En 2024, 16 000 étrangers sont passés en centres de rétention, dont une majorité de Maghrébins, selon un rapport de La Cimade

Selon le dernier rapport de La Cimade, en 2024, la France a recouru massivement aux placements en centres de rétention (CRA) pour tenter d’éloigner les étrangers en situation irrégulière. Parmi eux, une majorité d’Algériens, de Tunisiens et de Marocains. Une méthode inefficace juge la Cimade : 60 % des personnes en CRA finissent par être libérées.

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C’est un nouveau rapport très critique envers le gouvernement français. Dans son bilan annuel, publié mardi 29 avril, La Cimade dresse un tableau acerbe « des pratiques abusives et des violations des droits des personnes enfermées » en centres de rétention français en 2024. Des privations de liberté « inutiles », juge l’association de défense des droits des étrangers dès les premières pages du rapport.

Non seulement les expulsions au terme de cet enfermement restent faibles mais surtout le placement en rétention « augmente les tensions entre les personnes retenues, ainsi que leur angoisse et leur détresse, notamment concernant les personnes particulièrement vulnérables, souffrant de maladies graves ou de troubles psychiatriques ».

Au total, 16 228 personnes ont été enfermées dans ces lieux de privation de liberté en France hexagonale, un chiffre peu ou proue similaire à celui de 2023. « Cela représente une baisse de près de 5 % par rapport à l’année précédente », note l’association. Ce nombre grimpe à 40 000 si l’on inclut les étrangers enfermés en CRA à Mayotte (22 300 en 2024) et dans les Outre-mer (Guadeloupe, Réunion, Guyane…)

En ce qui concerne l’Hexagone, La Cimade rappelle que l’écrasante majorité des retenus sont maghrébins, ils constituent le trio de tête des nationalités : un peu plus de 5 000 Algériens, 1 900 Tunisiens et 1 700 Marocains sont passés par des CRA en 2024. Des chiffres loin devant les autres nationalités : 700 Roumains, 450 Albanais, 350 Guinéens, 300 Afghans ou encore 300 Ivoiriens.

128 000 OQTF délivrées en 2024

Pourtant, selon le droit français – et européen – l’enfermement d’un étranger en CRA est une mesure qui ne doit être utilisée qu’en dernier recours, « dans les cas où l’administration n’a pas d’autres moyens moins attentatoires aux libertés pour réaliser l’expulsion », rappelle l’association. Dans les faits, donc, il n’en est rien. L’immense majorité des retenus en France ont été placés en rétention suite à la réception d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français) non respectée. Un peu plus de 128 000 ont été émises l’année dernière, seules 11 % ont été exécutées.

© Pierre Olivier / RFI | La zone de rétention dans le centre de Mayotte. C’est ici que restent les familles avant d’être expulsées.



La Cimade rappelle aussi que la majorité des étrangers en centre de rétention ne sont pas des délinquants – 28 % sont emmenés en CRA à leur sortie de prison. Les autres n’ont commis aucun crime sur le sol français. Ils sont sans-papiers. Mais être en situation irrégulière n’est pas un délit en France mais une irrégularité administrative. 

Une frontière sémantique de plus en plus floue, dénonce La Cimade. Les autorités brandissent de plus en plus « la menace à l’ordre public » pour justifier des placements en rétention. Cette mesure « participe […] à troubler la perception des situations dans l’opinion publique, en martelant l’assimilation entre ‘personnes étrangères’ et ‘délinquance' ».

« La notion de ‘menace à l’ordre public’ a aussi fortement influencé les décisions des juges judiciaires, qui se sont saisis de ce critère (apprécié très largement) pour accorder à la préfecture la prolongation de la rétention », écrit La Cimade. « Ces situations sont révélatrices d’une volonté politique de stigmatiser toujours plus les personnes étrangères ».

3 000 places en rétention d’ici 2027

Pourtant, le gouvernement ne semble pas amorcer de virage moins répressif. En 2023, Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, avait annoncé à l’époque vouloir augmenter les places en CRA – actuellement de 1950 lits – à une capacité de 3 000 lits à l’horizon 2027 à travers la construction de nouveaux centres de privation de liberté et la multiplication des locaux de rétention administrative (LRA), notamment à Dijon, Nantes, Béziers, Aix-en-Provence, Nice, Mayotte, ou encore à Dunkerque. Un objectif inchangé par le nouveau ministre, Bruno Retailleau.

La cour du centre rétention du Mesnil Amelot, à proximité de l’aéroport de Roissy Charles-De-Gaulle en mai 2019. Crédit : InfoMigrants / Maëva Poulet

En 2024, la durée moyenne de rétention s’établissait à près de 33 jours, soit 5 jours de plus par rapport à 2023. « Nos associations constatent quotidiennement l’impact de périodes d’enfermement de plus en plus longues sur la santé mentale et physique des personnes enfermées et sur le niveau de tension dans les CRA. Gestes désespérés, tentatives de suicide, actes d’automutilation, violences […] ». Le gouvernement actuel souhaite pourtant allonger la durée de rétention à 210 jours – contre 90 aujourd’hui. Le 18 mars 2025, le Sénat a adopté en première lecture cette proposition de loi.

Autant de mesures politiques raillées par la Cimade : « La multiplication des locaux de rétention administrative, n’est pensé qu’à l’aune de la chimère selon laquelle enfermer plus permettrait d’éloigner plus ». Il n’en est rien. Près de 60 % des personnes en rétention ont finalement été relâchées l’année dernière, estime l’association, 27 % ont été expulsées dans un pays hors Union européenne (UE), 11 % éloignées vers un pays de l’UE (via le règlement Dublin notamment).

Un manque d’efficacité déjà souligné par la Cour des comptes l’année dernière. Cette dernière recommandait de miser davantage sur les « retours volontaires ». Ils sont moins coûteux qu’un éloignement forcé, rappelait Pierre Moscovici, le premier président de la Cour.

Pour rappel, il est juridiquement contraignant d’expulser un étranger : certains sont inexpulsables (comme les Afghans, par exemple), d’autres, qui n’ont plus de documents d’identité, ne sont pas reconnus par leur pays d’origine (notamment par les pays du Maghreb) – et les États en question ne délivrent pas de laissez-passer consulaires.  

Trois familles enfermées en CRA en 2024

La Cimade insiste enfin sur la présence des mineurs en CRA. La loi asile et immigration du 26 janvier 2024 a acté la fin de l’enfermement des enfants dans les centres de rétention administrative.

Une mesure plutôt respectée à l’exception des préfectures du Bas-Rhin et du Doubs qui ont ordonné le placement en CRA de six enfants et trois familles, selon l’association. « [Ces] préfectures ont profité des quelques semaines du mois de janvier précédant l’entrée en vigueur de la loi pour placer au CRA de Metz-Queuleu trois familles, accompagnées de six enfants. Le plus âgé d’entre eux avait 7 ans, deux étaient des nourrissons », écrit La Cimade.

Cette interdiction du placement des enfants en rétention ne s’appliquera à Mayotte qu’à partir du 1er janvier 2027. « Ce décalage dans le temps vide de son sens la mesure puisque c’est dans ce territoire ultramarin que la majorité des familles avec enfants sont enfermées ; en moyenne ce sont 40 fois plus d’enfants qui y sont privés de liberté par rapport au reste des centres de rétention », écrit La Cimade.

Au total, la France a été condamnée à onze reprises par la CEDH pour l’enfermement d’enfants en centre de rétention.

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Un sondage indique qu’une majorité de Français sont en faveur du retour du service militaire obligatoire.

Une majorité de Français se dit globalement favorable au rétablissement du service militaire (86%), et même au service obligatoire (53%), d’après un sondage publié samedi au moment où plusieurs pays européens s’interrogent sur le retour de la conscription dans un contexte géopolitique bouleversé.

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Le débat sur le retour du service militaire ressurgit depuis que le président américain Donald Trump a remis en cause son aide militaire à l’Ukraine et aux Européens, faisant basculer l’Europe dans une incertitude inédite.

Il prend de l’ampleur en Allemagne, au Royaume-Uni ou en France, sur les moyens d’augmenter les effectifs des armées face au danger de ce que les Occidentaux perçoivent comme «l’impérialisme» russe.

Des résultats différents selon la tranche d’âge

À la question «êtes-vous favorable ou non au retour du service militaire en France?», 32% disent oui à un service obligatoire pour les femmes et les hommes, 21% à un service obligatoire uniquement pour les hommes et 33% sur la base du volontariat. Au total, 53% des personnes se disent donc favorables au retour d’un service national obligatoire, selon ce sondage Ipsos-CESI Ecole d’ingénieurs, publié par le quotidien «Le Parisien».

Les résultats varient selon la tranche d’âge: 41% des moins de 35 ans sont favorables au service obligatoire, contre 63% chez les 60 ans et plus. Seuls 14% des sondés se disent totalement défavorables à son rétablissement.

Par ailleurs, les Français se disent opposés à des sacrifices tels qu’une baisse des prestations sociales ou le recul du départ à la retraite pour financer l’augmentation des dépenses militaires.

«La patrie a besoin de vous et de votre engagement»

Dans une allocution télévisée le 5 mars, le président français Emmanuel Macron a prévenu solennellement les Français qu’il faudrait «des réformes, du choix, du courage», dans la «nouvelle ère» qui s’esquisse face à un rapprochement entre les États-Unis et la Russie, potentiellement aux dépens de l’Europe et de l’Ukraine.

«Face à ce monde de dangers, rester spectateur serait une folie», a-t-il lancé, ajoutant: «La patrie a besoin de vous et de votre engagement».

Dans un entretien publié samedi par plusieurs journaux régionaux, Emmanuel Macron a présenté son intention d’annoncer «dans les prochaines semaines une grande refonte» du service national universel (SNU), «qui correspondra aux besoins de la nation et aux priorités identifiées», mais a estimé que le retour du service militaire obligatoire n’était pas «une option réaliste».

Le service militaire arrêté en pratique depuis 2001

Selon lui, la France «n’a plus la base, plus la logistique» pour remettre en place une conscription. «À partir du moment où on est allé vers la professionnalisation de nos armées, focalisées sur l’opérationnel, les réemployer pour encadrer 800’000 jeunes […] n’est absolument pas un schéma opérant», a-t-il justifié.

Le président Jacques Chirac avait annoncé en 1996 la professionnalisation des armées. Le service militaire s’est arrêté en pratique en France le 29 novembre 2001.

Lancé en 2019 mais pas généralisé à ce jour, le SNU comporte actuellement une «mission d’intérêt général» et un «séjour de cohésion» comprenant des activités sportives, culturelles et intellectuelles, avec des journées qui débutent par la «levée des couleurs» (drapeau et hymne national) et port de l’uniforme.

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Les expulsions massives de criminels étrangers et de migrants illégaux sont soutenues par une écrasante majorité de Britanniques

Un sondage a révélé que la majorité du public britannique est favorable à l’expulsion des migrants qui commettent des crimes graves ainsi que de ceux qui entrent illégalement dans le pays.

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Selon un sondage de l’institut de sondage Find Out Now, dont les résultats ont été partagés avec GB News, 84 % des électeurs britanniques seraient favorables à l’expulsion par le gouvernement des migrants auteurs de crimes violents. Ce point de vue est partagé par 99 % des sympathisants du parti Reform UK, dirigé par Nigel Farage.

Une proportion similaire de l’électorat serait favorable à l’expulsion des migrants délinquants sexuels, soit 85 % au total et 96 % des électeurs réformistes.

L’enquête révèle ensuite qu’une forte majorité (66 %) estime que les étrangers entrés illégalement en Grande-Bretagne devraient être renvoyés dans leur pays d’origine. Une fois encore, la quasi-totalité des électeurs réformistes britanniques (99 %) soutiendraient cette mesure.

Ce sondage intervient dans un contexte de débat au sein du Parti réformiste sur la viabilité des « expulsions massives ». Lors d’une interview accordée en septembre dernier au journaliste de GB News, Steven Edginton, le chef du Parti réformiste, Nigel Farage, a déclaré que les personnes entrant illégalement en Grande-Bretagne « ne devraient pas pouvoir rester » et ne devraient jamais se voir accorder le statut de réfugié.

Le manifeste de la Réforme, sur lequel M. Farage s’est présenté lors des dernières élections, a également appelé à « l’expulsion immédiate » des criminels étrangers après la fin de leur peine de prison et à la révocation de la citoyenneté des « immigrants qui commettent des crimes, à l’exception de certains délits mineurs ».

Cependant, dans l’interview accordée à GB News, Farage a déclaré qu’il ne se laisserait pas « entraîner dans la voie des déportations massives ou quoi que ce soit de ce genre ».

Cela est devenu une ligne de fracture au sein du parti, le député suspendu Rupert Lowe suggérant qu’il était mis à l’écart par le parti pour avoir adopté une position plus dure sur la migration que Farage et les dirigeants réformistes.

S’adressant à The Express plus tôt cette semaine, Lowe a déclaré : « Un point de désaccord au sein du Parti réformiste concernait mes appels répétés à expulser tous les migrants illégaux. Je suis clair.

Si vous êtes ici illégalement, vous devez être expulsé. Si cela aboutit à un million d’expulsions ou plus, c’est ce qui doit se produire. Tel doit être l’objectif.

C’est ça, ou une amnistie efficace. Je choisis les expulsions. Peu importe si cela gêne certains membres du Parti réformiste, c’est ce qui doit se passer. Des expulsions, et en grand nombre. Il paraît que des sources proches de Nigel Farage n’étaient pas d’accord avec mon opinion. Beaucoup trouveront cela surprenant.

Il semble que la divergence entre Lowe et Farage sur cette question soit davantage une question de forme que de fond, les deux camps semblant s’accorder sur l’expulsion des criminels et des migrants illégaux.

M. Farage a admis avoir demandé à Lowe de supprimer des expressions telles que « rapatriement » ou « déportations massives » des discours publics, car il a fait valoir qu’elles pourraient évoquer l’idée d’expulser des citoyens respectueux des lois d’origine étrangère.

Farage a également accusé Lowe de tenter de « détruire » le Parti réformiste et d’utiliser ce sujet pour s’attirer les faveurs d’Elon Musk, le patron de X, qui avait précédemment suggéré que Lowe reprenne le parti. Lowe a été suspendu du parti plus tôt ce mois-ci suite à des allégations de menaces proférées contre le président du parti, Zia Yusuf. Cette suspension controversée fait suite aux critiques ouvertes de Lowe dans la presse.

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La LPGA interdit la majorité des golfeurs transgenres avec une nouvelle politique pour la saison 2025

Deux grandes associations de golf ont annoncé un changement majeur dans leur politique de genre pour la saison à venir.

Généré par IA

Les mises à jour, publiées simultanément par la LPGA et l’Association américaine de golf mercredi, interdisent à la majorité des golfeurs transgenres de jouer sur les circuits officiels.

Les deux associations interdisent désormais aux joueurs qui ont traversé la puberté masculine avant de s’identifier comme femmes de concourir contre des femmes.

Le message de la LPGA indique que le changement de politique a été effectué grâce aux informations et aux contributions d’un « groupe de travail composé d’experts de haut niveau en médecine, en sciences, en physiologie du sport, en performance au golf et en droit relatif aux politiques de genre ».

Selon la LPGA, le groupe de travail a estimé que les effets de la puberté masculine « confèrent des avantages compétitifs dans les performances au golf par rapport aux joueurs qui n’ont pas subi de puberté masculine ».

L’interdiction de l’association ne met pas seulement fin à la majorité des inscriptions des joueuses transgenres au LPGA Tour, mais les empêche également de participer à d’autres circuits et circuits d’élite dirigés par l’organisation.

Les joueuses décrites par la LPGA comme « assignées femmes à la naissance » sont éligibles à tous les événements féminins.

Les joueurs transgenres ne sont pas interdits de participer aux compétitions ouvertes organisées par l’association. Ces événements n’ont aucune restriction de genre pour les participants.

« Notre politique reflète une approche globale, fondée sur la science et inclusive », a déclaré la commissaire de la LPGA, Mollie Marcoux Samaan.

« Cette politique représente notre engagement continu à garantir que tous se sentent les bienvenus au sein de notre organisation, tout en préservant l’équité et l’impartialité de nos compétitions d’élite. »

L’annonce de l’USGA elle-même a également identifié la puberté masculine comme un événement seuil d’admission aux épreuves féminines.

« La nouvelle politique garantit que des opportunités de compétition sont offertes aux athlètes participant aux compétitions féminines de l’USGA sans accorder un avantage injuste aux athlètes qui ont bénéficié des avantages de la puberté masculine en matière de performance sportive », peut- on lire dans le communiqué de l’association , « ce qui signifie que les athlètes doivent être assignées au sexe féminin à la naissance ou être devenues femmes avant de passer par la puberté masculine pour pouvoir concourir. »

L’USGA a déclaré que les changements de politique seront traités différemment dans le cadre de « compétitions récréatives non élites ou d’événements, équipes ou ligues participatifs », où des considérations différentes sont en jeu.

« Nous restons déterminés à offrir à chacun la possibilité de concourir pour un titre national ou une équipe, mais nous avons apporté des modifications à nos critères d’éligibilité qui reflètent les données scientifiques actuelles et nous nous efforçons de maintenir l’intégrité de la compétition », a déclaré Mike Whan, PDG de l’USGA.

« Notre politique mise à jour est le résultat d’un processus réfléchi et approfondi au cours duquel l’USGA a consulté des professionnels de la santé de premier plan du monde entier. »

Ces changements font suite à la victoire controversée de la golfeuse transgenre Hailey Davidson lors du tournoi NXXT en janvier 2024. Ce tournoi est un tremplin vers l’Epson Tour, un circuit de qualification situé un cran en dessous du LPGA.

À l’époque, le tournoi avait interdit à toute personne n’étant pas née de sexe féminin de participer à l’épreuve féminine.

Ce changement est intervenu après une réponse massive des joueuses du tournoi, indignées par l’avantage injuste détenu par Davidson.

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