Le Pen se prépare à une élection présidentielle anticipée, « c’est fini ou presque » pour Emmanuel Macron

La dirigeante populiste Marine Le Pen a déclaré qu’elle se préparait à la possibilité d’une élection présidentielle anticipée en France alors qu’Emmanuel Macron semble à court d’options pour gouverner efficacement la nation.

Kurt Zindulka 18 décembre 2024

Au lendemain de l’investiture du quatrième Premier ministre cette année, la cheffe du Rassemblement national, Marine Le Pen, a déclaré au Parisien qu’elle avait commencé à « préparer une élection présidentielle anticipée ».

Elle a précisé que des préparatifs sont faits « par précaution, compte tenu de la fragilité d’Emmanuel Macron, du peu de leviers institutionnels qui lui restent ».

Le président, a déclaré Marine Le Pen, a « perdu le contrôle partout » et que pour « Emmanuel Macron, c’est fini ou presque ».

Alors que le président Macron a insisté sur son intention de terminer son deuxième mandat, qui se terminera en 2027, Le Pen a noté qu’il existe des facteurs potentiels qui pourraient le pousser à reconsidérer sa décision, comme les créanciers internationaux qui prennent des mesures face à la crise croissante de la dette dans le pays.

Le Pen, qui s’est déjà présenté à l’élection présidentielle à trois reprises, mène actuellement la course pour remplacer Macron avec une marge confortable.

La dirigeante populiste est toutefois confrontée à certains défis potentiels, notamment une procédure judiciaire en cours contre elle et d’autres personnalités du Rassemblement national pour détournement présumé de fonds européens.

L’affaire, qui devrait être clôturée en mars, pourrait potentiellement voir Le Pen interdite de briguer une élection nationale pendant cinq ans, ce qui mettrait fin à ses aspirations politiques à diriger la France.

Même si elle surmonte l’obstacle juridique, il s’agira probablement d’une bataille difficile pour prendre réellement le contrôle de l’Élysée, étant donné le système électoral particulier de la France, qui a été intentionnellement conçu pour renforcer le pouvoir des partis de l’establishment.

Dans le système actuel, il y a deux tours de scrutin : de nombreux candidats se présentent au premier tour et seuls les plus forts sont envoyés au deuxième et dernier tour.

Le système permet souvent aux partis établis de former des alliances contre nature pour empêcher les partis extérieurs de gagner, comme ce fut le cas en 2002 lorsque la gauche et la droite se sont ralliées derrière Jacques Chirac pour empêcher Jean-Marie Le Pen, père de Le Pen et fondateur du parti, de prendre le pouvoir.

Cependant, le mécontentement grandissant à l’égard de l’establishment se traduit par un soutien croissant à d’éventuelles réformes constitutionnelles. Un sondage réalisé cette semaine révèle qu’une majorité (56 %) des Français seraient favorables à la fin de la Ve République – qui a débuté en 1958 – et à l’instauration d’une VIe République. Le même sondage révèle que 75 % des Français ont une opinion négative du président Macron.

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Marine Le Pen : « On ne peut pas être un réfugié pour toujours. Il est temps pour les Syriens de reconstruire leur nation »

Dans une interview accordée à BFM TV, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN), a pris une position ferme sur la crise des réfugiés syriens et l’influence croissante des forces djihadistes en Syrie. Elle a décrit la situation comme un choix impossible pour les Syriens entre le régime de Bachar al-Assad et les groupes djihadistes.

« Je suis horrifiée que le peuple syrien ait le choix entre Bachar al-Assad et les djihadistes », a-t-elle déclaré. « Un très mauvais dirigeant remplacé par des djihadistes, qui sont dangereux pour les libertés individuelles, pour les droits des femmes, pour la démocratie et la liberté d’expression, ce n’est pas une solution. »

Le Pen est allée plus loin, condamnant le Quai d’Orsay pour son ton face à la montée des factions djihadistes.

« Je suis surprise de voir le Quai d’Orsay se réjouir, même subtilement, de la montée en puissance des djihadistes », a-t-elle déclaré. « L’histoire prouve que leur arrivée au pouvoir n’a jamais apporté d’amélioration pour les populations qu’ils prétendent représenter. »

Le statut de réfugié est temporaire

Sur la question des réfugiés, Marine Le Pen a délivré un message direct : le statut de réfugié ne peut pas devenir permanent. « On ne peut pas être réfugié toute sa vie », a-t-elle déclaré.

Marine Le Pen a affirmé qu’une fois résolues les conditions qui ont poussé les réfugiés à fuir, ils devraient revenir pour aider à la reconstruction de leur pays. « La logique veut que les réfugiés rentrent chez eux quand ils seront suffisamment en sécurité. Leur place est en Syrie, pour contribuer à sa reconstruction. »

Elle a rappelé les récentes politiques mises en place en Europe, où les gouvernements bloquent les nouvelles demandes d’asile des Syriens. « C’est un premier pas. Mais il faut maintenant aller plus loin et organiser leur retour », a affirmé Marine Le Pen.

L’Europe ne peut pas porter seule ce fardeau

Les propos de Marine Le Pen ont également évoqué les jeux de pouvoir géopolitiques en Syrie, impliquant la Russie, les Etats-Unis, la Turquie et Israël. Elle a appelé à la prudence dans l’analyse de la situation, mais est restée claire sur la position de l’Europe : elle ne peut pas être la solution à la crise syrienne.

« Nous avons fait notre part du travail. L’Europe ne peut pas supporter des vagues interminables de migrations pendant que ces nations poursuivent leurs propres objectifs », a-t-elle souligné.

La position de Marine Le Pen reflète un sentiment croissant en Europe : la crise des réfugiés doit prendre fin et la responsabilité de reconstruire la Syrie appartient à son propre peuple. Son message est simple mais ferme : les réfugiés doivent rentrer chez eux et l’Europe doit donner la priorité à sa propre stabilité.

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