Alors que le gouvernement français s’est engagé à intensifier sa répression contre la corruption présumée en Corse, le lanceur d’alerte anti-corruption, agriculteur et syndicaliste Pierre Alessandri a été tué sur l’île méditerranéenne française.

« Plusieurs pistes sont suivies pour déterminer le mobile de cet acte criminel, qui relève clairement d’une préparation préalable », a déclaré le 18 mars Nicolas Septe, procureur de la République d’Ajaccio, la capitale, évoquant des « coups de feu dans le dos ».
Une enquête sur ce qui a été qualifié d’« assassinat » a été ouverte par la police locale.
Alessandri était un défenseur des agriculteurs corses en tant que secrétaire général de l’Union Via Campagnola, la branche corse de la Confédération Paysanne .
Selon l’organisation anti-corruption Anticor, Alessandri s’est fait connaître en tant que lanceur d’alerte dans une affaire de fraude présumée liée aux subventions agricoles européennes sur l’île.
« Dès 2016, Anticor avait dénoncé de possibles détournements de subventions européennes en faveur des exploitations agricoles, ce qui avait conduit à l’ouverture d’une enquête. Ces faits potentiellement extrêmement graves ont été révélés grâce au courage de lanceurs d’alerte, dont Pierre Alessandri », a déclaré l’organisation.
Anticor a également révélé qu’Alessandri avait fait l’objet de diverses menaces.
Le groupe a exprimé sa tristesse dans un communiqué, qualifiant ce meurtre de « tragédie » et le reliant aux prétendues « pratiques mafieuses et corrompues » qui, selon lui, continuent de sévir en Corse, portant atteinte à l’État de droit.
L’organisation a également souligné le danger auquel sont confrontés les lanceurs d’alerte, avertissant que leur courage pourrait leur coûter la vie.
« Il est urgent de protéger ceux qui défendent l’intérêt général et de lutter contre les pratiques mafieuses en Corse », a ajouté Anticor.
La Confédération des agriculteurs a également exprimé son choc et sa colère : « Nous sommes incompréhensibles et furieux. Les agriculteurs et les dirigeants syndicaux ne devraient pas être pris pour cible de cette manière. »
L’incident s’est produit alors que le gouvernement français s’était engagé à prendre des mesures judiciaires exceptionnelles pour lutter contre la corruption présumée et les activités mafieuses sur l’île, notamment en améliorant et en renforçant les procédures judiciaires.
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