Selon un sondage, 7 Français sur 10 souhaitent un référendum sur l’immigration

La volonté d’organiser un référendum sur l’immigration en France a pris de l’ampleur : 68 % de l’opinion publique se dit désormais favorable à un référendum sur la question.

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Un sondage réalisé par CSA pour les médias Cnews et le Journal du Dimanche (JDD) et publié le 20 février montre que près de sept Français sur dix souhaitent un référendum national sur l’immigration, tandis que seulement 32 % y restent opposés.

Le soutien à une telle mesure n’a cessé d’augmenter, passant de 65 % en août 2023 à 66 % en décembre et atteint désormais son plus haut niveau à ce jour.

Les données ont montré que les questions migratoires en France illustraient un vaste clivage entre la gauche et la droite.

La proposition de référendum a reçu un fort soutien de la droite française, avec 78 % des électeurs de droite soutenant l’idée.

Parmi les sympathisants de gauche, le tableau était complètement différent : seuls 33 % d’entre eux approuvaient un référendum sur la question.

Seuls 24 % des électeurs du Parti socialiste l’ont soutenu, contre 38 % des Verts et 42 % des sympathisants de La France insoumise (LFI), d’extrême gauche.

Les données ont également révélé que les jeunes âgés de 18 à 24 ans étaient favorables à la tenue d’un vote national sur la migration, avec 73 % d’entre eux étant d’accord.

Les personnalités politiques ont également fait pression en faveur d’un référendum.

Le ministre conservateur de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a appelé à une telle mesure le 16 février, affirmant qu’elle pourrait contribuer à « revigorer la souveraineté nationale » du pays.

Il a soutenu que les dirigeants occidentaux « ne suivent plus les aspirations de leur peuple », ce qui, selon lui, est préjudiciable aux démocraties occidentales.

Le Premier ministre centriste François Bayrou a appelé le lendemain à un débat national sur l’immigration.

Bayrou a reconnu ce qu’il a décrit comme le « sentiment croissant d’immersion » de l’opinion publique face à l’immigration de masse en France, une préoccupation qui a de plus en plus alimenté les demandes d’actions décisives.

Selon la constitution française, le président a le pouvoir d’initier un référendum, en l’occurrence Emmanuel Macron.

Bien qu’il ait exprimé son soutien à l’idée de « redonner la parole au peuple », faisant allusion à un éventuel référendum lors de son discours du Nouvel An 2025, il n’a pas encore pris de mesures concrètes dans cette direction.

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Macron veut organiser un référendum, mais pas sur l’immigration

Les Français doivent se prononcer sur trois sujets, mais pas sur celui qui leur tient le plus à cœur.

3–5 minutes

Après avoir annoncé son intention d’ organiser un référendum pour consulter les Français en 2025, le président Emmanuel Macron poursuit sa réflexion sur les sujets à aborder. Fin de vie, travail, réseaux sociaux : les contours des questions se précisent. Sans compter l’immigration, l’une des préoccupations majeures des Français. En vertu de la Constitution française, le résultat d’un référendum a force de loi.

Lors de sa cérémonie de réveillon , le président a annoncé qu’il souhaitait demander aux Français de « trancher » sur des sujets jugés « déterminants », sans en dire davantage.

Ce n’est pas la première fois que Macron, depuis sa première élection en 2017, promet un référendum. Pour l’instant, celui-ci n’a pas eu lieu. Mais ses proches veulent croire qu’il va cette fois-ci aller au bout de sa promesse, vingt ans après le dernier référendum organisé par le président Sarkozy en 2005 sur le traité constitutionnel européen, rejeté par une majorité de Français.

Le président prévoit d’annoncer le format et les modalités de la consultation publique au début du printemps. Plusieurs sujets pourraient être soumis au vote des Français simultanément en une seule journée. Pour l’instant, Macron est encore dans une phase de réflexion et de consultation, mais son opinion se précise.

Trois sujets ont retenu son attention. Tout d’abord, une éventuelle interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de quinze ans. Le président a exprimé à plusieurs reprises son inquiétude quant aux dommages causés par la surexposition des enfants aux écrans, et la France a été l’un des premiers pays à légiférer sur la restriction de l’accès des mineurs aux sites pornographiques. Un référendum sur cette question serait cohérent avec ces engagements antérieurs.

La question du « travail » pourrait aussi être un sujet inclus dans le référendum. Le sujet est flou et recouvre tout un ensemble de préoccupations. L’ancien Premier ministre Gabriel Attal, aujourd’hui chef du parti présidentiel, pousse dans ce sens : « Il faut un référendum pour renverser la situation, changer de modèle et donner un répit aux Français qui travaillent », expliquait-il le 29 janvier dans un entretien à la chaîne publique France 2. On voit toutefois mal comment ce sujet complexe pourrait être résolu par une simple question à trancher par oui ou non. Pour d’autres, la question devrait davantage porter sur la structure des politiques sociales du pays : qui les finance, et sur qui doit se concentrer l’effort de la nation ? La gauche préférerait que la question porte sur l’âge de départ à la retraite, pour contourner la très contestée réforme des retraites adoptée par le gouvernement d’Élisabeth Borne en 2023, mais ce n’est clairement pas la voie explorée par le président.

Enfin, Macron veut trancher le débat houleux sur la réforme de l’euthanasie par un référendum, ce qui mettrait de facto un terme aux débats en cours à l’Assemblée nationale. Théoriquement, la Constitution (art. 11) ne permet pas d’organiser un référendum sur un sujet de ce type, car tout référendum doit porter sur « tout projet de loi relatif à l’organisation des pouvoirs publics, aux réformes concernant la politique économique ou sociale de la nation et aux services publics concernés ». Mais l’Élysée a déjà discrètement consulté le Conseil constitutionnel, ce qui garantirait une interprétation large de l’article 11 tel que rédigé. Le recours à un référendum sur l’euthanasie permettrait au président d’espérer une victoire symbolique, lui qui enchaîne les échecs politiques depuis le début de son second mandat. Il pourrait aussi l’aider à surmonter le désaccord sur ce sujet avec son Premier ministre : Bayrou est opposé à l’euthanasie et veut dissocier la question de l’aide à mourir de celle des soins palliatifs, tandis que Macron veut lier les deux pour rendre l’autorisation de l’euthanasie acceptable aux yeux des plus réticents.

Malgré les attentes des Français sur le sujet, Macron écarte un référendum sur l’immigration. Et ce, alors qu’il s’agit d’une demande récurrente de l’électorat de droite , mais plus largement d’une majorité de Français, comme le confirment plusieurs sondages sur le sujet. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau y est personnellement favorable , mais pas le chef de l’État, qui souligne qu’il est constitutionnellement impossible d’aborder un tel sujet par référendum. Pour l’euthanasie, le blocage constitutionnel n’est pas jugé insurmontable, et la formulation de l’article 11 pourrait être interprétée selon la volonté du président sans difficulté notable, mais pour l’immigration, la gauche et le centre ont pris l’habitude de le considérer comme insurmontable – dans leur intérêt.

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