Le Rassemblement national de Le Pen exclut de soutenir le budget Barnier, le qualifiant d’attaque contre les travailleurs français

Premier obstacle majeur pour le nouveau Premier ministre français Michel Barnier, la bataille sur le budget de la nation a commencé mercredi, la faction populiste de Marine Le Pen et le Nouveau Front populaire d’extrême gauche rejetant les mesures d’austérité.

Alors que la France est confrontée à une catastrophe économique, avec des niveaux d’endettement en flèche et des déficits budgétaires persistants, le Premier ministre Barnier a soumis mercredi à l’Assemblée nationale ses propositions, qui comprennent 60 milliards d’euros de hausses d’impôts et de réductions des dépenses.

Présentée comme une mesure d’urgence temporaire, le gouvernement néolibéral a proposé d’augmenter les impôts sur 24 000 des ménages les plus riches du pays ainsi que d’augmenter les impôts d’environ 400 grandes entreprises.

Mais les entreprises et les particuliers fortunés ne seront pas les seuls à souffrir de cette crise. Le gouvernement propose également des hausses de taxes sur l’électricité, les voitures et les transports aériens. Dans le même temps, il gèlerait les augmentations des retraites et réduirait les remboursements des frais médicaux et des congés maladie.

Tout en demandant au public français d’assumer un fardeau plus lourd, la politique d’austérité n’inclurait aucune réduction du budget de la défense du pays, qui a connu une forte augmentation de son financement alors que Paris continue de subventionner la guerre en Ukraine.

Les mesures proposées par Barnier interviennent alors que la France est confrontée à la perspective de voir l’UE retenir les fonds qu’elle redistribue entre les États membres si elle ne parvient pas à revenir à la limite du déficit budgétaire de l’Union de 3 % du PIB d’ici 2029. Actuellement, le déficit s’élève à plus de 154 milliards d’euros, soit environ 5,5 %, et on craint qu’il ne monte bientôt à 6,1 %.

Pendant ce temps, suite aux dépenses effrénées pour maintenir le pays à flot pendant les restrictions draconiennes de confinement liées au coronavirus imposées par le gouvernement Macron, ainsi qu’à la crise énergétique actuelle en Europe déclenchée par la guerre en Ukraine, la dette nationale de la France a dépassé les 3 000 milliards d’euros, ce qui signifie que la dette dépasse désormais l’ensemble du PIB du pays.

Le budget marque le premier défi majeur pour le Premier ministre Barnier, l’ancien négociateur du Brexit de l’UE qui a été installé à l’Hôtel Matignon par Macron en septembre, bien que les partis de Barnier et de Macron aient reçu moins de voix que le parti populiste du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen et la coalition de gauche du Nouveau Front populaire (NFP).

Le gouvernement Barnier a une véritable épée de Damoclès au-dessus de sa tête, puisque Le Pen pourrait faire tomber le gouvernement quand elle le voudra, simplement en se joignant à la motion de censure déposée par le NFP, donnant ainsi au Rassemblement national un fort levier sur l’agenda du gouvernement.

Bien que Le Pen et ses alliés se soient jusqu’à présent abstenus de se joindre à l’effort visant à renverser le gouvernement, arguant que Barnier devrait avoir la possibilité de gouverner, ils n’ont pas totalement exclu l’idée.

Commentant la perspective d’adhérer à la motion de censure, le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy a déclaré auprès du Point : « Sans changement de fond, la question de la censure se posera (…) si la censure devait venir, ce serait avant tout un refus [du] budget. »

Le parti populiste, qui est majoritairement de gauche dans son orientation économique bien que qualifié d’« extrême droite » par les médias traditionnels, a déclaré qu’il ne soutiendrait pas le budget dans sa forme actuelle. Parmi ses griefs, le Rassemblement national a exigé que le gouvernement supprime les hausses de taxes sur l’électricité et les voitures, avertissant que cela ferait peser une charge excessive sur les travailleurs. Dans une contre-proposition, le RN a déclaré que le gouvernement devrait chercher à imposer les étrangers et à augmenter les taxes sur les rachats d’actions.

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