La gauche française condamne la marche pour la démocratie comme une « menace fasciste »

Le Rassemblement national (RN), parti d’extrême droite français, a appelé à une manifestation à Paris le dimanche 6 avril en soutien à Marine Le Pen. Cette manifestation, qui fait suite à la condamnation, à la peine de prison et à l’interdiction de se présenter à l’élection présidentielle de 2027 de Le Pen, a suscité la colère de la gauche, qui l’a qualifiée de menace « fasciste ». Malgré cela, le RN, soutenu par une déclaration publique de Donald Trump, affirme que le nombre de ses membres a explosé en quelques jours.
La mobilisation a été rapide. Dans les heures qui ont suivi le verdict du procès des assistants parlementaires européens du RN , condamnant Marine Le Pen à la prison ferme et à l’inéligibilité, le parti a annoncé la tenue d’une manifestation le dimanche 6 avril, en plein cœur de Paris. Mais, depuis cette annonce, la tension est montée d’un cran, à tel point que, selon un sondage réalisé pour la chaîne d’information LCI, une majorité de Français craignent que des troubles n’éclatent en marge de la manifestation.
Le président du RN, Jordan Bardella, a rassuré la population lors d’une allocution télévisée . Cet événement se déroulera « dans un esprit totalement pacifique », a-t-il déclaré. « C’est une mobilisation pour la démocratie et pour le respect de nos droits. »
La gauche a décidé d’agiter le spectre d’une apparente menace « fasciste », prétextant un risque élevé de trouble à l’ordre public. L’un des principaux opposants à ces accusations était le chef de file de l’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon, pourtant l’un des premiers à déplorer l’interdiction faite à Marine Le Pen de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Mélenchon a invoqué un « risque séditieux » élevé associé au rassemblement de dimanche, qu’il a qualifié de « rassemblement de fachos » .
Eugénie Bastié, chroniqueuse au Figaro , a dénoncé l’hypocrisie du leader d’extrême gauche, rappelant que Mélenchon lui-même avait appelé ses partisans à « marcher sur Matignon » et à exiger un Premier ministre de gauche dans la foulée des législatives de l’été 2024. « L’obsession du fascisme des années 1930 aveugle certains observateurs sur une réalité indéniable : ces dernières années, c’est dans les manifestations d’extrême gauche que des policiers sont battus, brûlés et blessés, et que des slogans haineux, violents ou séditieux sont criés », écrit la journaliste . Le président du RN, Jordan Bardella, a également souligné que toutes les violences enregistrées lors des manifestations en France ces derniers mois ont été perpétrées par des groupes d’ultra-gauche violents.
De son côté, l’ancien ministre centriste Xavier Bertrand, opposant de longue date à Marine Le Pen au niveau local dans les Hauts-de-France, a affirmé que la manifestation pourrait se transformer en « un mauvais remake du Capitole », une référence aux troubles qui ont accompagné la victoire de Joe Biden sur Donald Trump en 2021.
Le soutien public apporté par Donald Trump et J.D. Vance à Marine Le Pen alimente également la machine à fantasmes de la gauche et des centristes. Dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4, le président américain a appelé à la libération de Marine Le Pen (« Libérez Marine Le Pen ») dans une publication sur son réseau social Truth Social, jugeant que sa condamnation à l’inéligibilité était une « chasse aux sorcières » visant à l’empêcher de remporter l’élection présidentielle française de 2027. Peu auparavant, son vice-président, J.D. Vance, avait également critiqué la décision de justice, affirmant que « ce n’est pas ça, la démocratie ».
L’entourage de Marine Le Pen a cherché à minimiser le soutien du président américain pour souligner l’indépendance du RN, malgré les multiples déclarations internationales en sa faveur. « De nombreux dirigeants étrangers se sont exprimés ces derniers jours, exprimant leur inquiétude face à ce qui est perçu comme une instrumentalisation de la justice contre des opposants politiques. Certains l’ont fait de bonne foi, d’autres pour nous renvoyer nos propres leçons de morale démocratique », a expliqué le député RN Philippe Lottiaux.
Même s’il est difficile de prédire l’affluence à la manifestation de dimanche, le RN se félicite de la forte hausse des adhérents depuis l’annonce du verdict : 20.000 en trois jours, selon Marine le Pen et Jordan Bardella, pour un parti qui avait dépassé la barre des 100.000 adhérents en septembre 2024.
Une pétition de soutien à Le Pen, lancée lundi 31 mars, jour du verdict, a déjà recueilli plus de 500 000 signatures.
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