Contrôles aux frontières avec l’Allemagne : 1 200 interpellations en trois mois, les frontaliers excédés d’attendre

Depuis trois mois, l’Allemagne a réinstauré des contrôles à ses frontières. Selon un premier bilan, près de 1 200 personnes en situation illégale ont été arrêtées dont plus de la moitié arrivant de France. Ces contrôles provoquent d’impressionnants embouteillages pour les frontaliers.

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Selon la police fédérale de Coblence qui est compétente pour la Hesse, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat, depuis le retour des contrôles aux frontières décidé par la ministre fédérale de l’intérieur le 16 septembre dernier, 1 159 personnes en situation illégale ont été arrêtées en Allemagne dont 726 arrivant de France, 203 venant du Luxembourg et 63 de Belgique. Des chiffres trop peu importants au regard des conséquences pour les frontaliers selon les détracteurs de cette mesure censée lutter contre l’immigration clandestine.

« Ces contrôles pèsent considérablement sur les échanges économiques et culturels » de la Rhénanie-Palatinat selon son ministre de l’intérieur local. Pour les Mosellans du pays des Trois frontières par exemple, il faut désormais passer une demi-heure, voire trois quarts d’heure d’attente bloqués dans les embouteillages avant de pouvoir aller travailler ou faire ses courses en Allemagne. Des embouteillages monstres critiqués aussi par les associations de défense des frontaliers déjà soumis à des trajets domicile-travail de plus en plus long.

Agacement aussi côté luxembourgeois alors que la moitié des actifs du pays sont des frontaliers : « ces contrôles ne sont pas une solution aux problèmes d’immigration, et ne peuvent donc plus être tolérés » dénonce le premier ministre du Grand Duché. Le parlement lui demande même d’interpeller la Commission européenne sur la légalité de ces contrôles dans l’Union européenne, alors que l’espace Schengen permettant la libre circulation des personnes fête ses 40 ans en 2025.

La ministre fédérale de l’intérieur en Allemagne espère prolonger ses contrôles au-delà du mois de mars comme prévu pour l’instant, sous réserve d’une réélection aux élections fédérales allemande de février prochain. Côté français, le président du département de Moselle, Patrick Weiten, s’était déjà prononcé lui aussi contre cette mesure avant même qu’elle ne soit en place : « un retour à des heures sombres, disait-il, que beaucoup n’ont pas vécues« .

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