La juge l’a tout de même qualifié de policier «engagé et passionné»

Un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a été suspendu quatre jours pour avoir vertement insulté un jeune criminalisé qu’il voulait «aider» en le traitant notamment de «petite merde».
«Les paroles tenues à l’endroit d’un mineur sont particulièrement crues, dures et sans ménagement», tranche le Tribunal administratif de déontologie policière dans une décision récemment rendue à propos de l’agent Marco Danny Malheiro, policier au SPVM depuis 2019.
Le 23 mars 2023, celui-ci est intervenu pour un appel concernant une arme, soit du gaz répulsif trouvé dans le sac d’un jeune par une intervenante jeunesse dans un YMCA.
Le jeune en question, connu des services policiers, était alors visé par une ordonnance lui interdisant d’avoir une quelconque arme en sa possession.
Méthode d’intervention: sermonner
Lorsqu’il arrive sur les lieux, l’agent Malheiro informe l’intervenante du YMCA qu’il choisit une méthode d’intervention qui consiste à «sermonner» le jeune afin qu’il «réalise la gravité de ses actions», lit-on dans la décision.
Il lui a alors parlé de son «esti de sacoche de femme» et de son «esti de dossier [criminel] de marde».
Le policier reconnaît aussi lui avoir demandé si «son frère était en taule». «Tu veux aller te faire péter ta cenne en dedans toi avec?» a-t-il ajouté.
Il lui a également dit que l’école et son intervenante ne voulaient plus de lui et que «personne ne voudra d’une petite merde comme ça».
L’intervention s’est terminée sans arrestation. «L’agent Malheiro l’informe qu’une sommation sera expédiée par la poste pour une accusation de non-respect de condition et qu’un signalement est fait à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ)», apprend-on.
Policier «engagé et passionné»
L’agent Malheiro a reconnu sa responsabilité déontologique et a exprimé des regrets devant le tribunal.
«Dans le présent dossier, cependant, l’agent n’a pas agi avec de mauvaises intentions. Il ressort de la preuve testimoniale qu’il s’agit d’un policier engagé, passionné et motivé par le bien. Il explique candidement comment il espérait aider M. XX à se sortir d’une sombre destinée», a souligné la juge Edith Crevier.
Celle-ci a tout de même suspendu le policier pour quatre jours, pour avoir dérogé à deux chefs d’infraction, dont d’avoir «cherché à intimider par ses propos».
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