Le budget 2025 présenté par le gouvernement français prévoit une augmentation de près de 10 % du montant alloué à l’ Aide médicale d’État ( AME), un dispositif financé par l’État destiné à financer les soins de santé des migrants. Cette mesure intervient malgré les critiques de la droite et les annonces fracassantes du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui veut revenir sur cette mesure et pousser le gouvernement à faire marche arrière.
L’AME est accusée d’encourager l’immigration illégale, à un moment où les électeurs souhaitent voir le contrôle des frontières correctement appliqué.
Le budget de l’AME devrait passer de 1,13 milliard d’euros en 2024 à 1,2 milliard d’euros en 2025. Cette information, passée relativement inaperçue lors des discussions avant la présentation du budget 2025 à l’Assemblée nationale, a été révélée par le Huffington Post . Cette augmentation est justifiée par la « nécessité sanitaire » d’un dispositif qui « contribue à protéger l’ensemble de la population des risques épidémiologiques et sanitaires ».
Cette augmentation des crédits porte la marque de l’arbitrage du Premier ministre Michel Barnier, qui a dû trancher entre les aspirations opposées de son ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, favorable à une restriction, voire à une suppression de l’AME , et de sa ministre de la Santé Geneviève Darrieussecq, hostile à toute remise en cause du dispositif. Les partisans de cette dernière semblent avoir eu le dernier mot.
Maigre consolation pour le ministre de l’Intérieur défait, le projet de loi de finances prévoit un contrôle plus strict des bénéficiaires des aides de l’Etat. Désormais, les demandes devront être formulées par des particuliers et une base de données sera mise en place pour suivre le profil des bénéficiaires. En revanche, aucune restriction n’est imposée à l’offre de soins, ni aux personnes qui y ont droit, comme le suggérait Retailleau .
L’annonce d’une augmentation du budget de l’AME a suscité de nombreuses critiques à droite. Dans une interview accordée lundi 15 octobre à RMC-BFM TV, le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a expliqué que son parti ne voterait pas le budget de l’Etat, qu’il juge insuffisant pour enrayer l’hémorragie budgétaire. Le président du RN a souligné :
Les impôts vont augmenter et à côté de cela je vois des aberrations : augmentation du budget de l’Élysée et du Parlement ; déremboursement des soins de la Sécurité sociale ; augmentation du prix des contrats de santé… Quand on augmente en même temps le budget de l’AME, comment peut-on prendre ce genre de décisions ?
L’Élysée et le Parlement ont accepté de renoncer à l’augmentation de leur budget en réponse aux critiques de Bardella. Le budget de l’AME devrait également rester au même niveau qu’en 2024 à l’issue des discussions.
Quoi qu’il en soit, Retailleau ne s’estime pas vaincu. Il a annoncé qu’il comptait proposer pour début 2025 un nouveau projet de loi sur l’immigration , qui permettrait d’en revenir aux principales dispositions, censurées par le Conseil constitutionnel il y a quelques mois. Cela pourrait inclure une réforme globale de l’AME. Une démarche confirmée par la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon, mais déjà critiquée par les macronistes, comme la ministre Agnès Pannier-Runacher, ou l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, qui estime que ce projet n’est pas une priorité.
La cacophonie autour de la politique d’immigration semble devoir se poursuivre dans les mois à venir.
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