Un casier judiciaire vierge n’est plus requis pour rejoindre la police belge

Il est peu probable que la nouvelle politique d’embauche améliore la situation à Bruxelles, ville infestée de criminalité.

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Des policiers belges en tenue anti-émeute lors d’une manifestation nationale contre le projet du nouveau gouvernement de réformer les régimes spéciaux de retraite à Bruxelles le 13 février 2025. Nicolas Tucat / AFP

Il n’est pas facile d’être policier ces jours-ci en Belgique, surtout à Bruxelles, autoproclamée « cœur de l’Europe ». Les forces de l’ordre sont contraintes de pourchasser des gangs armés qui se tirent dessus en plein jour , ou, avec plus de chance, de tenter d’empêcher des rassemblements légaux et inoffensifs de conservateurs (en les défendant parfois aussi contre des groupes antifa agressifs ) ou d’arrêter des manifestants pacifiques .

Par conséquent, la profession d’agent de la force publique n’est probablement pas très populaire ces derniers temps, à en juger par l’annonce faite l’autre jour par les dirigeants de la police belge : un casier judiciaire vierge ne sera plus exigé des futurs candidats. Cette modification s’applique aux policiers des forces fédérales et locales, a rapporté le Brussels Times (BT) , citant le journal flamand Het Laatste Nieuws du vendredi 13 juin.

Le processus de recrutement de la police « a été mis à jour pour permettre aux personnes ayant un casier judiciaire de postuler », a déclaré BT , citant la police qui a indiqué que ce changement de politique de recrutement « ne vise pas à remédier aux pénuries de personnel, même s’il pourrait y contribuer ». L’annonce a également souligné qu’il ne s’agissait pas d’un assouplissement des normes et a précisé que les candidats impliqués dans le trafic de drogue ou le meurtre ne seraient pas acceptés.

Eh bien, c’est rassurant, sinon, il serait difficile de dire qui sont les criminels et qui sont les forces de l’ordre. 

Nicholas Paelinck, chef de la zone de police de Westkust et chef du Comité permanent de la police locale, a justifié cette décision en citant les jeunes condamnés pour des délits mineurs, tels que des nuisances sonores ou la consommation de drogue, comme exemples de personnes qui ne devraient pas être exclues de la candidature à la police.

Tout cela survient alors que les habitants de la capitale belge sont témoins d’une vague de criminalité dans les rues depuis quelques années, avec des passants innocents blessés par des membres de groupes criminels organisés engagés dans des fusillades.



Une enquête majeure récemment publiée révèle que dans la capitale, un habitant sur cinq se sent en insécurité dans son quartier, un chiffre deux fois plus élevé que la référence nationale. Alors qu’environ 10 % des Belges se sentent souvent ou toujours en insécurité dans leur quartier, et 13 % en Wallonie, pays dirigé par les socialistes, 19 % des Bruxellois déclarent se sentir en insécurité dans leur quartier, contre 16 % depuis la publication de la dernière enquête du Moniteur de sécurité en 2021. La principale raison de ce sentiment d’insécurité est l’augmentation constante des infractions liées à la drogue.

La police doit non seulement faire face à un crime organisé, principalement lié aux migrants, mais elle est également confrontée aux obstacles politiques. En avril dernier, des policiers bruxellois ont adressé une  lettre anonyme  à l’agence de presse Belga pour exprimer leur soutien à la fusion des six zones de police de la capitale belge et se plaindre des « anomalies, voire des abus » observés dans leur travail quotidien. Dans cette lettre, les policiers affirmaient que la fusion mettrait également en lumière les abus commis par la police à des fins politiques ou personnelles. Dans certaines zones, allèguent-ils, les maires demandent à leurs agents d’effectuer des tâches étrangères à leurs fonctions, comme les conduire à leurs rendez-vous en véhicule de police. Ils dénoncent également des pratiques telles que la réduction du nombre de signalements afin de maintenir les statistiques locales, notamment à l’approche des élections.

Mais la police semble désormais avoir trouvé une solution : laisser entrer les personnes ayant un casier judiciaire. Bonne chance à eux et à tous les Belges. 

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