé la France dans un chaos politique plus profond.

Le président Emmanuel Macron, sous une pression croissante après le vote et la démission de Michel Barnier comme Premier ministre, s’est adressé à la nation le 5 décembre pour tenter de reprendre le contrôle.
Lors de son discours, Macron a rejeté les appels croissants à sa démission avant la fin de son mandat en 2027 et a annoncé son intention de voter une loi budgétaire spéciale plus tard en décembre.
Il a également critiqué ce qu’il a appelé les forces « anti-républicaines » qui ont uni leurs forces pour renverser Barnier, les qualifiant de « destructrices » pour le tissu démocratique français.
Les leaders de l’opposition ont dénoncé son choix de mots.
« Dans son discours, Emmanuel Macron a poursuivi une tendance inquiétante du régime Macron : prétendre que s’opposer à lui, contester ses choix, est illégitime, irresponsable et condamnable par principe », a déclaré le chef du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella.
Jean-Luc Mélenchon, chef de file du parti d’extrême gauche La France Insoumise (LFI), a déclaré que Macron ne comprenait pas ce qui se passait dans le pays ni ses coutumes politiques.
Alors que Macron cherche à nommer un successeur, les spéculations vont bon train autour de trois candidats de premier plan.
Dans une Assemblée nationale dans l’impasse, Macron a besoin d’une personnalité capable de combler les divisions et d’éviter une nouvelle crise provoquée par une majorité fragmentée de députés.
L’un des principaux prétendants est Sébastien Lecornu, ministre sortant des Armées et membre chevronné du gouvernement Macron depuis 2017.
Avec son passé conservateur, Lecornu s’est avéré populaire au sein du bloc central de Macron, même si ses détracteurs ont fait valoir que s’appuyer uniquement sur ce bloc s’était déjà avéré insuffisant, comme l’a démontré la chute de Barnier.

Un autre choix potentiel est Bruno Retailleau, le ministre sortant de l’Intérieur.
Visage familier de l’opinion publique française, les bonnes relations de Retailleau avec le RN d’extrême droite pourraient servir à neutraliser d’éventuelles alliances entre ce parti et l’extrême gauche LFI – stabilisant potentiellement l’Assemblée.
Choisir un autre républicain comme Premier ministre pourrait cependant signaler à certains que Macron n’a pas respecté le vote des députés qui ont évincé le républicain Barnier.

François Bayrou, poids lourd du centre et président du parti MoDem, apparaît également comme une option viable.
Bayrou, qui a rencontré Macron lors d’un déjeuner le 5 décembre, est considéré comme un bâtisseur de ponts capable d’élargir le bloc central du président français en tendant la main aux Verts et aux socialistes.
Sa réputation de rassembleur pourrait également aider Macron à élargir sa base de soutien à l’Assemblée nationale.

Parmi ces favoris, un autre nom a fait surface : Ségolène Royal.
L’ancienne candidate socialiste à la présidentielle et figure de proue de la gauche a indiqué qu’elle était prête à assumer cette responsabilité.
«Je suis disponible et j’ai écrit une lettre au président», a-t-elle déclaré le 4 décembre.
« Je le dois à toutes les femmes et à toutes les petites filles », a-t-elle ajouté.
Connue pour ses profondes racines dans le paysage politique français, l’inclusion de Royal signalerait un pivot vers l’engagement de la gauche.
Alors que Macron cherche un nouveau Premier ministre, espérant stabiliser une Assemblée nationale divisée, les factions de gauche du pays se fracturent.
Le Parti socialiste, dirigé par Olivier Faure, a affiché une volonté de compromis, creusant encore davantage le fossé avec la ligne plus dure de LFI.
Le 6 décembre, Faure a déclaré que les socialistes étaient prêts à négocier sur des questions controversées telles que les retraites et les réformes fiscales.
Il a notamment laissé entendre que son parti pourrait ne pas chercher immédiatement à abroger la réforme controversée des retraites de Macron, qui a relevé l’âge de la retraite à 64 ans – une mesure qui avait déclenché des manifestations à l’échelle nationale plus tôt cette année.
Les socialistes ont également lancé l’idée d’un « accord de défiance », par lequel ils s’abstiendraient de voter contre le prochain gouvernement.
Cela a été perçu comme une tentative claire de se distancer de l’approche conflictuelle du LFI.
Faure a explicitement critiqué LFI, suggérant que le refus du parti de faire des compromis l’excluait de fait de toute influence sur le prochain gouvernement.
Les dirigeants de LFI n’ont pas tardé à condamner la position des socialistes.
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a dénoncé ce qu’il considère comme une trahison de leur engagement commun d’abroger la réforme des retraites.
« Pour rejoindre une coalition avec les macronistes, le Parti socialiste est désormais prêt à renoncer à l’abrogation de la retraite à 64 ans. Le serment du 8 juin 2023 de « tout faire » pour cette abrogation serait-il déjà enterré ? Etonnant », écrit-il.
La présidence affaiblie de Macron, un gouvernement paralysé et des luttes politiques incessantes ont érodé l’influence de la France en Europe.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est en train de finaliser l’accord avec le Mercosur – malgré l’opposition française.
L’effondrement du gouvernement Barnier après seulement deux mois et 29 jours — le plus court mandat de l’histoire de la Cinquième République — n’a fait qu’amplifier les inquiétudes quant à la stabilité du pays.
Une question se pose parmi les observateurs : le prochain gouvernement d’Emmanuel Macron pourra-t-il survivre au mandat de Barnier, ou le chaos politique va-t-il s’aggraver davantage ?
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